c, p. 198. 199, et tout le chapitre XIII
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de progression logique régulière se manifeste dans sa démonstration de l'immortalité de l'âme.
Alors que, pour Saint-Augustin, cette propriété se déduisait immédiatement de la spiritualité prouvée dans le De Trinitate par l'argument du dout^, et que, pour Campanella, elle était l'objet d'une affirmation et d'une aspiration instinctive, corroborée par la constatation de l'indépendance de la connaissance de soi vis-à-vis de l'action des objets naturels, voici au contraire les sévères conditions auxquelles Descartes astreint le développement de sa preuve : <( Or, la première et principale chose qui est requise pour bien connaître l'immortalité de l'âme est d'en former une conception claire et nette et entièrement distincte de toutes les conceptions que l'on peut avoir du corps, ce qui a été fait en ce lieu-là. Il est requis, outre cela, de savoir que toutes les choses que nous concevons clairement et distinctement sont vraies, de la façon que nous les concevons, ce qui n'a pu être prouvé avant la quatrième Méditation. De plus il faut avoir une conception distincte de la nature corporelle, laquelle se forme partie dans cette seconde, et partie dans la cinquième et la sixième Méditations. Et enfin l'on doit conclure de tout cela que les choses que l'on conçoit clairement et distinctement être des substances diverses, ainsi que l'on conçoit l'esprit et le corps, sont en effet des substances réellement distinctes les unes des autres, et c'est ce que l'on conclut dans la sixième Méditation... Or, je n'ai pas traité plus avant de cette matière dans cet écrit, tant parce que cela suffit pour montrer assez clairement que, de la corruption du corps, la mort de l'âme ne s'ensuit pas, et ainsi pour donner aux hommes l'espérance d'une seconde vie après la mort ; comme aussi parce que les prémisses desquelles on peut conclure l'immortalité de l'âme dépendent de l'explication de toute la physique : premièrement, pour savoir que généralement toutes les substances, c'est-à-dire toutes les choses qui ne peuvent exister sans être créées de Dieu, sont de leur nature incorruptibles et qu'elles ne peuvent jamais cesser d'être, si Dieu même, en leur déniant son concours, ne les réduit au néant, et ensuite pour remarquer que le corps pris en général est une substance, c'est pourquoi aussi il ne périt point ; mais que le corps humain, on tant qu'il diffère des autres corps,
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n"esl composé quf d'une certaine configurât ion des membres ♦'I d'autres semblables accidents, là où l'âme humaine n'est point ainsi composée d'aucuns ac<'idents, mais est une pure >ubstance » '. On sait que le philosophe demanda même au Père Mersenne de modifier dans la seconde édition le titre des Méditations, pour eu exclure la promesse d'une démonstration de l'immortalité de l'âme-, tant il avait conscience de n'avoir pas encore satisfait pleinement aux exigences imposées à l'argument par les principes de sa doctrine et en dernière analyse par le Cogito.
Sous quelque aspect donc que l'on envisage la philosophie cartésienne née du « Je peuse, donc je suis », on doit reconnaître qu'en donnant à cette notion comme caractère fondamental celui d'une solution du problème de la certitude, elle «n renouvelait t'utièrement la signification, grâce à une intuition très nette des limites fixées par l'idéalisme aux affirmalions de la raison humaine. S'ensuit-il pourtant que son système ne conserve pas l'empreinte profonde de ses origines, alors qu'il était considéré par les contemporains comme parfaitement adapté aux besoins de l'apologétique du temps, alors surtout que, pour répondre à ces besoins, il s'était constitué sur la base d'une notion familière, en un certain sens, au réalisme antique et utilisée déjà, pour des fins religieuses semblables, par Saint-Augustin et par Campanella ?
Nous ne reviendrons pas sur les ressemblances, soigneusement relevées au cours de cette étude, qui éclatent entre certaines thèses de Descaries et l'enseignement philosophique de ses devanciers. Le problème que nous nous posons ici est ♦^n effet plus général : il s'agit de savoir si l'esprit même du cartésianisme ne se ressent pas encore, à l'excès peut-être, de l'influence des doctrines dont l'auteur s'est inspiré.
L'intime fusion du sujet et de l'objet, l'absolue identité de l'intellect et de l'intelligible, telle est pour Saint-.\ugustin et pour Campanella la garantie supérieure de vérité offerte par la connaissance que l'âme possède d'elle-même. Chez ces