‹ Les antiquités chrétiennes rapportées à la Cappella GrecaChapitre 60 sur 129 · I.A Ü.U'I'Kl.l.A l.RKCA · texte numérisé non relu

I.A Ü.U'I'Kl.l.A l.RKCA

Eu ce quatrième siècle plus ou moins avancé, nous rencontrons une esquisse, j’allais dire une image ravissante, de la croix, bien eu rapport avec les belles images précédentes. C’est au cimetière de Saiute-Solèrc ' attenant celui do Saint-Calixto avec le(iuel il est aujourd’hui réuni. Un orcosolium, dont l’arc formant berceau est couvert des méandres de deux vignes entrelacées, aux grappes desquelles s’attachent nombre d’oiseaux, olTre dans salunette un jardin fleuri. Au milieu un fût, couvert de verdure et traversé d’un tronc également vert, présente l’image faite à dessein d’une croix latine. Deux oiseaux, un de chaque côté, sont au pied accourant à la croix comme on voit ailleurs deux colombes venir au monogramme du Christ, au vase, à la grappe de raisin ou à tel autre symbole qui le représente, et d’abord deux poissons venir à l’ancre. « La croix, dit « M. de Rossi, est ici gracieusement dissimulée sous une sorte de « jet de treillage ou espalier verdoyant et orné de festons fleuris v » Ajoutons que cette, ci’oix peut compter pour un chi, largement tracé, d’autant plus que ses bras sont irréguliers et que celui de droite approche en longueur du bras inférieur. Ainsi le monogramme, au milieu de ses deux colombes accoutumées, se transforme en croix ; et l’on est à moitié, pour ainsi dire, de sa métamorphose visible.

C’est surtout en Afrique qu’on reconnaît cette prédominance de la croix sur le monogramme, qui commence son mouvement vers la fin du IV' siècle. Là on n’avait pas d’aussi près les traditions de Rome et son influence sur le monogramme ; l’éclat de la Croix de Jérusalem arrivait plus vif par Alexandrie ; et le monogramme constantinien, se rapprochant de la croix ansée des Égyptiens, affectait surtout le type le moins commun à Rome, le type cruciforme. Des épitaphes de Carthage, « dont la plus grande partie présente des (( caractères trahissant un siècle antéi'ieur au cinquième, portent

‘ Le nie vol. de la Rom. soft., p. 74. nous apprend que la fresque publiée par Bosio et non retrouvée que j’ai attribuée au cimetière de Domitille, pl. VIII, 2, 3, appartient plus probablement à celui de Sainte-Sotère. Les deux cimetières sont limitrophes.

^ Rom. son., t. lil, p. 78; tav. XII Le dessin donné par M. Perret, 1. 1, pl. LV, présente une croix latine très-régulière et de couleur noire ; mais il n’est point exact.

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« presque toutes la croix nue et que nous appelons latine ‘ ». Sur deux de ces épitaphes on lit, aux côtés de la branche supérieure et des bras, la traduction libre delà légende tracée dans le ciel aux yeux de Constantin : IN HOC SIGNYM SEMPER YINCE ou vinces \ On n’a gardé du labarum de Constantin que la croix; et c'est à elle seule qu’on applique la légende qui sur une ‘oinbe romaine est appliquée au monogramme seul. Deux épitaphes romaines de la seconde moitié du quatrième siècle, présentant la croix latine, se trouvent précisément porter les noms africains de Maurentia et Maurentius ’ et de Magus, dérivé de Magon ; cette dernière est composée en somme de paroles empruntées à S. Cyprien *.

S. Augustin ne parait guère se douter que le signe du Christ ait jamais été son monogramme. Il n’hésite pas à déclarer expressément que « le signe du Christ », c'est sa croix.

« Quel est ie signe du Clirist connu de tous, dit-il, sinon la ^roix du Christ? Que le signe ne soit pss appliqué au front des croyants, ou à l’eau par laquelle ils sont régénérés, ou à l’huile dont ils sont enduits par l’onction ou au sacrifice qui les nourrit, rien de tout cela n’est accompli selon les rites

Parlant en -419 de ce que le comte Marcellin, en sa Chronique, va appeler la croia: du Christ, crux Christi, il rapporte ce fait miraculeux :

« Nous apprenons qu’il y a eu de grands tremblements de terre en Orient

Epouvantés, les juifs les païens, les caté humènes qui étaient à Jérusalem ont tous été baptisés. On dit qu’il y a eu de baptisés sept mille hommes peut-être. Le signe du Christ, sijnum Christi, est apparu sur les vêtements des juifs baptisés. C’est ce que nous apprend une relation très-constante de nos frères fidèles ®. »

Ailleurs il dit aux catéchumènes, au moment de « la tradition du « Symbole : »

' De tiiulis carth., p. 535.

- Ibid,, p. 503.

® Boldetti, p. .58.

* De lit. carth., p. 536.

* Iti Joan., CXVIII, 5.

* Sermo XIX, 6.

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