‹ Les antibelChapitre 21 sur 27 · PROLOGUE. 5r · texte numérisé non relu

PROLOGUE. 5r

Honte de quoi? D'épouser Jane? Est-ce que je ne suis pas le maître? Mon fils n'a pas mauvaise tête autant que vous, mère; il prendra la chose comme il doit la prendre, et, quand il sera revenu, nous vivrons en bonne amitié, comme avant. Vous, mère, vous réfléchirez avant de nous quitter. Voilà quarante-sept ans que vous habitez la Dérocade; il est bien tard pour changer vos habitudes. Vous vous plaignez; et de quoi? De m'avoir laissé gouverner votre bien? L'ai-je mal gouverné?

Ce Clos-Périé et ce pré des Vimes que vous voulez reprendre, est-ce qu'ils ne rapportent pas le double de ce qu'ils rapportaient du vivant de mon père? J'ai sué quelques chemises à l'épierrer, votre clos, et combien de charretées de bon fumier a-t-il fallu pour nourrir le pré des Vimes?

Maintenant que j'ai engraissé vos terres

à mes dépens, il vous plaît de les jouir, je ne vous chicanerai pas là-dessus. Mais vous, prenez bien garde à ce que vous allez faire. Ne vous pressez pas de nous quitter. Qui nous dit que vous ne vous entendrez pas avec Jane.î^

MARTRIL.

Tu prêches bien et tu agis mal. Une fameuse bêtise tu vas faire avec ce mariage. Tu secoues les épaules. Il te la faut, ta bonne amie! Nigaud! Tu n'étais pas suffisamment heureux ici, pas assez bien servi, peut-être! Ce que c'est pourtant! Depuis que tu es au monde, je n'ai pas cessé de m'occuper de toi. J'ai trimé, j'ai peiné, je me suis faite vieille avant l'âge pour toi, pour le voir riche, pour te voir content. Et voilà ma récompense. Mauvais fils! Crois-tu que je n'aurais pas trouvé à' me remarier, moi aussi, si j'avais voulu. î^

Page 1