‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 94 sur 158 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

2. Ibidem : Non enim possum falli si non sum. Nihil enim nec vere scit nec fallitur. Item ergo quod novi me esse non fallor. Item nosco me nosse, nec fallor. Sicut enim novi me esse, ita novi me nosse esse.

l'interprétation de i.'argi'ment de st-aurustin IfiO

genl l'aflirmation d'unt^ antériorité lofrique do la Puissanof par rai)porl à la Sagesse, à laquelle l'Amour peut seul ètr»subordonné : « Dcfiinc percepi quod Potentia, ut sic, quodam modo est a se ; et potest quia potesl ; non autein scit quia scit, sed quia potest scire. Ergo Sapientia latentem quamdani processiofiem habet a PoU^ntia. Et deinde amat quia scit et potest ^ Amor ergo oritur a Sajiientia et Polestate, et quia non cognoscitur quod non potest cognosci, licet cognoscatur quod nonamatur, idcirco Sapientiani a Potentia sola affirmare licet » ^. — S'ensuil- 11 que (^ampanella n'ait pas réellement compris la signification profonde de la notion de conscience et de pensée que, pour réfuter les sceptiques, il plaçait au cœur de son système oomme la source de toute certitude et le fondement substantiel de toute existence ? Nous ne le pensons pas.

Ce qu'il faut considérer en effet, ce n'est pas la forme logique de la preuve, ni sa division en trois parties, empruntées l'une et l'autre à Saint Augustin ; c'est plutôt son sens global, c'est surtout la raison pour laquelle, donnée en réalité d'une manière indivisible et pour ainsi dire d'un seul coup dans notre conscience, la triple existence de notre pouvoir, de notre connaissance et de notre amour, est l'objet d'une affirmation invulnérable aux arguments du scepticisme. Or cette signification et cette raison dépassent assurément en profondeur le principe suivant lequel l'opération suppose l'être. La certitude, que nous n'avons pu atteindre ni par le savoir empirique ni par les formes du discours, et qui devait toujours nous échapper quand nous la recherchions dans les connaissances où le sujet n'est informé sur l'objet que par l'entremise de mouvements et d'images, bref d'une action exercée du dehors sur notre esprit, nous réussissons à l'obtenir quand nous la demandons à l'intuition primitive par laquelle l'Ame, immédiatement présente à elle-même, saisit en elle sa propre existence et aperçoit dans l'unité de son essence les trois pouvoirs par lesquels elle particifK» à la réalité de l'Etre infini : Puissance, Sagesse, Amolli' Au-dessus du savoir contingenl , ji;irlirulier et dérivé.

1. Atheismus Iriumplialus, Parisiis, apu<l Tussaniirn lMil)ia.v, 1C36, cap. XI, p. 140.

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