I.A C.U’l'ELLA bllKCA
« qui portail la rroix a été enseveli dans la terre, la terre fendue « et comme labourée par lui a fait germer les morts retenus « dans son sein — Crux Domini... hoc dominico seciiri signa portum
sa ht lis petunt.... Hoc, inq nam, dominico etiam reserantur in- « ferna »
« Le signe du salut, » c’est le nom que Seduliiis, l’auteur du Chant Pascal, à qui Tliéodose-le-Jeune a dit do consacrer au Christ la lyre do Virgile rendue meilleure et douée d’un sens divin s’est complu à donner à la croix, « supplice, dit-il, dont le Christ a fait « le signe du salut, »
Suppliciumque dédit signum mugis esse salutis
Il célèbre « la vie ramenée par le secours do la croix seule, »
Vitamquv rcductam
Unius crucis auxilio ^ ;
Et il décrit dans ces vers vraiment épiques le règne de la croix sur l’univers que ses quatre branches enveloppent, soutiennent et vivifient :
Neve quis ignoret speciem crucis esse colendam,
Quœ Dominum portavit ovans, ratione potenti Quatuor vnde plagas qnadrati colligit orbis.
Splendidus auctoris de verlice fulgct Eous,
Occiduo sacrœ lambuntur sidéra plantœ,
Cunctaque de m mbris vivit natura creantis Et entee complexum Christus régit undique mundum.
a Et pour que personne n’ignore que l’image de la croix doit être honorée, elle qui triomphante a porté le Seigneur, elle réunit, par un procédé puissant, les quatre plages du globe. L’Orient splendide lance des feux de la tête de son auteur; les astres sont effleurés par l'Occident de ses pieds sacrés; sa droite tient
‘ Homil L; Pair, lat., t. LVII, col. 341-4.
- dignare Maronem
Mutalum in melius, divino agnoscere sensu Scribendum famulo quem jussisti.
id Theodosium Augustum dedicatio.
* Carmen pascale, v. 185.
* Ad Theod. Aug. ded c.
LA CAPPELLA GREC A
le Septentrion ; sa gauche élève l’axe du Midi ; toute la nature vit des membres de celui qui la crée, et le Christ régit de toutes parts le monde qu’il embrasse C ))
Nous ne pousserons pas plusloin l’exposé des textes des Pères relatifs au signe du Christ. 11 est évident qu’au cinquième siècle la croix est considérée comme ce signe et qu’il en sera ainsi désormais. Tout souvenir du signe primitif ne disparaîtra pas cependant de l’enseignement. S. Augustin aura des imitateurs. On observera que le chi et la croix sont identiques de figure et on invitera ainsi à voir le chi encore dans la croix même. Nous trouvons en preuve deux textes attribués l’un à S. Jérome, l’autre à S. Isidore de Séville par Juste- Lipse ^ mais qui ne figurent pas dans leurs œuvres authentiques et sont;, sans doute, des additions d’anciens copistes. « Decussare, « aurait dit S. Jérôme, c’est couper par le milieu, comme si deux « lignes droites se rencontrent pour dessiner la lettre X qui est la « figure de lu croix, ad specicrn Uüeræ X, quæ fiqura est crucis. » — <( La lettre X, aurait dit à son tour S. Isidore, désigne en figure la (( croix et en signe numérique le nombre dix, X littera et in figura (( criicem et in numéro decem demonstrat. » Ces deux textes, qui semblent inspirés par S. Paulin, sont des échos manifestes de la tradition primitive.
Elle devait naturellement mieux persévérer sur les monuments matériels où les types sont reproduits d'âge en âge, en dehors plus ou moins de leur explication dogmatique. C’est ce qui est arrivé eu effet pendant des siècles et jusqu’à nous-mêmes.
‘ V. 189-94 Nous avons déjà vu dans S. Hippolyte (col. 777) cette orientation remarquable de la croix. Elle semble faire allusion au titre d’Orient, ecce vir Oriens, donné par le prophète Zacharie au Christ (VI, 1?) et au mot du prêtre Zacharie : Dieu nous a visilês se levant d'en haut, Oriens ex alto (Luc , I, 78). Mais peut-être fait-elle aussi allusion à la situation qu’on croit avoir été celle du Christ sur la croix. Gomme condamné, il tournait le dos à la Ville-Sainte, regardait notre Occident et Rome, la future Jérusalem, et avait le Nord à sa droite, le Midi à sa gauche.
- De cruce libri très, 2“ editio. Antuerpiæ, 1595, in-8®, p. 27. Il renvoie pour S. Jérôme à In Hierem., cap. XXXI; pour S. Isidore à lih. I. Orig., cap. III. Yallarsi ne donne pas le premier texte. Arevalo rejette positivement le second.
REVUE DE L'ART CHRE'l'iEL
L'KEiCA
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