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LES ORIGINES DU CIMETIÈRE DE PRISCILLE

Rome est entourée, à un mille environ de l’enceinte construite par Servius Tullius, qui fut la sienne jusqu’à Aurélien, et sur la profondeur d’environ deux milles, de la zone de ses cimetières chrétiens, où, depuis la prédication de l’Evangile jusqu’à l’arrivée d’Alaric et des barbares, les martyrs et les fidèles sont venus dormir leur dernier sommeil : immense anneau, plein de lumière divine, rappelant celui de Saturne, que les Latins appelaient leur législateur et le roi de l’âge d’or ! Dans cette zone, deux régions priment toutes les autres. C’est, au sud-est de Rome, celle des voies Appienne et Ardéatine, avec ses cimetières des Catacombes, de Domitille, de Prétextât, deCallixte, de Ralbine; au nord, celle que bordent les voies Nomentane et Salare-Vieille et que traverse la voie Salare-Neuve, avec les cimetières d’Ostrien dit de Sainte-Agnès « où Pierre baptisait, » de Maxime dit de Sainte-Félicité, de Thrason dit de Saint-Saturnin, des Saints-Chrysante-et-Darie, des Jordani dit de Saint- Alexandre, à cause du martyr de ce nom qui y a reposé avec ses frères Vital et Martial, de Sainte-Hilarie, de Priscille, ad S. Silvestrum, de Novelle joignant Priscille, de Saint-Pamphile, de Saint-Hermès, et enfin ceux appelés à « la montée du Concombre », ad clivum cucumeris, et « aux Sept-Colombes », ad septem columbas. Cette pléiade a vers le milieu, à trois milles environ de Rome non loin du Pont-Salare, le cimetière de Priscille, qui, par son

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antiquité, ses fastes illustres, ses monuments précieux de toute sorte, la domine d’un éclat incomparable.

« Cette nécropole commencée, sans aucun doute vers le temps apostolique... », écrivait en 1863 M. de Rossi, parlant du cimetière de Priscille. 11 vient de l’appeler « un cimetière qui, suivant la tradition romaine, fut contemporain des Apôtres. »11 ajoute ; « Si j’en <( avais le temps et l’occasion, je persuaderais peut-être aux criti- « ques les plus exigeants que la Priscille fondatrice du cimetière « appelé de son nom vivait réellement à l’époque apostolique ; » et il dit encore de ce cimetière : « L’époque des Flaviens, à laquelle « une partie au moins des fidèles ensevelis dans la région primor- « diale du cimetière des Pudens me semblent appartenir L » En 1864, l’éminent archéologue maintiendra, dans Roma Sotterranea, « la plus haute antiquité [la somma antichità) » à cette nécropole. En 1870, il écrira : « Cette nécropole dont l’origine remonte « au premier siècle de l’Eglise romaine ^ » En 1873, il dira enfin : « Les très-anciennes épitaphes du cimetière de Priscille dont l’ori- « gine apostolique est de plus en plus confirmée par les observations « archéologiques et critiques et par les découvertes L »

La fondatrice de ce cimetière vient d’être nommée, c’est Priscille. Selon les premiers explorateurs de la Rome souterraine, Ciacconi, Winghius, Baronius et Bosio, c’est « une matrone contemporaine « des Apôtres, mère de Pudens et aïeule des vierges sacrées Puden- « tienne et Praxède ^ » Pour M. de Rossi, c’est aussi « une matrone contemporaine des Apôtres, » mais autre peut-être que celle de la famille des Pudens.

Quoi qu’il en soit, il est démontré pour lui jusqu’à l’évidence, par les antiques topographies des cimetières suburbains, « que le (( cimetière de Priscille servit de sépulture commune aux Pudens « chrétiens ^ » Ce sont ces Pudens du YiminaC qui, « par des conjectures de plus en plus plausibles et confirmées par » un diplôme

‘ Immagini scelte délia B, Vergine Matia traite dalle catacombe romane. Borna, 1863, in fol., p. 18, 19.

- Bulletino, 1870, p. 56.

^ Bicllet. 1873, p. 54.

