Cf. Espinas. L'idée initiale, p. 269 et
LE « COCIITO )» «:AnTÉSIfc-> ET I.'lI.I.l MI.NATION KIVI.NK 1 i.'j
sorte de chose ou du moins une sorte de mécanisme réaliste qui se retrouve dans la pensée. Du reste, laissant de côté l'innéité des idées, nous pouvons remarquer que Descarles parle trop souvent des idées comme si c'étaient, à l'intérieur de la pensée, des réalités que le sujet pensant eut à percevoir. La pensée serait ainsi restée un miroir avec celte seule différence que la chose à rt-fléler se trouverait maintenant en dedans aussi bien que le miroir. Faut-il donc admettre que Descartes, s'il n'est pas réaliste comme ^Vristote, l'est du moins comme le Platon des Alexandrins ' ? »
La différence entre l'illumination augustinienne et l'intuition cartésiennes des essences tient sans doute à ce que la première nous met eu rapports directs ave<' l'entendement divin, tandis que la seconde, passant du rang d'opération quasi surnaturelle à celui d'opération naturelle, semble être mise par la doctrine des idées innées à l'abri de tout reproche de tianscendance. Mais si l'on y réfléchit, cette modification, profonde en appa rence, n'altère pas autant qu'où pourrait le croire au premier abord le caractère originel de la doctrine. Avec Descartes, les essences descendent de l'entendement divin dans notre âme, elles deviennent des idées, au sens moderne du mot ; notre, pensée, qui les découvre en elle-même par la connaissance de sa propre nature, n'a nul besoin de les contempler une à une dans la lumière incréée. — Seulement, d'où vient à cette connaissance initiale, qui n'est autre chose que le Cogito, la garantie de sa vérité ? D'abord la véracité divine, — suivant la doctrine connue sous le nom de cercle cartésien, — est nécessaire [lour conférer à cette première notion, comme aux autres idées claire et distinctes, tous les caractères d'une certitude inébranlable. En outre et surtout, l'intuition qui nous la fournil comme un point de départ pour l'enchaînemen! discursif de nos raisons, et qui de celte manière nous conduit j»iMi à jM'ii à l'aperception des autres essences, constitue une première approximation de cette intuition de Dieu dont nous jouirons dans l'étal de béatitude. Le Cogito est pour ainsi dire un commencement d'illumination. Parce qu'il n'est pas l'illumination totale, il lie permet pas d'appréhender directement d