De Civitate Dei, lib. XI, cap
LA COMPAIIMSO.N DFS TEXTE? 31
i|t>> iHiLanpies suivaiiles, où le lexl»' du [te ("niiatr Dci «^st serré d'aussi près que possible.
A quelles conditions échappons-nous au doute absolu des Académiciens ? El pourquoi ne redoutons-nous pas leurs arguments lorsque nous uffirnions que nous sommes, que nous connaissons notre être, et que nous aimons cet être et cette connaissance qui sont en nous ? — Nous ne pouvons nous délivrer du doute, atteindre la certitude, triompher définitivement de la doctrine sceptique qu'à condition de découvrir, comme point de départ de nos recherches et comme fondement de nos connaissances, une vérité qui ne porte pas sur un objet extérieur à nous, mais sur un objet qui pour être perçu n'ait l>esoin d'aucune sensation corporelle comme en exige l'appréhension des couleurs, des sons, des odeurs, du dur et du mou, qui ne requière même la possession d'aucune image semb'ablo :\ lui, à rouler dans son esprit et à retenir par la mémoire, sur un objet enfin dans la connaissance duquel nous ne puissions jiimais devenir les jouets dé notre faculté Imaginative. Cet objet, qui est saisi par notre pensée sans le secours des espè- <es sensibles et de la mémoire des images, c'est notre être, envisagé en tant qu'il est, qu'il se connaît, et qu'il s'aime luimême. « A'on enim ea sicut iUa, quae foris sunt, ullo sensu corporis tauyimus, vrhtt colores videndo, sonos audiendo, adores oljaciendo, sapores gustando, dura et moUia contrectando sensimus, quorum sensibilium etiam i)nagines eis simil- Ihnas, nec jatn corporeas cogitatione versamus, memoria tenenius, et per ipsas in istorum desideria concitamur, sed sine uUa phontasiarum vel phantasmatum imaginatione ludificatoria, mihi esse me, idque nosse et amare certissimuni est » '. Il existe ainsi une pensée sans images, formée sans le secours des sens: c'est l'idée de notre être pensant et aimant, source de toute certitude, parce que l'absence en elle d'espèces et même de représent^itions sensibles nous garantit qu'elle n'est troublée par aucune fausse apparence de vérité. <( In bis autem tribus quae dixi, nulla nos falsitas verisimilis turbat » '.
Dira-t-on que l'on jjeut néanmoins se tromper en afffrmanl
t. Ibidem.