Ibidem
LA COMPARAIîSON DES TEXTES M
laisse subsisler encore quelque iloule, reli)urnons-Ie, pour lui tlonner une forme négative. L'ûme, «lirons-nous, est quelqu'un de ces êtres corporels imaginés par les philosophes : l'air, le feu, etc. (lommenl concevoir alors la manière dont elle se représentera cet être ? Assurément ce sera une manière tout à fait opposée à celle dont elle connaît les existences analogues : elle l'appréhendera en elle-même, et non en dehors d'elle, par une sorte de présence interne et d'immanence, et non par une construction fictive de l'imagination sensible. Conséquence absurde ! Elle se connaîtra en tant que corps, et rien dans sa représentation ne subsistera plus de ce qui caractérise la représentation des corps '. L'âme ne se connaît donc pas comme un corps, mais la manière dont elle se coimaît est bien supérieure à celle dont elle connaît les corps : c'est tout entière et immédiatement qu'elle se connaît ; c'est par le fait même qu'elle est ; c'est i)arce que son être, c'est sa connaissance, la conscience qu'elle a de soi ; c'est parce que la conscience qu'elle a de soi, c'est son être, et qu'ainsi, dans cette fusion intime, elle se connaît mieux qu'elle ne connaît le ciel et la terre, séparés d'elle par l'obstacle du corps, et perçus seulement grâce à la médiation des impressions organiques et des mouvements de l'esprit vital. — Telle est sous sa forme la plus élaborée le Coyito auguslinien. Voyons comment sous cette forme il a pu inspirer Descartes.