* Immagini, p. 17,

5 Ibid.

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de bronze qu’a récemment remarqué au Vatican M. de Rossi, « sont tenus pour appartenir à la gens Cornelia » famille sénatoriale. L’opinion de M. de Rossi sur la sépulture des Pudens est celle de tous les savants. Un titre conservé à l’étage inférieur du cimetière, est venu prouver que les Pudens s’y sont fait inhumer : c’est l’empreinte du cachet d’un PVDENS FELIX plusieurs fois répétée sur le ciment qui scelle un loculus L Félix est un surnom que s’arrogea le premier Cornélius Sylla, et qu’il transmit à ses descendants ; (( et les Pudens chrétiens passent pour appartenir à la gens Cornelia w, avait dit M. de Rossi, même avant d’avoir remarqué au Vatican l’insigne diplôme de bronze C’est un de ces Pudens, réputé le fils de Priscille, qui, selon les traditions romaines, accueillit saint Pierre dans sa maison du Viens Patricius, au pied du Viminal et de l’Esquilin, au lieu où est l’église Pudentienne ou de Pudens, dite de Sainte-Pudentienne. C’est lui, croit-on, qui envoie le salut à Timothée par saint Paul dans la seconde Épître qu’il a écrite de Rome à son disciple L Ce serait lui encore dont Martial a chanté en deux charmantes épigrammes le mariage avec « Claudia Rufma, étran- « gère, fille des Bretons aux yeux bleus » ; et cette Claudia serait celle qui, avec Pudens, Lin et Eubule, envoie aussi par Paul son salut à Timothée. Si ce n’est le même personnage, ce sont au moins des membres de cette famille considérable à Rome et dans le christianisme. On voit l’importance exceptionnelle du cimetière de Priscille, dès les origines de l’Eglise romaine et du vivant même de ses fondateurs Pierre et Paul, et toute la portée de cette conclusion de M. de Rossi : « Il est positif que ces catacombes ont servi de sépul- (( ture aux Pudens chrétiens, dont les premiers remontent jusqu’aux « Apôtres, d’après les traditions romaines \ »

' Bulletino, 1867, p. 46.

Loculus, diminutif de locus, est le lieu étroit creusé dans le tuf où ’on déposait un ou plusieurs défunts.

® Immagini, p. 17.

* II Tim., IV, 21.

^ Claudia, Rufe, nieo nubit peregrina Pudenti

Claudia cœruleis cum sit Rufina Britannis Edita.

® Immagini, p. 17.

Les filles de Pudens, les célèbres vierges Pudentieiine et Praxède, seront inhumées là vers le milieu du second siècle, dans la chambre de leur père, celle sans doute de leur aïeule. Mais Praxède aura d’abord inhumé dans une chambre très-voisine le prêtre Symétrius, enlevé de chez elle au moment des saints mystères, ponr recevoir la couronne du martyre, que vingt-deux fidèles, d’après les Actes de sainte Praxède, partagèrent avec lui. Cette chambre est celle où les pèlerins du YIP siècle rencontreront le tombeau de la vierge martyre Prisca, que certains critiques placent au siècle, et que ses Actes et la tradition romaine placent au IIP. Avec ce nom, nous arrivons à d’autres hôtes primitifs, et peut-être même à la fondatrice du cimetière de Priscille.

La chambre de Prisca, ou une chambre attenante et formant avec elle un seul sépulcre de famille, contenait deux des plus illustres personnages de l’âge apostolique, Prisca, nommée aussi Priscilla dans le Nouveau Testament, et son mari Aquila, et en outre un personnage de leur famille, égalenàent vénéré, Aquilinus. S. Léon IV trouvera au IX*^ siècle leurs trois corps avec ceux de Narcisse, compagnon de Crescention, de Marcellin, de Félix, de Symétrius, de Marcel, de Pudentieune, tous hôtes du cimetière de Priscille, et transportera tous ces corps saints à Rome : Sacmtisshna corpora cura... Aquilino, Aquila et Prisca L On a rencontré dans cette région du cimetière deux fragments lapidaires que m’ont signalés en 1871 le R. P. Tongiorgi et M. de Rossi, portant : AQVl et CES. On est d’autant plus autorisé à y voir un rapport avec Aquila et Prisca, au moins avec le premier, qu’une inscription du cimetière d’Ostrien, voisin de là, porte : AQYILIÆ PRISCE IN PAGE ^ Ce qui est certain, c’est qu’en 837 des parceUes des reliques d’Aquila et Prisca furent transportées de Rome à l’abbaye de Fulde avec la déclaration expresse qu’eUes appartenaient aux deux personnes mentionnées dans les Actes et les Epîtres de S. Paul L « Donc, conclut M. de Rossi, du

