‹ Les antiquités chrétiennes rapportées à la Cappella GrecaChapitre 62 sur 129 · LA CAPI'ELI.A ÜRECA · texte numérisé non relu

LA CAPI'ELI.A ÜRECA

chi dans la croix, et tout devient correct et limpide. C’est là manifestement la vérité dont S. Augustin n’a pu faire l’analyse, mais nous a livré de la manière la plus piquante tous les éléments, pour que nous fassions cette analyse nous-mêmes.

Avec cela, on dirait que S. Augustin a eu le souvenir ou quelque intuition de l'antique tradition faisant du monogramme du Christ le signe du Christ, puisqu’il écrit du chrétien marqué du signe du Christ : « L’homme est la monnaie du Christ. Là est l'image du Christ, •< là est le nom du Christ, la fonction du Christ et les offices du « Christ — Moneta Christi huma est. Ibi imago Christi, ihi nomen « Christi, mu?ius Christi et officia Christi *. » En déclarant que la croix est le signe du Christ, S. Augustin voyait donc dans cette croix son monogramme, le X; et, tout en expliquant autrement qu’à Rome ou à Constantinople la tradition sur le signe du Christ, ce docteur africain la continuait, en somme, tout entière.

Mais la croix primait de plus en plus le monogramme dans le signe du Christ et allait, pour ainsi dire, l’effaçant. On le voit bien dans S. Cyrille d’Alexandrie.

Répondant à Julien l’Apostat qui accusait les chrétiens de dessiner sur leur front et sur le devant de leurs maisons «le bois de la croix, » il ne voit pas autre chose dans le signe dessiné que ce « bois salutaire, » principe et enseignement de toute vertu Parlant du vieillard Siméon et de sa fameuse prophétie, il dit : « il appelle signe « auquel ou contredira la croix précieuse, àvTiXaYÔ[i£vo> os cr,psiov -lov

« Tiijuov ôvoaaÇsi cTaucôv »

Cette prédominance de la croix, comme signe du Christ, s’étendra partout au cinquième siècle. S. Cyrille d'.Xlexandrie est mort en 444. S. Maxime, évêque de Turin, qui assistait au concile de Milan eu 451 appelle expressément, comme S. Augustin, la croix « le «signe du Seigneur ». « La croix du Seigneur, dit-il, c’est par ce « signe du Seigneur, que les uautonniers gagnent en sécurité le « port du salut..,. C’est par ce signe du Seigneur, que les enfers « mêmes sont ouverts ; car depuis que cethomme, le Seigneur Jésus,

1 Sermo XC, 10.

^ Contra Julia7i., 1. M; Pair, grœc., t LXXVI, col. 706.

* Homilia XII In oceursum T). N. J. C.; Pair, grœc., t LXXVH, col, 1048-9.

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