Op. cit., lib. II, p
■i. Op. cit., it)idem.
132 l'élaboration historique du « cogito »
lité. Le syllogisme peut alors s'énoncer de la manière sui vante : « Omne intelligens, cum sit idem cwn eo quod intelligitur, aeternuin est. At intellectus intelligens est idem cum re intellecta. Igitur intellectus est aeternus » ^
Athanasios Rhétor combattait la doctrine de Campanella qu'il avait jugée assez dangereuse pour lui consacrer à elle seule un volume entier de réfutation, resté manuscrit, mais dont il fît paraître en 1655 un abrégé sous le titre : Anticampanella in compendium redactus. De plus, visant à obtenir du pape Urbain VIII une mission en Orient, il voulait vraisemblablement lorsqu'il rédigeait son premier livre (en 1638), avec l'intention de le publier de suite, ou gagner ou conserver la faveur du très influent Père Mostro, maître du Sacré-Palais ^, auteur responsable, autant que le Pape lui-même, de la condamnation de Galilée, et ennemi mortel de Campanella. Nous ne nous étonnons donc pas ni de le voir attaquer le philosophe italien, ni de constater qu'il puise dans les écrits du maître officiel de la scolastique ses arguments d'apologétique.
Beaucoup plus intéressant que le traité du prêtre grec est la Démonstration de l'Immortalité de l'Ame tirée des Principes de la Nature, du père jésuite Antoine Sirmond. La Société adopte dans la lutte contre les nouveautés doctrinales une attitude des plus curieuses. Le zèle que son fondateur lui a insufflé pour la propagation de la foi, notamment chez les in fidèles et les païens, et pour la conversion des hérétiques, lui interdit de se montrer hostile à une accommodation des dogmes, et même à certains égards de la morale, aux exigences de la raison naturelle, qui est la condition du succès de ses prédications hors du monde chrétien. Vis-à-vis des libertins cjui, niant la révélation, se sont retranchés eux-mêmes de ce monde, peut-elle témoigner plus d'intransigeance ? Ce qu'elle leur demande d'abord, c'est de se rallier, de consentir à revenir aux pratiques, aux mœurs et aux habitudes de la société catholique, pour écouter ensuite les raisons dont on les presse. De là le fameux argument du pari, que Pascal n'aura qu'à