CHAPITRE VII
SUSANNE. — LA TENTATION DE SUSANNE. — LES PERSÉCUTEURS DE l’ÉGLISE *.
Le sujet de Susanne est admirable pour représenter l’Église. L’Église est l’épouse du Christ, de laquelle saint Paul écrivait aux Corinthiens ; « Je suis jaloux de vous de la jalousie de Dieu, car je « vous ai fiancés à un Époux unique et je veux présenter au Christ « une vierge chaste ^ » Or, l’épouse chaste par excellence, n’est-ce point Susanne ? L’Église est Orante: elle est la personnification de la prière au sein de laquelle elle est née, par l’opération du Saint-Esprit, le jour delà Pentecôte : Omnes erant persévérantes unanimiter in oratione . . , et repieti sunt omnes Spiritu Sancto^ ; et où doit-elle mieux figurer, comme Orante, que dans le lieu de la prière? Mais, l’Orante de l’Ancien-Testament, n’est-ce point Susanne, entre toutes
les saintes femmes : Exclamavit aiitem voce magna Susanna
exaudivit autem Dominas vocem ejas '*? L’Église est, à la suite de son Époux, en proie de toutes parts à la tentation, à la calomnie, à l’infamie, aux derniers supplices : Convenerunt... adversus Jesum... Eerodes et Pontius Pilatus cam Geiitibus et populus Israël... Etnunc Domine respice in minas eoram, s’écrient d’une voix les Apôtres"^. Et ne voilà-t-ilpas les abominables juges, persécuteurs de Susanne? L’Eglise, enfin, est assistée par le Christ, qui a promis d’être avec elle jusqu’à la consommation des siècles, elle est continuellement sauvée en ses périls mortels par l’Esprit du Christ, résidant en elle et devenu son àme, l’Esprit du « Dieu vivant, » qui est en personne « la vie éternelle. » Eh bien! c’est cet « Esprit-Saint » qui était en
' Planche II.
* II Cor., XI, 2.
3 Act. I, 14; II, 4.
* Dan., XIII, 42, 44.
* Act., IV, 27, 29.