' Liber Pontif. Patrol. lat., t. CXX.V11I, p. 517.

* Armglu, t. I, p. 608.

** « ïheodorus . . . ab uibe Roiiui veiiit et... Aquilæ eiiaia alque Priscilla, ui Actus Apostoloruin testantur, quoiidaui coinitum Pauli, sacrosanctas reliquias detulit, » écrit, dans la Vie du B. Haban Maur, archevêque de Mayence, son disciple, le prêtre Rudolt, moine de Fulde {Acta SS., 1. 1, lebr., p. 525). Kaban iMaur

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« moins au IX® siècle, on croyait qu’Aquila et Prisca, ensevelis au « cimetière de Priscille, étaient les contemporains des Apôtres’. » Et ce n’est pas une de ses moindres raisons pour persuader « aux (( critiques les plus exigeants que la Priscille fondatrice du cime- « tière appelé de son nom, vivait réellement à l’époque aposto- « lique. »

On sait les grandes relations de S. Paul avec Aquila, juif du Pont, comme lui de Cilicie, et la femme d’ Aquila, Prisca ou Priscilla, d’un tel mérite que, quatre fois sur six, elle est nommée avant son mari par S. Paul ou sou disciple S. Luc. Notre sujet nous engage à rappeler ces relations avec toute la précision possible.

Les deux époux étaient à Rome en 47, chrétiens sans doute, quand Claude, d’après Suétone, « chassa de Rome les Juifs faisant « un tumulte continuel sous l’impulsion de Chrest^ », c’est-à-dire par leurs disputes sur le Christ. En 48, S. Paul, sortant d’Athènes, vint à Corinthe, « et ayant trouvé un certain juif, du nom d’Acpiila, originaire du Pont, qui était depuis peu venu d'Italie avec Priscille, sa femme [parce que Claude avait ordonné à tous les juifs de sortir de Rome), il alla chez eux, et comme il était du même métier, il demeurait chez eux et il travaillait : leur métier était de faire des tentes. Et il disputait dans les synagogues tous les jours de Sabbat, faisant intervenir le nom du Seigneur Jésus, cherchant à persuader les Juifs et les Grecs ^ ». En 52, Aquila et Priscille, qui se sont rendus en Syrie avec S. Paul \ sont avec lui à Ephèse, et l’Apôtre écrit aux Corinthiens : « Les églises d'Asie vous saluent. Aquila et Priscille,

plaça les reliques d’ Aquila et Prisca dans l’église du Mont-Saint-Pierre, qu’il fit construire à douze stades environ de l’abbaye de Fulde, avec cette mention dans l’inscription de la façade de l’église \lhid., p. 527) :

Pauli namque hospes Aquila hic et Prisca quiescunt.

En 908^ un oratoire sera dédié par le chorévêque Reginbald dans l’église de Saint- Pierre de Fulde, en l’honneur de divers saints, dont Rome a fourni les reliques. Parmi eux figurent Aquila et Pi'isoille : in honorem. . . SS. Aquiliæ et Priscülæ. iVJaï, Script, veter., t. V, p. 164.

^ BuUetino, 1867, p. 45.

2 Claud., XXV.

3 Act., XVIII, 2-4.

' Act., XVIII, 18.

