‹ Les antiquités chrétiennes rapportées à la Cappella GrecaChapitre 23 sur 129 · PI. IV · texte numérisé non relu

PI. IV

1, Fond du sanctuaire de la Cappella Crexa. d'après la photographie de M'' Parher . Les trois Hébreux dans la fournaise.

2, Fond de coupe de verre trouvé dans le cimebère deS^ CalMe Le Christ délivrant les trois Hebreux de la fournaise. BoMetli , p . 197.

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LA CAPl’ELLA GKECA

Danieî, à Batylone, avait trois amis, issus comme lui et Susanne de la vaillante tribu de Juda : Ananias, Misael et Âsarias. Tous quatre, jeunes, beaux^ doués d’une rare sagesse, ils plurent au vainqueur de Jérusalem qui en fit ses pages. Nabuchodonosor appela Daniel et sesamis Sidrach, Misach ei Abdenago. Daniel

ayant exposé et expliqué à Nabuchodonosor son songe de la statue à la tête d’or, à la poitiâne d’argent, au ventre et aux jambes d’airain^ aux cuisses de fer et aux pieds mêlés de fer et d’argile, image des quatre empires terresti'es et périssables, le monarque l’établit gouverneur de toutes les provinces de son empire, qui était le premier des quatre, et préfet de tous les magistrats et de tous les sages. Il obtint alors pour ses trois amis l’intendance des travaux de la province de Babylone.

En ce temps-là, Nabuchodonosor fit faire une statue d’or ou revêtue d’or, de soixante coudées, c’est-à-dire quatre-vingt dix pieds de haut, et de six coudées (neuf pieds) de large, représentant je ne sais lequel de ses Dieux, et plus ou moins lui-même. Il la plaça dans la plaine de Dura et commanda de l’adorer au signal que devaient donner les instruments de musique, sous peine d’être jeté dans une fournaise ardente. Les trois intendants des travaux n’ adorèrent pas. Les Chaldéens s’empressèrent de les dénoncer. Ils persistèrent dans leur refus devant Nabuchodonosor, qui les fit mettre tels quels, avec leur costume, y compris la liare, mais bien liés, dans la fournaise. La flamme tua ceux qui les mirent : elle se contenta, pour eux, de les délier. Ils se promenaient dans la fournaise, louant Dieu. On précipita sur le brasier la poix, le naphte, toutes les matières incendiaires ; la flamme s’éleva au-dessus de la fournaise de quaranteneuf coudées, dévorant ceux qui étaient auprès ; et voici que l’ange du Seigneur descendit dans la fournaise, abattit la flamme, fit souffler un vent frais, et les trois Hébreux, comme trois lyres mues par le même Esprit-Saint, entonnèrent d’une seule voix un cantique de bénédiction au Seigneur, invitant toutes les créatures à le bénir avec eux.

Nabuchodonosor accourut stupéfait et dit aux grands de sa cour :

« N’avons-nous pas jeté trois hommes liés au milieu du feu?

(( Voici que je vois quatre hommes déliés et marchant au milieu du « feu, et il n’y a pas de lésion en eux, et l’apparence du quatrième est

LA CAPPELLA GRECA

« semblable au Fils de Dieu. » Et s’approchant de l’ouverture de la fournaise ardente, il dit : « Sidracli, Misach et Abdenago, serviteurs « du Dieu Très-Haut, sortez et venez ! » ils montèrent et parurent avec leurs vêtements, sans un cheveu ou un fil roussi par le feu. Alors Nabuchodonosor s’écria : « Bénit soit le Dieu de Sidrach, de « Misach et d’ Abdenago, qui a envoyé son ange et délivré ses ser- « viteurs qui ont eu confiance en lui et ont violé l’édit du roi et ont « abandonné leur corps pour ne pas servir et adorer un autre « Dieu que leur Dieu. » Puis il porta peine de mort, avec réduction de la maison du coupable en voirie, contre tout blasphémateur de ce Dieu, il éleva en dignité les trois fidèles Hébreux et il rendit cet édit ;

ft Nabuchodonosor, roi, à tous les peuples, nations et langues, qui habitent sur toute la terre, que votre paix se multiplie !

