‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 7 sur 158 · Op. cit., lib. XI, cap. I et III · texte numérisé non relu

Op. cit., lib. XI, cap. I et III

a. Op. cit., lib. VI, cap. IX. — Cf. Confessiones, lib. XIII, cap. XI, et Nourrisson, St-Au(justitt, I, 308 sq.

semblance, se reflète la nature de la divinité. D'autre part l'indivisibilité du Dieu unique a son équivalent dans la solidarité de nos facultés et de nos pouvoirs : nous ne pouvons être sans savoir que nous sommes et sans aimer cet être que nous connaissons ; nous ne pouvons pas savoir que nous sommes sans être et sans aimer notre être^ et nous ne pouvons pas aimer notre être sans être cet être même que nous aimons et sans le connaître.

Ces idées se dégagent nettement des premières lignes du texte du De Civitate Dei : « Et nos quidem in nobis tametsi non oequalem, immo valde longeqne distantem, neque coaeternam, et quo brevius totum dicatur, non ejusdem substantiae cujus est Deus, tamen qua Deo nihil sit in rébus ab eo factis naturo propius, imaginem Dei, hoc est summae illius trinitatis agnoscimus, adhuc reformatione perficiendam , ut sit etiam similitudine proxima. Nam et sumus, et nos esse novimus., et nostrum esse ac nosse diligimus » ^ — Descartes a invoqué le caractère tout théologique de ce texte pour rabaisser à son profit l'originalité de Saint-Augustin, comme si cet auteur n'avait jamais , songé à déduire du Cogito autre chose que des éclaircissements relatifs au dogme de la Trinité. C'était oublier que dans le De Triniiate, ouvrage antérieur (400-416) au De Civitate Dei, et de caractère plus philosophique en dépit de son titre, le « Je pense, donc je suis » vise à établir non pas un mystère de la foi, mais une doctrine proprement métaphysique, qui est justement la distinction de nature entre l'âme et le corps affirmée par le spiritualisme dualiste. Bien plus, si nous poursuivons l'analyse du texte dont nous venons de citer le début, nous allons voir poindre déjà un problème important, relatif à la théorie de la connaissance, lié par son objet à la question centrale de la métaphysique cartésienne : celle de la certitude, et dont la position et la solution dans Saint-Augustin présentent d'indiscutables analogies avec le doute méthodique et le Cogito de Descartes. Sans spécifier encore exactement la nature de ce problème, dont la connaissance exige une analyse préalable d'autres passages du De Trinitate, du De Genesi od litteram et du Contra Academicos, nous nous contenterons

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