Ibidem... Et haec est intuitio veritatifi absolutne
3. Idiotaf lib. III, caj). IX, p. 1C3 : Nam mena est viva mensura quae, ni('n.'«urando alia, .sui capacitatein attingit. Omnia enini agit, ut se cognoscat, sed sui mensurani in omnihu.'^ quafrens. non invenil, nisi ubi sunt omnia ununi, ubi est veritas praeciuionis ejus, quia ibi exemplar ejus adaequatum.
fait suite à la détermination des problèmes posés, c'est en regardant en elle-même, et non immédiatement en Dieu, qu'elle réussit à appréhender et à enchaîner entre elles les essences des choses, jusqu'à ce qu'elle parvienne à la conscience parfaite de sa propre nature et de son unité indivisible, qui est en même temps l'intuition de la vérité absolue et la vision de Dieu. — Par cette différence avec la doctrine de Saint-Augustin, où la connaissance de l'âme par elle-même est trop sacrifiée à une aptitude quasi passive de l'entendement à recevoir l'illumination divine, la philosophie du cardinal de Cusa était merveilleusement propre à orienter Descartes vers une conception du Cogito qui réalise, par une théorie intellectualiste des idées innées, la fusion des deux notions, — pour lui également vraies et complémentaires l'une de l'autre, — de la spontanéité de la pensée et de l'origine divine de tout savoir. En fait, exerça-t-elle une influence sur ses mé dilations ?
Aucune analogie de textes entre les écrits de Descartes et ceux du philosophe du XV^ siècle n'est assez précise pour, suggérer l'hypothèse d'un emprunt, d'un souvenir de lecture, ou d'une réminiscence. Au moins l'auteur des Méditations a-t-il lu les ouvrages du cardinal de Cusa ? Le fait est très vraisemblable. Les difficultés scientifiques et surtout théologiques inhérentes à ses spéculations sur l'étendue des choses créées, et qui l'inquiétaient dès 1629 \ le haut intérêt que présentait pour lui la question de l'infini mathématique, l'autorité dont devait jouir auprès de son ami : le Père Gibieuf, et de son directeur : le cardinal De BéruUe, un docteur de la tradition néo-platonicienne et augustinienne, partisan de la théologie négative, tout indique que Descartes, dès le début de ses méditations métaphysiques, a dû être incité très fortement à prendre connaissance des solutions données par le cardinal de Cusa aux problèmes qu'il devait lui-même agiter, et c'est sans doute à un souvenir direct de ses lectures qu'il fait allusion
1. Lettre de Descartes à Mersenne du 18 décembre 1629, Ad. et T., I, 86 : « Et à propos de cecy, je vous prie me mander s'il n'y a rien de déterminé en la religion, touchant l'étendue des choses créées, sçavoir si elle est finie ou plutôt infinie, etc.. »