Les prodiges et les merveilles qu’a laits devant moi le Dieu Très-Haut, il m’a paru bon de les publier. Que ces prodiges sont grands et que ces merveilles sont puissantes ! Son royaume est un royaume éternel, et sa domination est aux générations des générations ' . »

Cet édit aura pour pendant celui de Darius le Mède; et l’on comprend toute l’importance de ces deux déclarations et des deux évènements qui les ont amenées pour des hommes sans cesse exposés, en adorant le vrai Dieu, en refusant d’adorer les idoles, aux lions et à la fournaise des Nabuchodonosor et des Darius de la grande Babylone. Les chrétiens se souvenaienL en attendant qu’ils pussent amener les Césars à savoir et à comprendre.

Au milieu du champ de l’immense lunette, servant de fond à la cappella greca, s’élevait, dans toute la hauteur, le colosse de la statue d’or. 11 n’en reste plus que le buste, juste au-dessus du cintre de la porte, qui a été percée de côté, avec l'intention manifeste de lui donner cette place éminente. La tête colossale est très-pàlie, mais parfaitement reconnaissable ; et elle donne je ne sais quel saisissement. Je ne puis oublier mon impression, en 1875, à l’aspect de cette figure d’empereur romain, non remarquée jusque-là et que je ne m'expliquais pas encore^. L’espace qui est au-dessous du buste

' Dan., 111.

^ Planche V. t.

LA CAPPELLA GRECA

n’est pas suffisant pour que la statue ait été peinte en pied. Le buste était donc sur une colonne, comme on le trouve toujours sur les monuments chrétiens postérieurs; eL d’après les dimensions fournies par l’Ecriture, le colosse devait être ainsi à Babylone même. C’était une sorte de colonne Trajaneou Antonine. La colonne^ supprimée par le percement de la porte, ressemblait sans doute à cette grosse colonne qu’on voit sur un arcosolium du cimetière de Domitille, près des trois Hébreux, qui font pendant comme ici aux trois Mages. C’était la traduction littérale pour les yeux du texte biblique : Ndbuchodonosor rex fecit statuam auream, altitudine cubitorum sexaginta, latitudine cubüorum sex, et statuit eam in campo Dura provùiciæ Babylonis.

A droite du buste, à qui le regai’de, et à côté de la statue de Nabuchodonosor, mais à quelque distance, est la fournaise des trois Hébreux. Sou niveau est au-dessus de celui du sol ; et les condamnés semblent hautement donnés en spectacle. La fournaise est une sorte d’arche, au bas de laquelle est une ouverture en demi-cintre pour passer et attiser le combustible. Les flammes remplissent tout le champ du haut, mais elles sont courtes comme le duvet d’une prairie. Les trois Hébreux marchent dessus et l’on dirait qu’ils dansent. Vêtus tous trois de simples tuniques courtes, sans manches, et coiffés du bonnet persan, les deux de devant croisent un bras sur leurs épaules en penchant la tête l’un vers l’autre. Le premier indique de la main droite, au second, un personnage lointain qu’on voit à gauche de la statue, au bas de la lunette ; le troisième est tourné vers le même personnage et l’indique également. Il est clair que les trois Hébreux se montrent l’ange du Seigneur descendu vers leur fournaise et qui en a déjà rabattu les flammes.

Cet ange, il apparaît au coin du tableau, debout, vêtu d’une courte tunique comme le Christ de Susanne, redressant la tête, avec une singulière majesté, et avançant la main droite pour un irrésistible commandement. Son geste est analogue à celui de Moïse qui est au-dessus de lui, touchant de la baguette le rocher d’où jaillissent les eaux. Ici ce sont les flammes qui sont comprimées et rendues innocentes. Mais le geste montre plus d’empire encore que celui de Moïse. En vérité, le Christ ne commandera pas autrement

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aux vents et à la mer. Le grand calme est fait devant nous dans la tempête de feu ; et sur l’autel du sacrifice, devenu l’autel du triomphe, les trois victimes, tournées vers leur libérateur entonnent l’hymne d’actions de grâces.

Cet ange, c’est le Yerbe de Dieu. 11 vient de sauver les trois jeunes amis de Daniel, comme il a sauvé Susanne, comme il sauvera Daniel lui-même. Son air si hautement divin le révèle. Nous avons d’ailleurs, bien des preuves que c’est lui que le peintre a voulu figurer. Nabuchodonosor a dit que son apparence est « sem- « blable au Fils de Dieu. » Ce mot, à la rigueur, pourrait s’entendre d’un ange, car l’Ecriture appelle « fils de Dieu » les anges ’. Mais saint Hippolyte, enseignant à Rome, nous déclare qu’il s’agit ici du Fils de Dieu par excellence, de l’Eternel, du Verbe.

