Réponses aux premières Objections, Ad. et T., Vil
2. Lettre de Descartes au Père Mesland, du 2 mai ift-ii, Ad. et T., IV. 113.
3. Cf. Hamelin, Descartes, p. 153 sq., p. 178 sq. ; — E-^pinas. L'idée initiale, p. 272-273.
4. S'otae in profjramma quoddam, Ad. et T., VIII, 11, 357 sqq.
absolument réalisée dans la « Pensée de la Pensée », non seulement devient dans son système l'idéal du savoir, que le Cogito n'est pas loin d'atteindre, elle en est aussi la source et la garantie. Par sa théorie des essences, de l'intuition et du discours, par certains aspects de son innéisme, et par le recours à la véracité divine, la philosophie cartésienne est une transposition rationaliste à la fois de l'intuitionisme de Campanella et de la doctrine augustinienne de l'illumination et de la vision en Dieu.
Mais, en même temps que la signification théorique, c'est aussi la signification historique de la métaphysique des Méditations que la recherche des origines du « Je pense, donc je suis » éclaire d'un joiu' nouveau. Son apparition n'est plus alors assimilée à une révolution qui, en éclatant soudainement, bouleverse toutes les idées établies par la tradition philosophique et leur substitue d'un coup tout un ensemble de doctrines s 'inspirant déjà pour la plupart des directions propres à l'idéalisme moderne. Descartes, à vrai dire, a conscience de la nouveauté de son système. Il affiche l'orgueil du novateur et il prend, trop souvent, le ton de l'autodidacte. Mais l'originalité qu'il recherche, c'est avant tout celle du savant. C'est sa physique, c'est surtout sa méthode, du reste universelle et applicable aux matières même philosophiques, qu'il considère à bon droit comme ses découvertes personnelles, dont nul assurément ne peut lui contester le mérite. A-t-il vraiment et manifeste-t-il l'intention de bouleverser les idées reçues en métaphysique ^ ?
S'il spécule sur la certitude, sur la liberté humaine, sur l'âme, sur Dieu, c'est, lors de ses premières méditations, plutôt pour se démontrer à lui-même et pour prouver aux libertins que les sciences de la nature et les méthodes rationnelles, non seulement ne sont pas en désaccord avec les vérités du christianisme, mais reposent sur ces vérités, comme la vraie physique sur l'existence de Dieu et de ses attributs et sur la distinction spiritiialiste de l'âme et du corps, comme toute connaissance certaine sur la véracité divine ^. C'est ensuite.
1. Voir la lettre de Descartes au Père Mesland du 2 mai 1644, Ad. et T., IV, 113.