‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 85 sur 158 · I.A l'HII.OSOl'HIK l>l, .M(.i.|.\> lil. ( I · texte numérisé non relu

I.A l'HII.OSOl'HIK l>l, .M(.i.|.\> lil. ( I

fn 1(>47 lorstiu'il (''cril à rhanul : « .!•• m»' souvifiis qiip 1»' curdiual de (liisa t't plusitnirs autres docU'iirs ont sMpj)osé !•• monde infini sans cjuils aii-nt jamais été repris de l'Eglise pour ce sujet » '.

Qucti qu'il en soit de cette conjecture, notre exposé aura au moins, noiis l'espérons, ajouté quelque rqjief et quelque précision à l'affirmation que nous proposions de démontrer dans ce chapitre comme dans le précédent : d'Aristote et surtout de Plotin à Saint-Augustin, de Saint-Augustin à Pic de la Mirandole et ^^ Nicolas de Cusa, de Nicolas de Cusa aux apologistes du XVII" sit'cle et enfin à Descartes, on découvre un courant continu de pensée qui a sa source dans la reconnaissance du fait incontestable et primordial de la conscience de soi, et qui tend à installer dans la philosophie, en liaison avec une nouvelle preuve de la spiritualité de l'âme, la notion de l'indépendance de l'àme pensante vis-à-vis de l'objet extérieur, et de la primauté absolue de la pensée tant dans l'ordre de l'être que dans celui du savoir. De cette notion, déjà entrevue obscurément par le néo-platonisme, plus nettement par Saint - Augustin et par des philosophes de la Renaissance ^, le « Cogito ergo sum » est l'expression achevée, cette fois pleinement claire et distincte. L'étude de la place occupée par une conception semblable dans la doctrine de Campanella va maintenant apporter à cette vue historique une nouvelle et précieuse confirmation.

1. Lettre de Descartes à Chanut, du C juin 1647, Ad. cl T., V, 51. — Cf. l'allusion à la docta ignoranlia dans la lettre à Régis de janvier 1642, Ad. et T.. III, 506.

2. Cf. : « L'idée de faire de la conscience immédiate de soi la base de tout savoir se trouve déjà chez plusieurs ])en8eurs de la Renaissance, chez Mcolas de Cusa, Montaigne, Charron et Sanchez... » (Harald Hôffding, Histoire de la Philosophie moderne, traduction Bordier, Paris, Fé!i.\ .Alcan, 1906 ; tome I, p. 163, dans l'article sur Campanella).

Page 1