‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 51 sur 158 · Ari.stote, De Anima, lib. III, cap. V · texte numérisé non relu

Ari.stote, De Anima, lib. III, cap. V

118 l'élaboration historique du « COGITO ))

tenaient plus du reste aux conséquences religieuses de la doctrine qu'à son intérêt proprement spéculatif ^

Revenons maintenant à Plotin, et envisageons de ce nouveau point de vue sa conception de la connaissance de l'âme par elle-même. Dans la philosophie néo-platonicienne, dont le syncrétisme conserve toutes les notions essentielles élaborées par les systèmes antérieurs, de même que la troisième hypostase, l'Ame, correspond au Dieu des stoïciens, de même l'Intelligence représente le Dieu d'Aristote. Mais ce Dieu, dont la pensée en se repliant sur soi se pense elle-même, par une sorte de mouvement immobile, et de rotation sur place analogue au mouvement circulaire du Ciel, n'est plus considéré par Plotin comme le principe suprême, parce que dans cette activité subsistent encore la multiplicité et le mouvement. Pour atteindre l'unité et la stabilité absolue, il faut s'élever au-dessus de la seconde hypostase, jusqu'à l'Un, où disparaissent ces déterminations encore inhérentes aux essences. Dès lors la connaissance absolue et parfaite n'est donnée à l'homme que par l'extase, acte ineffable d'union dont ne peuvent rendre compte même les catégories de ressemblance et d'identité qui pour l'Intellect mesurent la distance entre la pensée et l'objet^. La contemplation de l'âme par elle-même, premier approfondissement de la connaissance, par lequel débute la conversion vers l'Un, c'est un mouvement qui, prolongé dans la même direction, aboutit à l'abolue fusion du sujet et de l'objet.

Que devient cette pensée dans Saint -Augustin I' — La con naissance que celui-ci oppose aux sceptiques comme présentant, contrairement aux perceptions des sens et aux représentations de l'imagination, les caractères de l'absolue certitude, c'est la connaissance que l'âme possède d'elle-même. Point n'est besoin de remonter jusqu'à l'extase, puisque déjà dans cette opération de la pensée nulle espèce sensible, nulle fiction

1. Voir : Ernest Renan, Averroës et VAverroïsme, Paris, Calmann Lévy (la première édition est de 1852) ; — Léopold Mabilleau, Etude historique sur la philosophie de la Renaissance en Italie (Cesare Cremonini), Paris, Hachette, 1881 (voir pages 276 à 291) ; — Francesco Fiorentino, Pietro Pomponazzi, Firenze, 1868, Successori Le Monnier, pages 102 sqq.

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