‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 24 sur 158 · Ad. et T., IX, i · texte numérisé non relu

Ad. et T., IX, i

ni rien de tout ce que je puis feindre el m'imaginer » ^ Ce sont aussi les exemples de Saint-Augustin : « ...ignis, aër, ipsius carnis nostrae compago vel temperamentum. . . » ^. — Enfin pourquoi de telles représentations de l'âme ont-elles été dépossédées de la vraisemblance qu'elles présentaient avant le Cogito ? Parce qu'elles sont l'œuvre de l'imagination, faculté étrangère à cette conscience de soi qui seule oppose au doute une infranchissable barrière. « Imaginer, écrit Descartes, n'est rien autre chose que contempler la figure ou l'image d'une chose corporelle ; or je sais déjà certainement que je suis, et que tout ensemble il se peut faire que toutes ces images, et généralement toutes les choses qui se rapportent à la nature du corps, ne soient que des songes ou des chimères » '. De", lors, « je connais manifestement que rien de ce que je puis comprendre par le moyen de l'imagination n'appartient à cette connaissance que j'ai de moi-même, et qu'il est besoin de rappeler et détourner son esprit de cette façon de concevoir afin qu'il puisse lui-même connaître bien distinctement sa nature » *. C'est le conseil même de Saint-Augustin : la certitude de la connaissance que l'âme a d'elle-même lui vient de ce qu'elle conçoit sa propre pensée et les modes de sa pensée sans le secours des fictions de l'imagination (non per imaginale figmentum) ^, dont il importe de la détourner si on veut qu'elle acquière la notion véritable de sa nature comme être vivant, doué de mémoire, d'intelligence, et de volonté. « Novit enim haec in se, nec imùginatur quasi extra se illa sensu tetigerit, sicut corporalia quaeque tanguntur. Ex quorum cogitationibus si nihil sihi affingat, ut taie aliquid esse putet, quicquid ei de se remanet, hoc solum ipsa est » ^. L'analogie est frappante, non seulement dans les idées, mais aussi parfois dans les mots. Donnons-en un dernier exemple, après quelques explications préalables, nécessaires pour le bien comprendre. L'origine de cette notion intuitive de la conscience de soi.

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