E. Gilson, L'innéisme cartésien, p
I,*(»HI<;l>K AIT.rSTIMENNK DK I.'l.NNKISMK CARTÉSIEN 151
cartos par >••> maîlivs «io la Flèdif ; tous en venaient, au mi^me mument, à réintroduire dans l'apologétique catholique quelque chose de l'innéisnie platonicien. Non pas certes que la réminiscence y reçût droit de cité avec toutes les conséquences qu'elle comportait dans la pensée de Platon lui-même. Mais il devinait alors manifeste que la doctrine de la table rase, prise à la rigueur, présentait de graves inconvénients. En adoptant la doctrine des idées innées. Descartes ne prenait i)as une in: tialive personnelle, il prenait place dans un parti qui comptait déjà de nombreux adhérents » '.
De ces deu.x causes, découvertes par M. Gilson, du renouveau de la doctrine innéisle, la seconde ne présente pas un intérêt immédiat pour l'objet de notre étude. La première au contraire doit retenir quflque lemps notre attention. D'une part en effet, comme nous l'établirons dans la suite de cet ouvrage, la critique des « espèces intentionnelles », que Descartes a connue par la lecture des ouvrages de Campanella. a pu dès 1623 le préparer à accueillir favorablement la concefition de la pensée impliquée dans le Co<jito de Saint-Augustin 2. D'antre part, cette même critique et la doctrine des idées innées dont elle prépare l'avènement, sont contenues en puissance non seulement, comme l'a montré M. Gilson, dans la concej)tion augustinicnne de rilliiminntion, interprétée « selon la perspective historique du X\ lî" siècle » ^, et dans la théori*' df la perception du De Gençsl ad llunuini, mais encore, — et ce fait semble avoir échappé au diligent hislorifn de Descaries ^ — dans la conception de la connaissanc»' de l'àme par elle-même contenue dans le De Trinitate et dans le De Ciritnte Dei, d'où fllfs se dégagent i\u reste bien i)lus directement.