‹ Les antiquités chrétiennes rapportées à la Cappella GrecaChapitre 40 sur 129 · SABBATIVS QUI VIXIT IN · texte numérisé non relu

SABBATIVS QUI VIXIT IN

(f Sabhatius qui a vécu dans le Christ »

‘ II Tim., IV, 7.

2 Philip., I, 23.

® M. Perret, t, V, pi. LXIX ; t. VI, p. 181. — Vuir ici pl, XI, h. — Nous saisissons cette occasion pour rectifier ce qui est peut-être une inexactitude. Nous avons, au chapitre III, attribué à iM. Pvénier l’interprétation des fresques de la cappella greca, dessinées dans le 3° volume de M. Perret. M. L. Rénier n’a donné, sous sa signature du moins, que l’interprétation des monuments contenus dans le 5® volume. Le texte des dessins du 3 ’ volume est sous la signature de M. Perret.

Todtenhuch. Leipzig, 1842, in-fol , kapitel 1.

^ Gen., VIII, 4.

« Colos., III, 3, 4.

^ Acla S. Victorini, p. 96.

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Aussi la pierre qui fermait la tombe du martyr Genialis, au cimetière de Priscille, offre-t-elle au-dessous de l’inscription GENIALIS IN PAGE une barque sur la pouppe de laquelle est posée une colombe tenant au bec un rameau d’olivier Une autre barque offre, au lieu de la colombe^ le monogramme du Christ L Sur une troisième barque, la colombe est au haut du mât du navire, et le monogramme du Christ est en avant des deux L Le monogramme indique que la barque va au Christ, mais il pourrait bien être aussi le déterminatif de la colombe et signifier qu’elle est le Christ luimême, Nous venons de voir^ en effet, qu’elle lui sert de variante au-dessus d’une barque. Mais nous avons bien d’autres preuves que la colombe figure ici le Christ.

Sur une gemme annulaire \ où la colombe tient aux pattes le rameau d’olivier, elle a au-dessus d’elle l’étoile qui révéla le Christ aux Gentils et qu'un sarcophage de Saragosse met toujours sur sa tête L Ailleurs, sur un lociilus antérieur à Constantin du cimetière de Priscille, où la colombe porte au bec le rameau d’olivier, elle apparaît avec un poisson venant derrière elle. Le poisson est le Christ, et elle, c’est le Christ aussi: je ne vois pas qu’on puisse donner un autre sens facile et solide à ce petit tableau Une iresque du cimetière de Priscille en donne bien la clef L La colombe, portant au bec le rameau d’olivier, vient au secours des trois Hébreux dans la fournaise. Certainement elle représente ici le Christ, qu’on voit ailleurs venir à leur secours sous sa figure humaine. « 0 Christ, « tu es m,a colombe puissante^ Tumihi, Christe, columba potens, » s’écriera Prudence *. Ennodius et un certain Sylvius, dont Son

' La pierre est dans la chapelle du college de Brugelette. — M. Perret, t. V, pl. XXXIt, 80 his ; t. VI, p. 159. — Ici pl. XI, 3.

^ Cimetière de Sainte-Hélène. — Boldetti, p. 3l6. — ici pl. XI, -t.

3 M. Perret, t. V. pl. LXIX. 7. — Ici pl. XI, 5.

" M. Perret, t. IV, pl XVI, 22. — ici pl. XI, 6.

Hi.Horia del subterraneo de Santa-Engracia de Zaragoça escrita por el P, F. Leon Benito Marion. Zaragoza, 1737, p. 59.— M. Aureliano Orbes Vquerra a publié dernièrement un dessin bien meilleur de ce précieux sarcophage. Je dois ces indications à .M. de Rossi.

® Bulletino, 1864, p. 9. — Ici pl, XI, 7.

Aringhi, t. II, p. 311.

® Cathemerinon, III, p. 166.

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Em. le cardinal Titra a retrouvé le nom et les vers mis avec des variantes au compte de S. Damase, indiqueront la colombe, columba, parmi les surnoms du Sauveur La colombe descendant sur le Christ, à son baptême, désignait l’Esprit-Saint : lui-même l’a révélé à Jean-Baptiste L Mais la colombe, venant vers les hommes, à commencer par Noé, c’est le Christ, en qui l’Esprit-Saint a résidé dans sa plénitude et qui a fait par ses assistances charitables envers nous ces fameux essais de l’Incarnation dont parlent les Pères. C’est le Christ qui, le soir de sa résurrection, est apparu aux Apôtres, enfermés dans le Cénacle comme Noé dans l’arche au soin d’un déluge de haines juives pire que celui des eaux, est apparu, dis-je, tel que la colombe de Noé avec sou rameau d’olivier, disant et répétant : « Paix à vous, Pax vobis. »

On voit, d’autre part, une barque figurant l’Eglise, portée par un dauphin sauveur, image indubitable du Sauveur des hommes L Même une fois ce dauphin est dessiné au-dessus du navire, pour qui la mer est devenue tranquille, après que Jouas y a été jeté, indiquant ainsi que le Christ est l’auteur de ce salut L

Maintes fois aussi, le Christ est avec sa figure humaine dans la barque mystique qu’il dirige. Ainsi sur la célèbre lampe de bronze en forme de barque, donnée en étrenne baptismale à Valerius Severus et passée du mont Cœlius au musée de Florence, Valerius est en Orante au-devant du Christ ; et en dressant son acte de baptême ; « DOMINYS LEGEM DAT YALERIO SEYERO, le Seigneur donne la « loi à Valerius Severus, » on y a joint ce souhait, avec son nouveau nom chrétien probablement : « EYTROPl YIYAS, Eutrope vis L » Le navire donc, qu’il porte le Chiûst, sous l’image de son monogramme, de la colombe, du dauphin ou sous les traits du Christ luimême, ou bien qu’étant seul il fasse seulement mais inévitablement songer au Christ, le navire représente toujours l’Eglise ou un enfant de l’Eglise avec qui le Christ a promis d’être jusqu’à la

‘ Spt«Ze,7., t. III, p. XII, xiit;

- Joan., I, 33.

