‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 82 sur 158 · Idiotae lib. III, cap. IX, p · texte numérisé non relu

Idiotae lib. III, cap. IX, p

divine ces opérations de la connaissance propres à l'âme humaine, il faut alors leur donner le nom d'assimilation {assimilationes). « Si toutes choses sont dans l'âme de Dieu comme dans leur vérité précise, rigoureuse et propre, toutes sont dans notre âme comme dans l'image ou la ressemblance de leur vérité propre, c'est-à-dire sous forme de notions... Toutes sont en Dieu, mais là sont les exemplaires des choses ; toutes sont dans notre âme, mais ici sont les ressemblances des choses... La conception de l'âme divine est la production des choses ; la conception de notre âme est la notion des choses » ^ Comnaître les choses, c'est donc les assimiler. L'âme divine, en concevant, crée ; la nôtre, en concevant, assimile, par la constitution de notions ou visions intellectuelles. L'âme divine est une « vis entificativa », l'âme humaine une « vis assimilativa » ^.

Dans ces assimilations, où se révèlent le pouvoir et l'activité de la pensée humaine, il faut distinguer plusieurs degrés. Au premier degré, il faut placer les assimilations obtenues par l'usage des sens. Celles-ci, impossibles sans le secours des organes, ont pour résultat la connaissance des formes sensibles, encore obscurcies par la « variabilité » indéfinie de la matière, mais elle ne donnent pas lieu seulement à des perceptions : les espèces sensibles déterminent des jugements de l'esprit sur l'objet, et par suite des conjectures comme celles des arts mécaniques, de la physique et de la logique ; ainsi des assimilations rationnelles s'enchaînent immédiatement aux assimilations réalisées dans l'organisme par l'esprit vital (spiritus) ^.

Au second degré de la connaissance, notre esprit atteint non plus les images incertaines des formes, mais les formes elles-mêmes, non pas en tant qu'elles sont immergées dans la matière, mais en tant qu'elles sont, en elles-mêmes et par elles-mêmes, dans leur nature immuable. Notre âme produit ces assimilations abstraites, dont la connaissance mathématique constitue le type le plus parfait, en regardant vers sa propre

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