Idiotae lib. III, cap. VII, p
imniutabililé, et en se servant (J'elN'-mème roninit' instrument, sans le secours de l'esprit vital. Toutefois, comme dans cette fonction elle se considère comme une nature qui peut être unie à un corps, c'est encore ici par les « fantômes » ou images sensibles des formes qu'elle est incitée à penser ^
Le troisième degré de la connaissance au contraire marque pour elle, en même temps que le terme de son activité et la mesure enfin remplie de sa capacité de savoir, sa libération totale vis-à-vis du corps et de toute diversité matérielle. L'attribut qu'elle considère en elle et qui lui sert alors d'instrument, c'est sa propre simplicité, incommunicable à la matière, et par laquelle elle est vraiment l'image de Dieu. Dans sa simplicité elle contemple toutes choses comme si par exemple elle contemplait toute grandeur dans le point et tout le cercle dans son centre. Cet acte suprême, dans l'unité duquel elle s'assimile à toutes choses, c'est l'intuition de la vérité absolue 2. L'âme y découvre ce qu'elle cherchait partout, sans le trouver, en mesurant les autres êtres : sa propre mesure, c'est-à-dire la connaissance d'elle-même, unique fin de tout le déploiement de son activité. Le but est atteint dès qu'elle voit toutes choses se fondre dans l'unité, car elle possède alors d'elle-même un exemplaire adéquat : Dieu ^.
Telle est dans ses grandes lignes la philosophie de la connaissance du cardinal de Cusa. Pénétrée, comme celle de Descartes, de platonisme mathématique, elle annonce le Cogito et la théorie des idées innées par un sentiment très vif de l'activité, de la dignité et de la primauté de la pensée. Dans le doute même, qui met sa puissance à l'épreuve, l'âme découvre la lumière qui éclaire la voie de la vérité, et les idées premières qui engendrent tout savoir ; — et bien que ce doute la conduise à l'affirmation de Dieu plutôt qu'à la certitude de sa propre existence, néanmoins, dans le progrès de pensée qui