® Bullelino, 1870, tav. IV, 12.

Bullelino, 1864, p.Gl.

Mélanges à’ archéologie, t. III, pl, I.

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consommation des siècles, c'est-à-dire jusqu’au siècle éternel et bienheureux.

Voilà ce que rappelle le nom de Navigius. La sagacité du lecteur a bien reconnu que les navires ou barques dont nous venons de parler, sont l’équivalent parfait, et une espèce de traduction en dessin du graphite : NAVIGl VIYAS IN CHRISTO. La barque où Yalérius Severus est avec le Christ et où on lit EYTROPI YIYAS, a même avec ce graphite une sorte d’identité complète.

IL — La vie est l’épanouissement de l’être et sa félicité. C’était le souhait par excellence des anciens. On le trouve exprimé en particulier sur des fonds de coupe où l’époux boit à la santé de l’épouse, les gens de la noce à celle des époux, l’hôte à celle de ses amis. Il comprenait la multitude des jours^ mais surtout leurs joies. U Celui, dit le grammairien Nonius, écrivain du IIP siècle, qui est « maintenant dans une souveraine allégresse, nous disons qu’il vit : « Qui nunc est in surnma iætitia, vivere eum dicimus h » Catulle, Pétrone, Martial, à la suite des Grecs, entendent par vivre, jouir de la vie^ ; et Tertullien rapporte le proverbe des paiens : « Vis pen- « dant que tu es en vie, vive dum vivis *. » C’est à leurs dieux que les païens demandaient cette vie heureuse, en invoquant le nom de tel ou tel qu'ils croyaient plus puissant que les autres. « ORFITYS « El’ COSTANTIA IN NOMINE IIERCVLIS A CERENTINO FELICES « RIBATIS : Orfitus et Constantia, vivez heureux au nom d’Hercule « d’Achéronte, » lit-on autour d’un fond de coupe où sont représentés deux époux, entre lesquels est une statuette d’Iîercule sur son piédestal G Le souhait païen de la vie, qui est par trop sensuel, sera rectifié parles chrétiens. Aux joies légitimes de la nature, ils joindront les joies sublimes de la grâce, aux biens du temps, ceux de l’éternité ; et, au lieu des dieux faux et impurs, ils invoqueront le Christ et ses saints. « YI..T0 (u^)YAS IN NOMINE LAÜRETI ; « Victor (?), vis au nom de Laurent, » c’est l'acclamation qui accompagne sur un fond de coupe l’image du martyr qui a si bien porté

* Be proprietate sermonum, c. 1.

- Cités par Buonarruotti, Osservazioni, p. 204. ;

* Be resurrecticne carnis, c. III, p. 327.

* R. P. Garucci, Vetri, p. 186. i • I '

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le nom de laurier. Cette acclamation a retenti sans doute ü l’agape de la fête anniversaire célébrée à son tombeau.

IIVTA üMNiBVS SVBDITA El' ATFABl Fiole de sang. LIS BIBET IN NOMINE PETFil IN PAGE I

U Ruta, soumise et affable à tous, vivra api nom de Pierre, dans « la pai.v du Christ, » c'est l’épitaphe d'une chrétienne, d’une martyre peut-être, à notre cimetière de Priscille', auquel le nom de Pierre est si particulièrement cher. Ce nom est placé, non sans intention ce semble, au-dessus do celui du Christ. Pierre est son Vicaire ; il introduit à la paix que le Christ donne ; et le nom de Pierre est comme le mot de passe de réternclle vie. Do l’Hercule fabuleux et non digne, l’acclamation VIVAS a été transportée à Laurent, le véritable et saint hercule, l’athlète géant du Christ, et à Pierre qui ouvre vraiment les deux aux défunts, comme on dit mensongèrement qu’IIercule les a tirés des enfers.

C’est par le Christ, cependant, qu’ont commencé et c’est à lui que se rapporteront finalement toutes les acclamations nouvelles du souhait de la vie, tous les vivat chrétiens. 11 est Dieu : les dieux romains, nationaux, grecs ou barbares, ne sont que des démons. C’est pourquoi au cimetière de Priscille, à côté du Christ enfant, présenté par la Vierge aux adorations des Mages, l’image de la défunte Severa est accompagnée de la légende : SEVERA IN DEO VIVAS. Une plaque d’ivoire, trouvée dans ce cimetière, portait, avec la variante de l’affirniation de la vie au souhait de la vie ;

BENERIA VIBIS IN DEO -.

« Feacrm, tu vis en Dieu. »

Un marbre de ce cimetière encore, répétant le mot de S. Pierre en son premier discours : le Seigneur Jésus, Dominus Jésus ^ le mot

* Eoldetti, p. 388.

^ Marangoni, Belle cose gentilcsche e profane trasportate ad uso e ornamento delle chiesc, in Roma, '\1W, in- F, p. 4c6.

* Act., 1, 21.

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de S. Eüenne expirant : Seigneur Jésus, Domine Jesu, recevez mon esprit offrait cette inscription entre deux palmes droites :

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