‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 150 sur 158 · Abrégé des Méditations. Ad. et T., IX, i, \>. 9 et · texte numérisé non relu

Abrégé des Méditations. Ad. et T., IX, i, \>. 9 et

2 Lettre de Desoartes h Mersenne, du 28 janvier 1641, .4d. et T.,

deux philosophes, le Coyito est pareil à la Pensée de la Pensée d'Aristote ou à l'intuition de Plotin. D'une manière mystérieuse, donc incomplète, (ce qui le distingue de la science divine), il réalise, par une sorte de contact et de présence intérieure et constante, l'adéquation véritable de la pensée et de l'être, et sa certitude immédiate lui vient précisément de cette absence de tout intermédiaire entre ce qui connaît et ce qui est connu. Si Descartes donc a emprunté cette conception à Saint - Augustin et à Campanella, sa philosophie devra justifier par une semblable adéquation la certitude privilégiée du « Je pense, donc je suis » et par conséquent maintenir, sans aucune modification, la théorie réaliste de la vérité. Or telle est précisément l'attitude du philosophe. L'âme atteint dans la connaissance d'elle-même l'être qui lui est le plus « présent » et « conjoint » ^. C'est là une « connaissance première, gratuite, certaine », et que nous « touchons de l'esprit avec plus de confiance que nous n'en donnons au rapport de nos yeux » ^. Intuition, tel est le seul nom qui puisse alors convenir au savoir nécessairement immédiat dans lequel l'être de l'objet se confond avec celui du sujet. Un tel savoir ne saurait comporter un « progrès de notre discours », un mouvement de l'esprit pour s'avancer du connu vers l'inconnu : l'être y est en quelque sorte pénétré par la pensée qui, pour l'atteindre, n'a aucune distance à franchir. Si donc, comme le veut Descartes, à l'exemple des précurseurs de son Cogito, le « Je pense, donc je suis » est le type originel et la source de la connaissance certaine, pour lui la vérité ne saurait consister en autre chose que dans la pleine conformité de la représentation à la réalité essentielle des objets connus, et il ne faut pas s'étonner dès lors que, malgré une tendance incontestable de sa philosophie vers l'idéalisme, il la définisse justement de celte manière dans sa lettre à Mersenne au sujet du De Veritaîe de lord Herbert de Cherbury : « Ainsi on peul bien expliquer quid nominis à ceux qui n'entendent pas la langue et leur dire que ce mot vérité, en sa propre signification, dénote la conformité de la pensée avec

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