« Dis-moi, Nabuchodonosor, s’écrie-t-il, d'où sais-tu que c’est le Fils de Dieu, que tu le confesses le Fils de Dieu ? Qui a touché ton cœur pour que tu profères une telle parole? D'où tes yeux ont-ils acquis la puissance de contempler cette lumière ? Pourquoi s’est elle manifestée à toi seul et à aucun des autres satrapes? C’est qu’il est écrit ; Le cœur du roi est dans la main de Dieu. C’est la main par qui le Verbe a touché le cœur de cet homme, afin que l’ayant reconnu dans la fournaise, il le glorifiât. Et notre pensée n’est point ici dénuée de raison. Car les fils d'Israël devant voir le Fils de Dieu dans le monde sans croire en lui, l’Ecriture a montré d’avance que les gentils devaient le reconnaître incarné, lui que Nabuchodonosor ayant vu autrefois non incarné, a reconnu et déclaré être le Fils de Dieu. »

Saint Hippolyte avait reçu cette doctrine de saint Irénée, son maitre, qui dit en parlant des trois Hébreux dans la fournaise : « Cette main de Dieu qui vint à leur secours, accomplissant en eux « des choses inattendues et impossibles à la nature de l’homme... « c’est le Fils de Dieu, comme le roi Nabuchodonosor le dit, au « témoignage de l’Ecriture... Hic est autem Films Dei^ . »

Les monuments romains viennent de toutes parts confirmer 1 interprétation de saint Irénée et de saint Hippolyte et éclairer notre antique peinture dont ils procèdent plus ou moins. Un fond de coupe trouvé dans le cimetière de. Saint-Calliste nous montre le

1 Job., 1, 6.

^ Col. 679.

” V Hæres.. V, 2.

* Boldetti, p. 197. — Planche l'y, 2.

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Fils de Dieu incarné s’avançant, la baguette souveraine à la main, vers le paralytique qui porte son lit. A coté il s’avance de même vei’s Tobie portant le grand poisson qui semblait vouloir le dévorer, et qui se trouve être le poisson mystique, le Cbrist eucbaristique ; et le Cbrist, allant à Tobie, est en effet parmi les sept corbeilles du paiu miraculeux qu’il a produit au désert. Entre ces deux sujets, ou voit, dans le rond de la coupe, le même Christ avec sa baguette, s’avançant vers les trois Hébreux dans la fournaise. Trois fois, ailleurs, le Cbrist apparaît dans la fournaise elle-même. Une fois, sur le sarcophage de Junius Bassus, il entre, sous la forme d’un Agneau, parmi les ondées de flammes sous lesquelles sont cachés les trois Hébreux ; et il est maintes fois, sur ce sarcophage, en Agneau tenant la baguette, et opérant la multiplication des pains, la résurrection de Lazare, ou les autres prodiges évangéliques ’. Une autrefois, sur une insigne fresque du cimetière de Saint-Hermès ^ il est au milieu des trois Hébreux dans la fournaise ; et le monument précédent nous dit bien que c’est lui. Une troisième fois, sur un sarcophage du cimetière du Vatican ^ il est de même entre deux Hébreux, le troisième, à qui son compagnon tend la main, allant monter sur la fournaise. La statue érigée par Nabuchodonosor est à côté, avec son buste sur la colonne, et Nabuchodonosor lui-même, admirantle Fils de Dieu; et la fournaise a pour pendant la crèche du Christ où les trois Mages viennent l’adorer. Sur un sarcophage du Vatican encore, on voit le Christ auprès de la fournaise où sont les trois Hébreux, debout, tenant le rouleau de l’Evangile, montrant le ciel et disant évidemment : « Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour « la justice, car le royaume des cieux est à euxL » Je crois le voir aussi dans le personnage, tenant un rouleau à la main, qui vient vers la fournaise, sur le sarcophage d’Agapèiie du musée de Latran. Il est sous les ti’aits d’une colombe, portant à son bec un rameau d’olivier, et planant dans les airs au-dessus des trois Hébreux, sur un autre sarcophage de ce musée, et sur une fresque du cimetière de

‘ Aringhi, l. I, p. 277. ~ Planche VI, 2, — La fournaise est bien caractérisée par ses ouvertures demi-circulaires au bas.