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avec leur église domestique, vous font beaucoup de salutations* dans le Seigneur : c'est ‘chez eux que je demeure ». Il part, et Priscille et Aquila, qui ont entendu à la synagogue « un certain juif nommé Apollon, Alexandrin d’origine, homme éloquent et puissant dans les Ecritures », qui « avait été instruit de la voie du Seinneur, et, fervent d’esprit, parlait et enseignait avec soin ce qui regarde Jészis, ne connaissant que le baptême de Jean... le prirent chez eux et lui exposèrent avec plus de soin la voie du Seigneur ». L’année suivante {o.l) ils sont à Rome ; et S. Paul écrit aux Romains, en tête de ses nombreuses salutations, cés paroles qui sont le plus ancien des panégyriques chrétiens et peut-être le plus beau :

(( Saluez Prisca et Aquila, mes coopéraleurs dans le Christ Jésus, qui, pour mon âme, ont mis leur cou sous le glaive {à qui je rends grâces, ?wn pas moi seul, mais toutes les églises des Gentils) et leur église domestique'^ '>^. En o6, ils sont retournés à Ephèse, et Paul, captif à Rome à titre de prévenu, écrit à Timothée : « Sahiez Prisca et Aquila, et la maison d’ Onésiphore ®.»

Ces « faiseurs de tentes » paraissent avoir été de riches négociants juifs, ayant des établissements de commerce ou d’importantes relations dans les principales villes de l’Empire romain et dévoués, corps et biens, avec toute l’ardeur du prosélytisme israélite et tout le zèle de la sainteté chrétienne, au ministère de l’Apôtre des Gentils. « Toutes les églises des Gentils », en un mot, qui est de S. Paul, leur rendent grâces, et l’Apôtre des Gentils avec elles.

S. Pierre paraît avoir reçu, comme S. Paul, leurs bons offices. Au Moyen-Age, l'antique église de Sainte- Prisque était tenue pour la maison d’Aquila et Prisca. Eæc domus est Aquilæ seu Priscæ, porte l’inscription qu’on lisait au XY® siècle sur l’architrave de la porte. Le titre de Sainte-Prisque est appelé dans la vie de S. Léon III : tG tulus beatorum Aquilæ et Priscæ. On tenait que S. Pierre avait baptisé en cette maison ; et une petite cuve de marbre, conservée religieusement dans la confession de l’église, offre cette inscription du XIIP siècle ; « BAPTISMV (m) SCI PETRI, Baptistère de

‘ I Cor., XVI, 19.

- R«m.. XVI, 3-5.

s II Tim., IV. 19.

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S. Pierre. » Elle est confirmée par la découverte faite sous Pie VI, do 1775 à 1780, près de Sainte-Prisque, d’un antique oratoire orné de peintures chrétiennes du IV** siècle, presque effacées par le temps, à l’exception de quelques images qui semblèrent être celles des Apôtres ‘ et rappeler particulièrement leur mémoire on ce lieu.

« Il est donc incontestable, conclut de ces données M. de Rossi, que le Titre* de l’Aventin, lequel, dans les documents des quatrième, cinquième et sixième siècles, fut appelé, par une formule laconique, Titulus Priscœ ou S. Priscœ, reçut, au moins dès le huitième siècle, dans une nomenclature plus étendue, le nom d'AquHœ et Priscœ, et il était regardé comme l’emplacement où était fixée, c’està-dire où se réunissait à Rome la u'omestica ecclesia des premiers convertis à l’Evangile, qui fut honorée de la présence de Pierre et de Paul *. »

C’était probablement S. Pierre, arrivé cà Rome en 42, qui avait converti Aquila et Prisca, chassés do Rome en 47, à l’occasion de ce que Suétone appelle les tumultes des Juifs causés par le Christ. En arrivant à Rome, S. Pierre avait logé dans le quartier des .Juifs, au pied du Janicule. 11 semble qu’il soit venu de là à l’Aventin chez Prisca et Aquila, convertis au christianisme, et qu’il ait passé ensuite de l’xVventin dans la rue ou petite région dite Viens Patricius, quartier aristocratique au bas du Viminal, chez ses hôtes célèbres Priscille et les Pudens.

