LES TROIS HÉBREUX DANS LA FOURNAISE
Le mur du fond de la cappella greca est celui auquel était manifestement adossé l’autel ou la chaire du Pontife. Etait-ce l’autel ? En ce cas^ c’était un tombeau, car il n’y a pas d’autre autel fixe avant la paix de l’Eglise. Mais aucune trace ne paraît ici de la démolition d’un tombeau, à Lépoque du percement de la porte, vers la fin du troisième siècle. La décoration de la plinthe qui, sur un des côtés, est antérieure au troisième siècle et, au fond, paraît l’être en partie, exclut l’hypothèse d’un tombeau. L’autel était donc en avant, autel portatif des siècles de persécutions, table eucharistique de bois du berceau de l’Eglise. 11 occupait le milieu du carré de la cappella greca, comme l’Arche le milieu du Saint des Saints, dans le plan donné par Dieu à Moïse. La chaire du Pontife était derrière, marquant la place du Christ à la dernière Cène. Elle pouvait atteindre le mur et s’avancer même à l’intérieur, sous un cintre surbaissé allant d’un mur latéral à l’autre ; vaste niche d’honneur ombrageant cette chaire, comme une niche pareille ombrageait dans les salles publiques le siège des Césars : principe de l’arc absidal et de l’abside même des basiliques chrétiennes. Ce cintre a une décoration en stuc, un grand enroulement de feuillage, dont le dessin admirablement classique et la pâte fine nous reportent au siècle d’Auguste plutôt qu’au temps de Constantin. Sous le cintre, dans l’immense lunette, est un sujet biblique, en partie mutilé au percement de la porte, en partie repeint, semble-t-il, à droite de la porte nouvelle, mais en original au-dessus et à gauche, les trois Hébreux dans la fournaise ^
‘ Planche IV, 1 ; planche V, 2.
^ Planche IV, 1.
CAPPELLA GRE CA.