2 Patrol. lat., t. GXXVII, col. 973.

® Aringhi, t. I, p. 295.

\Matt., V, 10.

LA CAPl’ELLA GRECA

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Priscille La colombe symbolise quelquefois le Christ, témoin, l’exclamation de Prudence : « Tu es pour moi, ô Christ, la colombe « puissante, à laquelle cède l’oiseau (l’aiglej repu de sangL » Il est sous la figure de l’étoile sur le sarcophage de Saint-Ambroise de Milan et sur un sarcophage de Saint-Gilles, près de Nîmes, où le buste de la statue a les traits frappants de Nabuchodonosor qui est auprès : il éclaire et soutient les trois Hébreux à qui Nabuchodonosor veut faire adorer sa statue A « Un ivoire du V“ siècle donné par « Gori [Thés. dipt. t. III, tah. Vllï) ne permet guère, dit M. Mar- « tigny, de douter que les artistes de cette époque n’aient eu l’in- « tention de représenter le Fils de Dieu. Le personnage qu’offre cet « intéressant monument est ailé, et il étend une croix sur les « flammes pour les apaiser L » C’est le Christ, Ange du grand conseil. Tous ces exemples et le texte de S. Hippolyte nous autorisent à conclure avec assurance que l’ange qui vient au secours des trois Hébreux est le Verbe, qui doit s’appeler le Christ, et qui prélude à son nom de Sauveur.

Mais il faut entendre l’Homère chrétien. Prudence, déployer ici sa grande théologie,, sa poésie splendide et ravissante. Voici une page, que nous n’abrégeroos pas, de son Apothéose du Christ :

« Le don du Père invisible, c’est de produire un Fils visible, par qui le Père luimême puisse être vu, et cela, non point seulement aux yeux des saints, mais à ceux-mêmes qui ne connaissent point la lumière. Je parle des plus aveugles des aveugles, dont l’épaisse stupidité ne peut apprécier le vrai dans leur cœur ténébreux.

Si vous niez que Dieu se manifeste aux mortels, dites-moi donc quel est celui que de la citadelle de Babylone, le tjran voit marcher à distance au milieu des flammes qui ne lui font aucun mal, et fouler les feux rapides qui ne brûlent point ses frères? « 11 n’est pas douteux, ornes nobles, s’écrie-t-il, que trois fournaises « haletantes n’aient reçu ces hommes dans leur vaste incendie. Et voici que quel- « qu’un, se joignant à eux, passe au milieu des feux qui jettent leurs vapeurs et « s’en rit. Celui-là est le Fils de Dieu ; vaincu, je l’avoue et je l’adore. Ecartez les « tisons dont on se raille, et retirez les bois résineux devenus tièdes : l’ardeur (I même du soufre embrasé est froide. C’est le Fils, il n’est pas douteux, qui produit (I ces miracles dans les éléments. Celui que je vois, c’est Dieu même, c’est la pro-

‘ Aringhi, t. II, p. 311.

2 CaXh., III, V. 166.

^ Bulletino, 1866, p. 64.

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« géniture très-certaine de Dieu. 11 commande à ces ardeurs immenses; il dompte « ces violences, en se balançant sur le bûcher qui le sert; il comprime les fureurs « de la poix, et il !orce la rage des flammes û devenir de glace Le courant embrasé, « ayant ordre de ne pas toucher les plis de leurs vêtements étrangers, passe et il « court en bruissant sur ces légers tissus. La vapeur elle-même du feu a défense « d’aller à travers leurs tiares assyriennes, de crainte que leur chevelure épandue « sur leurs épaules ne soit ternie et ne répande une exhalaison amère. » 11 dit, et il imposa silence aux divers chants, aux syrinx, aux sambusques.aux cithares, aux chalumeaux et aux trompettes. La superstition insensée se tut, la voix de la fête s’arrêta, qui célébrait l’image d’or exposée à tort à tous les yeux. Les seuls cantiques des saints hommes résonnent maintenant, célébrant d’un triple concert le Roi des cieux, qui a fait la mer, qui a fait les tei res, qui a fait les astres lumineux, et qui au milieu des flammes a couvert et rais en sécurité ses élèves.

