Loc. cit., p
l'iNTERPHÉTATION de i/aRGIMENT de ST-AIGUSTIN 187
qiK' la pensée de l'auteur pourra subir, au rours de ses déve- Ktpiu'nients ultérieurs, il t^sl a<quis que, pour Cauipanella comme ]>our Dcsoarles, le princiix' de la certitude réside dans la conscience immédiate que l'esprit a de soi et des modes de sa pensée. Ce point établi, nous n'en serons (]\ie plus à l'aise pour relever les autres points sur lesquels l'argumentation de notre philosophe se révèle inférieure au Cogito cartésien.
Fait remarquable ! Ces points sont précisément ceux sur lesquels Campanella reste le plus fidèle à l'enseignement de Saint Augustin et qui concernent moins la théorie de la certitude et de la connaissance, — où se marque mieux l'originalité de sa philosophie peisonnelle, — que la distinction des trois Primautés, conforme au dogme catholique des trois personnes divines, et le rapport de deux de ces Primalilés : la Connaissance ou Sagesse, et l'Amour ou Volonté, avec la Puissance. Alors en effet que, dans le Cogito cartésien, la démonstration de l'existence est fondée sur le seul fait de la pensée, ici la conception théologique de la distinction des trois personnes impose au philosophe des démonstrations séparées et indépendantes l'une de l'autre de l'existence des trois pouvoirs qui leur correspondent et dont nous saisissons immédiatement la triple réalité immanente à notre esprit. Pour Campanella des lors la preuve de l'existence par le pouvoir et la preuve par l'amour sont aussi légitimes et aussi convaincantes que la preuve par la pensée. Toutes trois peuvent être placées sur le même plan. La liaison de notions contenue dans la troisième n'est pas plus immédiatement certaine que celles qu'impliquent les deux autres. Allègue-t-on la possibilité de faire erreur en affirmant l'existence de son être ? S'il est vrai que toute opération suppose l'existence et que ce qui n'est rien ne peut ni savoir le vrai ni se tromper (i\ihil enim ncc verc scit, nec (allitur) ^ l'objection est sans portée, car elle part d'une hypothèse dans laquelle est présupposée l'existence même que l'on prétend mettre en doute. « Quod si fallor, ergo certissimum est me posse falli, et non falli, ergo nequè certum est posse, sicut esse » ^ — Invoque-t-on maintenant contre la preuve par