Hamelin, o. c, p
MOBILES DE t. A VOCATION MÉTAPnYSiyiF I)K DESCARTES 7')
sièt'le tel que Schoppnhauer, NielzsclH\ fiiiyaii, etr.. cl sa tnélaphyslciuo à IVffoit librf d'un penseur affrancJii de toul préjugé, et déterminé à j)irdosopher par l'angoisse du doute «'l la jjréocrupation inquiète et douloureuse de la destinée humaine '. « Il conservait toujours, dit Baillet, ee fonds de piété que ses maîtres lui avaient inculqué à la Flèche, et il la faisait paraître xlans les pratiques extérieures de la dévotion aux devoirs de laquelle il était aussi assidu que le commun des catholiques qui vivent moralement sans reproche. Quoique son esprit fût curieux jusqu'il l'étonnement de ceux qui le connaissaient, il était néanmoins très éloigné du lihertinage en ce qui touche les fondem«'nts de la Religion, ayant toujours eu grand soin de terminer sa curiosité aux choses naturelle-s » ^. Jamais sans doute le scepticisme ne l'a effleuré, et à ce sujet, se plaçant en l'année 1625, M. Espinas écrit justement : « I/homme qui vient d'accomplir à pied le voyage de Venise à Home sur un vœu fait à la Vierge quatre ans auparavant, celui que nous venons de voir assister au Juhilé et courir dès son retour en France à F'ontainebleau pour participer aux dévotions de la cour n'était pas pratiquement un sceptique » '. D'où vient donc qu'il se pose dans toute sa généralité le problème de la certitude, et englobe dans son doute méthodique même les plus chers objets de sa croyance, tels que l'existence de Dieu ef \ l'immortalité de l'Ame ?
Notre interprétation du cartésianisme nous fournit la réponse, y D'abord, il faut réfuter les sceptiques, pour la plupart hostile.> en même temps à la science et à la religion. Mersenne a déjà sur ce point devancé Descartes en publiant en 1625 un livre intitulé : La Vérité des Sciences contre les Sceptiques ou Pyr-
1. Cf. A. Espinas, Le point de départ, p. 2% : « La vérité étant établie sur toutes les questions ijui intéressent notre destinée, la spéculation pour le chrétien n'a pas de valeur en elle-même : hors les cas où elle sert aux usages de la vie en découvrant les lois de la matière, la science est bonne ou mauvaise selon rju'elle est d'accord ou en dissentiment avec la foi ».
2. Haillet, La vie de M. Descartes, F'aris, Horlemels, W.)\, 2 vol. ; — texte cité par M. 'A. Espinas, L'idée initiale, etc., p. 20:>.