‹ Les antibelChapitre 12 sur 27 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

menton, les yeux très clairs, le sourire blanc sous la moustache en pointe, il s'avance vers le veuf. Et, à voix très calme :

C'était pour rire, Antibel; il faut bien que la jeunesse s'amuse. Toi qui te fâches, tu en as fait autant quand tu avais notre âge. Cependant si la colère te dit de t'empoigner avec moi, ne te gêne pas; me voici.

ANTIBEL.

Pas dans la chambre; on se casserait les os sur ces dalles de pierre. Dehors, sur l'aire, il fera meilleur. Il y a de la pâture qui sèche, une bonne épaisseur de litière; ça amortira la chute. Et voici quelqu'un là-haut qui va nous tenir la chandelle. Viens-tu .^^ Vous autres, vous boirez tout à l'heure à la santé du plus fort.

Ils sortent.

Au-dessus du roc d'Anglar, la lune vient de

ofl LES ANTIBEL.

paraître; lourde et rougeoyante comme un fruit mûr, elle se hisse lentement; et, tout de suite, les herbes, les feuillages commencent à luire; des ombres naissent, s'allongent sur le sol de la cour.

Antibel dépouille sa veste de cadis, la jette à Front qui l'assiste.

Les deux hommes vont l'un vers l'autre sur la luzerne. La lune éclaire en plein le Cadet de Testoris, son buste étoffé, ses bras noueux, Si figure un peu menue et le sourire fat, sous la moustache.

Plus court, plus ramassé, d'une allure de bœuf au labour, Antibel marche, la poitrine en avant comme un roc, la tête plantée bas sur les épaules.

Ils s'abordent.

Rapidement, les mains se cherchent, se fuient, essaient de nouer ou d'écarter l'étreinte. Plus vif, le Cadet saisit le premier son adversaire, et, avant qu'il ait eu le temps de se reconnaître, il tente de le culbuter.

Antibel chancelle; mais déjà, sur le torse du Cadet, ses larges mains se sont abattues. La prise est faite. Il se secoue, le Cadet, il travaille

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