‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 21 sur 158 · Ad. et T., IX, i · texte numérisé non relu

Ad. et T., IX, i

LA COMPAHAISON DKP TEXTES 49

xus. — Ccruia cffuidem, de otnuihus rrbus rjuanim cognitio uon iiisi ope sensuum ad te pervenit, cum ratione dubitare te posse » '. Il csl superûu sans cloute d'insislor. Les modernes s'accordent avec les contemporain? do Descartes pour rattacher sa philosophie comme à certains égards celle de Saint- Augustin à la grande tradition du rationalisme platonicien. Poiircpioi ont -ils été moins frappés que Malehranche et que le grand Arnauld de l'air de parenté que présente la preuve cartésienne de la distinction de l'àme et du corps avec la preuve augustinienne, telle qu'elle est exposée dans le De Trinitate ?

Dans le Discours de la Méthode comme dans les Méditations et dans \'l)ifjuisitio veritatis, le dogme métaphysique le plus immédiatement lié au Coyito est celui de la spiritualité absolue de l'âme. Moins direct assurément que dans Saint-Augustin est chez Descartes le passage de la première notion ;\ \a seconde, et cela en raison de scrupules logiques et métaphysiques que nous nous réservons d'expliquer 2. Mais la ressemblance des deux argumentations n'en est pas moins frappante et instructive.

Le chapitre 10 du livre X du De Trinitate a pour titre : (( Mens quoniodo intelliçjit quid non sit ». Il a pour but de démontrer que l'àme n'est pas un corps matériel. Or la même thèse est -dégagée par Descartes du « Je pense, donc je suis ». C'est d'abord dans le Discours de la Méthode : « ...De cela même que je pensais à douter de la vérité des autres choses, il suivait très évidemment et très certainement que j'étais ; au lieu que, si j'eusse seulement cessé de penser, encore qwp tout le reste de ce que j'avais imaginé eût été vrai, je n'avais aucune raison de croire que j'euFse été ; je connus de là que j'étais une substance dont toute l'essence ou la nature n'est que de penser, et qui, pour être, n'a besoin d'aucun lieu ni ne dépend d'aucune chose matérielle ; en sorte que ce moi, c'est-à-dire l'Ame, par laquelle je suis ce que je suis, est entièrement distincte du corps, et même qu'elle est plus aisée

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