‹ Les antécédents historiques du "Je pense, donc je suis"Chapitre 95 sur 158 · Mcl., pars II, p. 83, lib. VI, cap. XI, art. I · texte numérisé non relu

Mcl., pars II, p. 83, lib. VI, cap. XI, art. I

190 l'interprétation de l'argument de st-algustin

dont les sceptiques ont justement contesté la validité, parce qu'il est extérieur et indistinct, confus et partiel, il existe ainsi un savoir essentiel et nécessaire, clair et total, interne et distinct ; c'est celui par lequel l'âme pensante connaît sa propre pensée, c'est la faculté innée qui lui appartient de former des notions communes d'où dérivent ensuite les principes de toutes les sciences ^ L'autre savoir, celui dans lequel l'objet, au lieu de se confondre avec le sujet, s'en distingue et s'y oppose pour ainsi dire du dehors, ne possède qu'un degré inférieur de certitude. Du reste, il dérive de l'intuition première qui est l'indispensable condition de son acquisition et il lui doit toute sa valeur, incomparablement moindre que celle des principes d'où il procède. L'incertitude commence quand l'âme se laisse aliéner par les objets de la notion distincte qu'elle a d'elle-même et lorsque ceux-ci se révèlent à elle de l'extérieur, non pas par suite dans leur totalité et leur distinction, mais partiellement et confusément. « Quapropter notiones communes hahemus, quibus facile assentijnus alias ab iiitus innata ex facultate, alias deforis per uyiiversalem consensum omnium entium aut hominum ; et haec sunt certissima principia scientiarum. Et quae ab' his necessario derivantur su7it in secundo gradii certitudinis ; ergo nos esse, et posse scire, et velle, est certissimum principium primum ; deinde secondario, nos esse aliquid, et non omnia ; et Posse, Scire, Velle, aliquid et non omnia vel omnino. Cum autem ad particularia et ad qu-aedam devenitur, ex notitia praesentialitatis ad notitiam objectivam, incipit incertitudo : propterea quod anima alienatur a sui notitia per objecta, et objecta non se pandunt totaliter, nec distincte, sed ex parte et confuse » ^.

Les réflexions de Campanella sur le problème de la certitude, dont les progrès envahissants du scepticisme au XYP siècle lui avaient révélé la gravité, l'ont donc conduit à une solution qui rapproche sa philosophie, envisagée par un de ses aspects, de la doctrine cartésienne de la connaissance : ce que

1. Met., pars I, p. 32, lib. I, Praeambula responsionum : Extare universalissima certissimaque in quibus non contingit falli, ex quibus ad scientias formandas procedimus.

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