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un gladiateur inoiitraut sa couronne cl une Victoire, la palme à la main, qui va couronner une Orante. C’est la grande martyre africaine Perpétue transformée en athlète dans savision et conduite après son beau combat dans le jardin céleste du divin Pasteur. Or, sous le Bon Pasteur et l’un des palmiers, sous Perpétue et le second palmier, on voit en double un monticule d où s’échappent les quatre fleuves du paradis. Deux cerfs, représentant, comme les deux poissons ou les deux colombes^ les deux Églises des Juifs et des Gentils, y viennent boire. Sur le monticule est une croix grecque '.
C’est évidemment le chi, le monogramme du Christ tenant la place où si souvent ailleurs il est en personne ou en agneau, ce monogramme traduisant le texte de S. Paul: Us buvaient de la 'pierre qui les suivait ; or la pierre était le Christ ^
Mais en ce temps-là même, à Rome, où, au treizième siècle, la mosaïque de l’abside de la basilique du Latran, au lieu delà croix grecque du seau tunisien, présentera la croix latine sur la montagne d’où s'échappent les quatre fleuves de la vie, à Rome, dis-je, la croix latine apparaît déjà dessinée, comme de nos jours, sur la sainte montagne. L’an 398, trois ans après la mort du grand Théodose, la maisonoù Pudens avait reçu S. Pierre au pied de l’Ksquilin, l'église Pudentienne, dont la nécropole de Priscille est le cimetière, était magnifiquement reconstruite par les prêtres llius et Léopardus L On composait, si on n’exécutait déjà, le dessin de sa fameuse mosaïque absidale, la plus belle de Rome. On y voit le Christ assis au milieu des douze Apôtres devant la Jérusalem céleste, jugeant les
» Bulleünô, 1867, tav. VIII, p. 77-87. La forme n’est pas douteuse, au moins pour un des deux exemples.
* I Cor., X, 1. Si dans l’un des deux exemples la croix latine est en variante de la croix grecque, le signe de la croix à la place même du signe du Christ, l’intérêt du monument s’accroit. Il nous fait assister à la substitution de la croix au monogramme comme signum Christi. Mais le fait semble bien douteux.
’ Bulletino, 1867, p. 54.
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nations et admettant à la béatitude Pudentienne et Praxède qui lui olfrent leurs couronnes. La Jérusalem céleste est une magnifique cité, au milieu de laquelle se dresse sur un monticule une immense croix diamantée, escortée en l’air des quatre animaux de l’Apocalypse, symbole des quatre Évangélistes*. Ellerappelle évidemment la croix entourée d’or et de pierres précieuses qu’oii vénérait à Jérusalem, et la croix apparue deux fois au-dessus de la Ville sainte. Rome avait à Sainte-Croix-en-Jérusalem une Croix plus ou moins pareille à celle de Jérusalem elle-même. La croix de la mosaïque de n l’Eglise Pudentienne » procède de tout cela et semble bien être « le signe du Fils de l’Homme, » comme S. Cyrille appelait à Jérusalem la Croix.
Vers ce temps environ, un sarcophage du cimetière du Vatican nous présente le Christ debout sur la montagne céleste d’où s’échappent les quatre fleuves de l’eau de la vie, s’appuyant de la main droite sur une croix splendide ^ C’est bien son étendard et on peut l’appeler « son signe ». Sur sept sarcophages de ce cimetière, Pierre, recevant du Christ monté au ciel le rouleau de la Loi évangélique, en même temps que Paul reçoit sa mission, porte comme un sceptre la croix constantinienue. mais sans le monogramme en haut; et trois fois cette croix est ornée de pierres précieuses L C’est l’étendard de son Maître que Pierre a fait sien, en étant lui aussi crucifié; c’est l’étendard des chrétiens, dont il est le guide et le docteur : quoi de plus naturel que de l’appeler « le signe du Christ? * Deux fois ailleurs, dans une statuette * et sur une médaille de dévotion postérieures aux sarcophages, cette même croix dans la main de Pierre a un crochet en haut, à droite, ou à gauche : c’est le monogramme cruciforme. Le monogramme a repris en quelque sorte sa place de « signe du Christ » occupée par la croix ; maisc’est un monogramme qui est comme tranformé en croix ; et la croix prévaut évidemment toujours.
' La Bibliothèque Vaticane en possède un précieux dessin colorié. M. de Rossi l’.a donnée dans ses Mosaïques de Rome en voie de publication.
- Aringhi, 1. 1, p. 321.
* Aringhi, t I, p. 28t, 293, 295, 297, 299, 301, 307.
‘ Bellori, Lucerne ant., part. III, n. 27.
Bulletino, 1869, tav. III, 4.