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138 l'élaboration historique du « COGITO »
que le Discours de la Méthode, et celui d'Athanasios Rhétor l'année même des Méditations. — Descartes ne les a donc pas lus lorsqu'il découvre le Cogito^. — Pourtant le résultat de nos recherches est loin d'être négatif. La preuve est faite de l'importance et de in valeur reconnues par les théologiens et les apologistes, — dans des milieux que Descartes fréquentait de préférence entre 1626 et 1629, — à une démonstration de la spiritualité de l'àme et de l'existence de Dieu qui tire son origine d'une conception aristotélicienne et surtout plotinienne, profondément remaniée par Saint-Augustin, et qui paraissait, au début du XVIP siècle, fournir la meilleure réfutation des impiétés de Pomponace, de Télésio, et des épicuriens, colportées dans le monde par les libertins. Il est donc peu vraisemblaT)le que Descartes ait ignoré le profit qu'il en pouvait retirer, au temps où il s'imprégnait de philosophie augustinienne, tant par ses conversations avec le cardinal D«' Bérulle et les Pères de l'Oratoire que par la lecture personnelle des œuvres du saint. Les besoins de l'apologétique tendaient ainsi à l'aiguiller sur la même voie que les difficultés inhéren tes à l'élaboration d'une doctrine systématique de la connaissance et de la certitude.
1. Avant 1637, Descartes pouvait avoir hi l'édition latine de l'ouvrage du Père Sirmond, publiée en 1635, et à peu près semblable à l'éilition (le 1637. En voici le titre : Antonii Sirmondi | Societatis Jesu presbyteri | De immortaUtate animae \ Demonstratio physica et Aristotelica | adivrsj/s Pomponatium et asseclas | Parisiis, Apud Ludovicum de HeuquevUle | via lacobaeâ, sub signo Pacis | MDCXXXV I Cum privilegio et approbatione. — L'approbation est du 18 janvier 1635, et le privilèg'.- du 26 janvier. — L'ouvrage semble avoir eu une troisième édition, car nous n'avons pas trouvé dans les éditions de 1635 et de 1637 l'allusion malveillante à Campanella contre laquelle proteste Gabriel Naudé dans son Panégyrique, de ce philosophe, et qu'il avait lue, disait-il, dans l'ouvrage du Père Antoine Sirmond sur l'immortalité de l'âme. Il s'agirait a'ors d'une édition latine, la phrase citée par Naudé étant écrite en latin : voir l'appendice du Panegyricus dictus Urbano VIII Pont. Max. oh bénéficia ab ipso in M. Thom. Campanelîam collata, Parisiis, Apud Sebastianum Cramoisy, MDCXLIV.