‹ Les antibelChapitre 10 sur 27 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

liste naïf a gravé, selon ses rêves, une figure pour faire peur.

Plus effrayante est la Papôoii, un fantôme blanc à tête de squelette; le suaire s'agite, les dents claquent et l'apparition, portée au bout d'une perche, s'allonge ou se rapetisse à volonté. C'est la commémoration satirique de la Fabiane, de la morte, et Martril se signe et Jane se recule en la voyant entrer.

Un curé suit, en habits d'autel, un camias blanc en guise d'aube sur les épaules, et dessous, une étole en papier noir, passementée de larmes blanches et d'os en sautoir.

Et voici la troupe des musiciens : cinq ou six chaudrons, des pelles, des cornes, et, instrument plus primitif encore aux lèvres d'un blondinet de sept ans, une feuille d'érable qui chante quand on souffle avec, et, quand elle est crevée, on en cueille une autre.

Tous ces gens se rangent le long des murs, silencieux sous le masque, jusqu'à ce qu' Antibel ou quelqu'un de la maison les reconnaisse et les nomme.

Le curé est le Rumat, un voisin; la Papôou est manœuvrée par le Borgne de Garendié; Jul

3o LES ANTIBEL.

des Eques a volé le jupon de sa sœur pour jouer la fille, et, sous les frisons bleus de leurs capières, les jeunes bouviers de la Calandre se dénoncent en riant, pressés d'ôter leur coiffure.

ANTIBEL

gouaille avec l'un, avec l'autre :

Eh, curél combien prends-tu pour chanter la messe?

LE RUMAT.

Rien, si le vin de la messe est à ton comptel

ANTIBEL

apostrophe le Borgne de Carendié qui, pour respirer, passe la tête hors du suaire de la Papôou :

Pas besoin de te masquer, l'ami; avec

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