Ibidem
y. Ibidem.
G. Ibidem, p. 138.
i.K « i;n(;ii(i 1) ( \nii>it:> i r i. ii.i.imi.natiun iuvink I m
avis vous vous «h'ioiini»'/. du «lidil clicniiii. — La cotinalssance intuitive est itite illustration de resjjrit, jjar la<iurUe il voit en la lumière de Dieu les cJioses <iu'il lui phtil lui ilécouvrir par une impression directe de la clarté divine sur notre entende' ment, qui en cela n'esl point considéré commt^ agent, mais seulemeul comme recevant les rayons de la Divinité. Or toutes les connaissances que nous pouvons avoir de Dieu sans mirarlc en cette vie descendent du raisonnement et du progrès de notre discours qui les déduit des principes de la Foi, qui est obscure, ou viennent des idées et des notions naturelles qui sont en nous qui, jiour claires qu'elles soient, ne sont que grossières et confuses sui- un si haut sujet. De sorte que ce que nous avon> ou acquérons (Je connaissance par le chemin que lient notre raison a premièrement les ténèhrcs des principes dont il est tiré, et de plus l'incertitude que nous éprouvons en tous nos raisonnements. — (>omi)arez maintenant ces deux connaissances, et voyez s'il y a quelque chose de pareil, en cette perception trouble et douteuse qui nous coûte beaucoup de travail et dont encore ne jouissons-nous que par moments après que nous l'avons acquise, à une lumière puie, constante, rlaire, certaine, sans peine, et toujours présente. — Or, que notre esprit, lorsqu'il sera détaché du corps ou que ce corps glorifié ne lui sera plus d'empêchement, ne puisse recevoir de telles illustrations et connaissances directes, en pouvezvous douter, puisque dans ce corps même, les sens lui en donnent des choses corporelles et sensibles, et que notre âme en a déjà quelques-unes de la bénéficence de son Créateur, sans lesquelles il ne serait pas capable de raisonner ? J'avoue (ju'elles sont un peu obscurcies par le mélange du corps ; mais encore nous donnent -elles une connaissance première, gratuite, certaine, et que nous touchons de l'esprit avec plus de confiance que nous n'en donnons au rapport de nos yeux. Ne m'avouerez-vous pas que vous êtes moins assuré de la présence lies objets que vous voyez que de la vérité de cette proposition : Je pense, donc je suis ? Or cette connaissance n'est point un ouvrage de votre raisonnement, ni une instruction que vos maîtres vous aient donnée ; votre esprit la voit, la sent et la manie, et quoique votre imaffination, qui se mêle importunément dans vos pensées, en diminue la clarté, la voulant revêtir de ses
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figures, elle vous est pourtant une preuve de la capacité de nos âmes à recevoir de Dieu une connaissance intuitive » ^
Le sens de ces déclarations est bien net ; par leur contenu d'idées aussi bien que par les expressions employées, elles attestent que la doctrine du Cogito et des idées innées est une transposition de la doctrine augustinienne de l'illumination. Grâce à l'innéisme, l'idée de la connaissance de l'âme par ellemême, restée isolée des autres notions dans le système de Saint- Augustin, se relie à la conception de la vision en Dieu. Satisfaction est donnée en même temps aux scrupules théologiques qui suivant notre conjecture avaient empêché le philosophe du IV** siècle de parfaire lui-même la synthèse : par l'intuition première du Cogito, l'homme n'atteint pas, dans cette vie du moins, l'être souverain qui est le véritable exemplaire de son âme ; il n'en atteint qu'une imitation ou une limitation bien imparfaite, dont la connaissance lui sert ensuite à s'élever par la voie du raisonnement jusqu'à l'idée de la divinité, de son existence et de ses attributs. Nous rejoignons ainsi la preuve de Dieu par l'idée de l'Etre parfait et infini, telle qu'elle est présentée dans la Troisième Méditation : « Et de vrai, on ne doit pas trouver étrange que Dieu, en me créant, ait mis en moi cette idée pour être comme la marque de l'ouvrier empreinte sur son ouvrage, et il n'est pas aussi nécessaire que cette marque soit quelque chose de différent de cet ouvrage même : mais de cela seul que Dieu m'a créé, il est fort croyable qu'il m'a en quelque façon produit à son image et semblance, et que je conçois cette ressemblance dans laquelle l'idée de Dieu se trouve contenue, par la même faculté par laquelle je me conçois moi-même... Je connais aussi en même temps que celui duquel je dépends possède en soi toutes ces grandes choses auxquelles j'aspire et dont je trouve en moi les idées, non pas indéfiniment et seulement en puissance, mais qu'il en jouit en effet, actuellement et infiniment, et ainsi qu'il est Dieu » 2.
Enfin nous comprenons mieux aussi pourquoi, malgré l'influence de la théologie augustinienne, la démarche initiale qui