Le Verbe du Père tout Puissant descendit toujours au secours de l’homme qu’il avait à sauver : il soigna toujours d’un amour particulier l’être mortel qu’il devait s’unir, afin que la chair destinée à lui être associée et à être remplie de la présence d’un Seigneur éternel, cette chair qui menait alors une vie animale, changeât sa vie dégénérée, en ayant l’exemple du maître, et s’accoutumât, en voyant des membres semblables aux siens, à contempler celui qui devait partager sa face terrestre, à connaître comme d’un regard de sûreté le participant de sa nature, et à s’approcher peu à peu du Christ son consanguin '.

Est invisihilis donum Patris edere Natuni Visibilem, per qiiem valeat Pater ipse videri :

Nec solis sanctorum oculis, sed luinine cassis. Cœcorum cœcos loquor, atra socordia quorum Corde tenebroso veruni perpendere nescit.

Quem si perspicuuni mortalibus inficiaris,

Fare âge, quem videat Dahijlonis ab arce tyrannus Innocuas inter flammas procul expatiantem, Calcantem rapidos inadustis frairibus igries?

« Nempe, ait, o proceres, tris vasta incendia anhelis « Accepêre viros fornacibus : additus unus « Ecce raporiferos ridens intersecat ignés.

« Filius ille Dei est, fateorejue et victics adoro.

« Irrisas removete faces, tœdasque tepentes « S'ubtrahite, en friget succensi sulphuris ardor.

« Filius, haut dubium est, agit hæc miracula rerum. « Quem video, Feus ipse, Dei certissima proies,

5 Imperat immensis ardoribus, et domat iras, a Insultans famulante rogo, piceosque furores « Comprima, et rabiem flammarum algescere cogit.

« Barbaricos calida aura sinus no?i tangere jussa

LA CAPPELLA GHECA

S. Hippolyte et Prudence ne sont point les seuls des Pères à reconnaître le Verbe de Dieu dans Pange qui secourut les trois Hébreux. Pour n’en citer qu’un après eux, S. Théodore, moine et mélode de ce monastère de Studium qui fut à Constantinople le boulevard des catholiques contre les Iconoclastes, s’écrie dans son Hymne à la Croix : « Celui qui a arraché les trois enfants aux « flammes est celui qui, prenant notre chair, est venu sur la terre C » L’Eglise romaine elle-même chante, au temps pascal : « Il est sorti « du tombeau le Christ qui a délivré les trois enfants de la four- « naise du feu ardent, Surrexit Christus de sepidcro , qui liheravit très puer os de camino ignis ardentis. Allehda. »

Cette doctrine a son premier document à la cappella greca, et on conviendra maintenant qu’il est de toute évidence. Sa clarté rejaillit sur la scène de Susanne attaquée par les deux vieillards. On voit bien que c’est le Christ qui vient à son secours, comme il vient au secours des trois Hébreux. Le personnage d’un tableau a des rapports frappants d’attitude et de costume avec celui de l’autre ; et on sent

(I Præterit, et tenues stridcns transcurrit amictus. a Ipse per assyrias vetitus rapor ire tiaras.

(t Ne coma fusa humeris furno obsordescat ainaro. »

Ilæc ait, et varias jubet obmutescere cantus,

Oryana, sambucas, citharas, calanwsque tubasquc.

Stulta superstitio tacuit, vox [esta quievit,

Quæ male conspicuæ celebrabat imaginis aurura.

Carmina sanctorum résonant gam solavivorum ,

Concentu triplici regem laudantia cœli.

Qui mare, qui terras, qui lucida sidéra fecit,

Ignibus et mediis securos tcxit alumnos

Semper in auxilium Senno Patris omnipotenUs Descendit servando homini : mortalia semper Admiscenda sibi proprio curavit amore.

Ut socianda caro, dominoque implenda perenni,

Degenerem vitam,quam tune animalis agebat,

Exemple mutaret heri, simüesqtie per artus Cernere comortem terreni assuesceret oris,

Participemque suum visu velut obside liasse,

Et consanguineo paulatim accedere Christo.

[Apotheosis, v. 123-163.)

‘ Cité par le P. Brow, dans son édition de S. Fortunat. Not. ad lib. "V.

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