‹ Les antiquités chrétiennes rapportées à la Cappella GrecaChapitre 85 sur 129 · III. Une dernière question se présente ici · texte numérisé non relu

III. Une dernière question se présente ici

L’Orante féminine, avons-nous dit, est l’Orante ordinaire ; l’Orante masculine, Uexception. Comment cela, puisque le nombre des défunts est égal en somme à celui des défuntes ? Il n’y aucune difficulté si l’on voit dans l’Orante, Susanne, c’est-à-dire l’Eglise, marquant de son image comme le Bon-Pasteur, Noë, Jonas, Daniel, les trois Hébreux ou tout autre symbole du Christ ou de l’Église elle-même, la tombe du fidèle, en proclamant son espérance et déjà son entrée dans la béatitude. C’est ainsi qu’on peut interpréter ces femmes Crantes sur des tombes d’hommes. Mais ne peut-on leur donner que cette interprétation? M. de Rossi a écrit en 1867 :

(( Comme l’on a observé que les femmes en prière sont en beaucoup plus grand nombre que les hommes et les enfants, je dois faire observer à mon tour que quelquefois la femme Orante fut employée comme symbole de l’âme, sans distinction de sexe. C’est ainsi que dans le singulier médaillon retraçant le martyre de S. Laurent, nous voyons, au-dessus du corps du diacre etendu sur le gril, s élever vers le ciel l’image d’une jeune fille en prière, dont la tête est couronnée par la main divine sortant d’un nuage 11 est clair qu’içi l’Orante personnifie l’âme d un saint.

‘ M. de Rossi, Rom. soit., t. 111, tav. I-Il.

^ Lupi, Opéré postume, t. I, p. 197 etsuiv. — Ici, pl. XI, 39.

LA CAPPELLA GRECA

Et nous en avons une preuve parlante dans les Actes du martyre de sainte Cécile, où nous lisons que, à peine Valérien et Tiburce furent-ils décapités, le gardien Maximus vklit egredientes animas eorum de corporibiis quasi virgines de thalamo *.

Parlant do deux épitaphes trouvées sur les confins ou àl’intérieur du cimetière de Balbine, au nord de celui de Saint-Calixte, épitaphes qu’il croit antérieures à Fan 340, il ajoute, l’année suivante, relativement à cette théorie :

« Chacune des deux épitaphes en question semble avoir été décorée de lamême scène symbolique, la femme en prière entre deux oliviers, emblème du jardin céleste de la paix éternelle. Sur l’épitaphe d’Arission, il ne reste que la cime d’un de ces arbres ; celle de Césidius Faustinus conserve dans son intégrité la scène de Vorante voilée, entre les deux oliviers Or il importe d’observer ici que l’épitaphe ne parle d’aucune femme ensevelie sous la pierre, maisdu seul CésidiusFaustinus. Voici le texte suppléé d’une manière conjecturale, mais dont la partie essentielle est certaine : CAESIDIO FAVSTINO GYRIAGa fecü 6eNE MERENTI CONIVGI GVM Qvovixit a;m.XXVIIl D...60NAE ANimae in PAGe Il s’ensuit donç que la femme en prière, qui symbolise l’âme accueillie au ciel, est, dans le cas présent, figurée sur la pierre sépulcrale d’un homme. Ceci vient à l’appui des raisons indiquées dans le Bulletm de l’an passé, p. 85, lesquelles nous induisent à croire que quelquefois cette figure de femme est l’image symbolique de l’âme, sans distinction de sexe: elle est ici la représentation figurée de la formule écrite sur l’épitaphe : Bona anima in pace

On peut douter, non sans raison, que la femme Orante^ qu’on voit sur la tombe de Cœsidius, soit son âme. Comme elle ressemble entre les deux arbres, à la Susanne que nous avons reconnue ainsi tant de fois au milieu des vieillards, et même sans eux, sur deux fonds de coupe et sur la cassette de Brescia ^ ! Que c’est bien, les arbres à part, rOrante du cycle biblique sur laquelle la coupe de Docléa nous a fait lire SYSANA M 11 se pourrait qu’il n’y ait ici que l’image de

* « Maximus vit leurs âmes qui sortaient de leur corps comme des vierges de « leur chambre à coucher. » — Bulletino, 1867, p. 85.

^ Bulletino, 1868, tav. II, 3. — Ici, pl. XVI, 15.

® « A Cœsidius Faustinus son époux bien méritant Cyriaque, a fait. Elle a vécu « avec lui XXVIII ans . , . jours. A une bonne âme! En paix. »

* Bulletino, 1868, p. 13.

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