‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 49 sur 158 · Picavet, Essais, ch. XVII, p · texte numérisé non relu

Picavet, Essais, ch. XVII, p

2. Ad. et T., IX, i, 41-42. — Textes cités par M. Picavet, Essais, p. 340-341.

l'élaboration OrSTORIQlK Dr « COGITO » 111

une antre essence, et avant eelte vie une antre vie. Voilà ee que savent tous ceux qui sont des intelligences en acte. Si les Intelligences sont des actes qui consistent h se penser soiniènie, nous sommes nous-mêmes l'intelligible par le fon<Js véritable de notre être, et la pensée que nous avons de nousniênies nous en donne l'image » ^ Joignons à ce texte, à l'exemple du traducteur, l'adaptation latine de Marsile Ficin : « Quando homo per rationeni quodam modo seipsum intelligit. si modo perfeete intelliqit, agnoscit interea se intelligentem esse, ergo et intellectunleni quâ sic inteUigat se habere naturam. Haec ipsa inteUectualilas est inteUigmtia quaedam, non tam in motu posita manifesto quam in statu nobis occulto » ^. Quel f<l ici le rôle attribué à la connaissance que nous avons de nous-mêmes ■*

Plotin semble invoquer le fait de celle connaissance comme une preuve de l'existence, au-dessus de notre Ame, d'un réalité supérieure : l'Intelligence. Et précisément M. Picavet remarque qu'il identifie l'Intelligence et l'Etre dans toute son oeuvre, mais « spécialement dans tous les livres où il traite de la seconde hypostase » '. En nous pensant nous-mêmes, nous prenons pour objet de notre connaissance notre nature pen- .sante ; il faut donc qu'il existe, par delà cette nature pensante identique à notre âme, une nature pensée, une réalité intelligible : sinon notre connaissance serait sans objet, puisque la connaissance de l'Ame par elle-même n'impliquerait alors qu'un terme au lieu de deux : l'activité de la pensée. Mais d'autre jiart, comme la pensée, en prenant conscience de soi, connaît l'essence et la vie, il faut que cette nature intelligible soit aussi essence et vie, une essence et une vie existant par delà l'essenre et la vie de l'âme. Elle est donc l'Intelligence. Enfin, pour pouvoir conférer à l'âme la pensée et l'intelligence, cette Intelligence doit se confondre avec son propre objet, sa con naissance donc ne doit pas être un mouvement de la pensée vers l'objet pensé, elle doit être une connaissance

1. Troisième Ennéade, Livre neuvième, p. 244 et 24o du tome II de la traduction Bouillct.

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