‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 17 sur 158 · Op. cit., lib. X, cap · texte numérisé non relu

Op. cit., lib. X, cap

4. Op. cit., lib. X, cap. 9 : Sed cum flicitur menti : cognosco te ipBarn, eo ictu quo intelligit quod dictum est, teipsam, cognoscit seipsam, nec ob aliud quam eo quo sibi praesens est.

grand, leur erreur ne vient pas de ce que l'âme est absente de leur propre notion de l'âme, — car chacun possède la conscience de soi — mais plutôt de ce qu'ils ajoutent à cette notion les propriétés sans lesquelles ils ne peuvent concevoir aucune nature, et de ce qu'ils croient identique au néant tout ce qu'il leur est arrivé de penser sans le secours de la représentation des corps. « In his omnibus sententiis quisquis videt mentis naturam et esse substantiam et non esse corpoream, id est minore sui parte minus occupare loci spatium, majusque majore, simul oportet videat eos qui opinantur esse corpoream, non ob hoc errare quod mens desit eorum notitiae, sed quod adjungunt ea sine quibus nullam iwssunt cogitare naturam. Sine phantasiis enim corporum quicquid visi fuerint cogitare, nihil omnino esse arbitrantur » \ La démarche logique qui s'imposait, au moment où en prenant le doute pour point de départ et pour appui on s'interrogeait sur la nature de l'âme, devait pourtant consister à séparer de celle-ci tout ce qu'on lui attribuait par une simple opinion, c'est-à-dire, on se le rappelle, toute propriété corporelle, toute fiction matérielle de l'imagination, du genre de celles que l'on emploie pour se représenter les objets absents^ et à ne lui laisser que les caractères dont on demeurait certain : la pensée et ses modes. Par exemple, « l'âme se croit identique à l'air ; elle pe'nse que c'est l'air qui comprend ; pourtant elle sait que c'est ellemême qui comprend ; mais qu'elle soit de l'air, elle ne le sait pas, elle le pense seulement. Qu'elle éloigne de sa vue tout ce qu'elle pense être, qu'elle regarde au contraire vers ce qu'elle sait être et que ces seules propriétés lui restent » ^.

Voilà l'infaillible moyen que l'âme possède pour se connaître en se distinguant du corps matériel. Voilà la méthode que les matérialistes eux-mêmes se verront contraints d'adopter, car si leurs opinions sont diverses sur la nature de l'âme, en revanche tous s'accordent à admettre le fait de leur propre connaissance d'eux-mêmes, de leur propre existence, de leur propre vie ^. Enfin, à supposer que l'argument ainsi présenté

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