Cette famille romaine était très-liée avec la famille juive. Ce n’est point seulement leur présence au centre du cimetière de Priscille qui le prouve. On entrevoit déjà leur liaison dans la seconde épître de S. Paul à Timothée. En saluant par lui Prisca et Aquila à Ephèse, S. Paul lui envoie le salut « d’Eubulus et Pudens et Lin et Claudia, et tous les frères : » Pudens et Claudia, époux ou alliés actuels ou prochains. Lin, qu’on croit être le futur successeur de S. Pierre. L’archéologie vient de fournir un autre témoignage. En 1776, à l’époque probablement de la découverte de Poratoire orné de peintures chrétiennes du IV° siècle près de Sainte-Prisque, on trouva à Sainte-Prisque même un diplôme de bronze envoyé, l’an 222, d’une ville d’Espagne à Caïus Marius Pudens Cornelianus, clarissi-

’ M. de Rossi, Bulletino, 1867, p. 46.

* L'église érigée en Titre.

* llnd., P 45.

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miim virum, personnage de l’ordre sénatorial, que cette ville avait choisi pour son patron. Ces décrets de patronage étaient exposés dans l'atrium des maisons illustres. Un Cornélius Pudens habitait donc au commencement du IIP siècle au lieu où fut la maison d’Âquila et Prisca, et où les Apôtres, S. Pierre en particulier, seront, comme hôtes de cette maison, l’objet d’un culte spécial. L’identité du nom de Priscille, femme d’Aquila, et de Priscille, réputée mère de Pudens, fait naître dès lors d’inévitables et bien piquantes conjectures.

« J’en suis venu, écrit M. Rossi, à entrevoir de deux choses l’une : ou que le cimetière de Priscille tira son nom non point de la Priscille des Pudens, mais de la femme d’A.quila (appelée tantôt Prisca, tantôt Priscilla) , ou bien que Prisca fut une allVanchie des Pudens et tira son surnom de la matrone de cette maison, comme d’autres afl'rancbis avaient coutume de le faire au premier siècle de l’Empire, et enfin qu’elle obtint une place dans la sépulture chrétienne de ses patrons pour elle et pour les siens. »

Un peut même entrevoir autre chose, c’est que la juive Priscille eut part à la conversion de la romaine Priscille et prit son nom en signe de pieuse clientèle, comme on dit que l’apôtre Saul s’appela Paul après avoir converti, en -44 ou 45, le proconsul de Chypre, Sergius Paulus. Cbtoi qu’il en soit, le nom de Ih’iscille, femme d'Aquila, se rattache intimement à celui du cimetière où elle fut déposée avec son mari. Les Pudens lui donnèrent le nom de cette illustre chrétienne, qui était celui de leur mère, ou peut-être ellemême accueillit les Pudens dans ce cimetière qu’elle créa, et qui prit le nom d'une héroïne vénérée dans le monde entier.

En toute hx'pothèse, « Prisca et Aquila, » pour les nommer comme fait saint Paul aux Romains, vim’ent de leur vivant en ce cimetière, où ils furent déposés après leur mort. Ils y vinrent chez eux ou chez les Pudens, leurs amis intimes dans le Seigneur et leurs futurs compagnons de sépulture, pour célébrer par le sacrifice eucharistique les anniversaires des défunts de leurs familles ou de leur société, dont plusiem’s, même avant Néron, — l’édit de Claude en 47 nous le fait entrevoir, — durent plus ou moins souffrir pour le Christ. Divers critiques ne placent-ils pas la vierge martyre Prisca dès ce temps? « V église domestique » que saint Paul nous montre chez « Prisca et Aquila, » et que nous avons reconnue au Mont-

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Avontin, nous apparaît donc aussi au cimetière de Priscille ; et le texte de saint Paul porte jusqu’à ces catacombes son trait ravissant do lumière : Salutatc Priscam et Aquilam... et domesticam ecclesiam eoriim.

Je devais faire connaître d’un peu près les fondateurs et premiers occupants du cimetière do Priscille, que nous allons trouver à la cappella greca, objet de notre étude, ou tout auprès. Voyons maintenant la topographie de cette chapelle.

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