‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 61 sur 158 · c, p. 222 et · texte numérisé non relu

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136 l'élaboration historique du « COGITO ))

l'homme le peut. Il est donc immortel » ^ — Mais la mineure est démontrée justement par toutes les remarques relatives à la réalité de la conscience de soi. On voit maintenant l'intérêt de la thèse du Père Sirmond. La preuve cartésienne de la spiritualité de l'âme s'embranche directement sur des développements semblables. Fait bien plus remarquable ! La critique des « espèces intentionnelles », qu'en 1642 le Père Durel signale à Mersenne comme s'inspirant de Platon et de Saint-Augustin 2, n'est qu'une extension à la connaissance des objets externes du caractère intérieur et autonome de la conscience de soi : l'âme, disait Pic de la Mirandole, en se connaissant elle-même, connaît d'une certaine manière tous les autres êtres.

Pourtant cette critique n'a pas été empruntée par Descartes au Père Sirmond. Dans ses écrits, elle s'inspire sûrement, comme nous le montrerons plus loin, des idées de Campanella. Mais elle ressemble aussi singulièrement, comme l'a bien vu M. Gilson *, à la discussion serrée et assez vive sur la question introduite par Silhon dans le second livre de son ouvrage sur VImmortalité de l'Ame et où sont signalées notamment les redoutables difficultés inhérentes à la doctrine par suite de la dualité des substances matérielle et spirituelle et du caractère mixte et ambigu des « plantasmata ». — Avec ce traité de Silhon, paru en 1634*, plus qu'avec le livre des Deux Vérités (1626) ^ oii pourtant sont déjà esquissées et la conception de îa création continuée, et la preuve de « l'estre de soy », par l'existence des êtres dépendants et contingents, nous nou> rapprochons de la manière de Descartes en apologétique. M. Strowski, puis M. Adam ^ y ont découvert le Cogito, cette

i. 0. c, p. eo.

2. Lettre du Père Durel, minime de la province de Lyon, à Mersenne, Ad. et T., t. m, p. 548.

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