‹ Les antibelChapitre 15 sur 27 · PROLOGUE. Sg · texte numérisé non relu

PROLOGUE. Sg

que la fontaine de Lantouï n'en débite pas de pareil!

RATISBEL

est un mendiant fier; le icausse le veut ainsi, le causse infertile et lumineux oii l'homme s'ennoblit à vivre en compagnie du soleil et des pierres. Tête haute, sa dignité accrue de la flamme du bon vin, il riposte :

Le bon Dieu a plus de connaissance que nous, Antibel! Des vignes, il en pousse ici et là; mais il n'y a qu'une fontaine de Lantouï au monde!

Rastibel s'écarte et

PÏBOUL

s'approche, Piboul ichantre, sonneur et fossoyeur à Saint-Irech, ivrogne aussi et rimeur à l'occasion, inventeur de chansons et de charivaris sur icommande.

Pas pressé, l'homme! Il lève son verre à la

4o LES A.MIBEL.

hauteur de l'œil, le promène sous le nez, sauce les lèvres un brin, fait claquer la langue et recommence. Finalement, la dernière goutte descendue : **

Fameux, mais un peu court. Pas le temps de faire connaissance. A peine s'il a mouillé la luette, crac! il n'y a plus personne. Ah! si l'on pouvait téter à même la barrique, un moment seulement, une petite minute. On ne plaindrait pas la peine de se mettre à genoux devant.

ANTIBEL.

Agenouille-toi donc, sacré farceur, et rince-toi le bec à ta fantaisie. On va t'arroser.

L'ivrogne s'agenouille et, la tête renversée, reçoit dévotieusement l'averse. On voit les muscles du cou se tendre et se détendre avec la régularité d'une mécanique. On l'admire, on l'acclame.

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