‹ Les antiquités chrétiennes rapportées à la Cappella GrecaChapitre 92 sur 129 · TIBI . BENE . DICTE · texte numérisé non relu

TIBI . BENE . DICTE

Julius de Tarse a Gaia Secundina, épouse très-douce. Paix ! — A Aurelius Varus. Très-doux et très-reyretté époux, Paix à toi, béni! Ce nom Tarsahec, estropié par le graveur, doit être dérivé d’un adjectif grec venant de Tarse, la patrie de S. Paul. Pax est le salut du Christ ressuscité aux Apôtres, celui de l’évêque aux vivants et aux morts, venu à nous, pour ceux-ci, sous la forme dérivée In pace. Bénis du Père céleste est le nom donné par le Christ à ses élus, et que se donnaient mutuellement les premiers chrétiens, comme on le voit dans les lettres de S. Ignaee aux Éphésiens et aux Magnésiens. L'épouse de Varus salue son mari dans le paradis où il l’attend.

En H 10 est un troisième Pierre, IlETROC, qui a vécu quinze ans, cinquante et mi jours, et un Agathangelus (Bon-ange), inhumant sa fille Rufine, le même probablement que nous trouverons en D, inhumant une de ses filles. Le passage en face avait en h” l’épitaphe peinte en rouge sur deux tuiles d’un AAKXIAC, Lancianus, avec la palme. Entre 9 et 12 a été trouvé à terre un marbre portant en lettres élégantes, mais non du type priscillien : MARCELLVS QVI ET EXSVPERIVS, Marcel appelé aussi Exupère ; au pavé est attachée encore cette épitaphe : « AGAPE VIVAS IN DEO, Agapé vis en Dieu, formule de souhait non trouvée encore dans les anciennes épitaphes de l'étage supérieur et qu’on rencontre dans celle de l’étage inférieur. Vers H 9 des fragments de première antiquité montrent une Primitiva, un Puvip(o}iius)'!, une El(ecla) ?, un Clé(men^) (?), une Elpizusa, avec l’ancre, un Januarius. Un Statius Septimius Bassus, des ancêtres sans doute du consul de ce nom en 317, apparaît en grec, d’une époque moins reculée, mais cependant ancienne, le nom de son fils Parlhius Paulus étant à l’accusatif absolu. A la paroi H 8 est en place, peinte en rouge sur tuile, l’épitaphe : MM SILVIN. FRT, près de laquelle, dans le couloir i, nous avons lu SILVINA SOROR, personne évidemment de la même famille. Rapprochant cette épitaphe des épitaphes voisines, celle de Vericundus que nous avons vue, celle de Justinus que nous allons voir, où M domine ou précédé le nom du défunt, M. de Rossi arrive à lire : (duo) MM {mai'iyres) SlLVINi ou SIl.VlNîa/ii FRT (fratres), Les deux martyrs Silvinus ou Silvinianus frères. Et peut-être faut-il lire à côté : Silvina (leur) sœur. Près de là, gisaient en cent morceaux de très belles plaques de marbre. L’une d’elles, portant deux très grandes colombes, gravées avec une

APPENDICE

élégance et une finesse rare et peintes en rouge — l’un des plus anciens exemples connus de la colombe comme marque chrétienne — , fait lire en grec cette inscription : A Flavia Ar'cas Chêra, qui a vécu 8o ans, mère trèsdouce, Flaoia l’Iieophila (Aimant Dieu) sa fille a fait. Une seconde présente en grec un Emilius et une Emilia Sancla ; une troisième de même, une Soteris Emilitris (?) ; une quatrième, un enfant de quatre ans, aux trois noms * ....? Claudius Epictetus, alumnus très-cher, qu’a inhumé sa patronne Canneia Satarnina, et qui, esclave ou plutôt atïranclii, comme presque tous les alumni, arec^u le nom de Claudius du mari àn Saturnina ; uno. cinquième, une ELia nourrice, nutrix, (titre équivalent probablement à patronne) bien méritante, inhumée par son alumnus ou son alumna ; une sixième, une alumna bien méritante; une septième, un très-fidèle, bien méritant ;

une huitième, un KLYmnus encoi'e probablement et sa patrOnh. ; une huitième, une auRELlA. Que d'enfants élevés, j’allais dire que d’enfants trouvés dans ce petit coin, et que de dames patronnesses inspirées par les Vincent de Paul du second siècle !

A la paroi H 7, un bisôme, fermé par des tuiles, présentait en lettres rouges les noms d’oiyMPlA etd’onESIMV, rappelant Olympiade que S. Paul salue à Rome, et Onésime que l’Apôtre, étant dans les fers, baptisera Nous retrouverons ce nom d’Onésime en C. En face d’H 6, 7, dans le couloir h', des briques attachées aux loculi font lire en grandes et belles lettres peintes : ZUSIME... — ... FLAVIA EVFROSi/ne — .... EIRIINr] — IVNIE FIAE(/t?Lt') ; une brique tombée : STEFA/ius; une plaque cémétériale gravée, de date plus récente : ... LIA REUEMPTA .... AE EVPORIAE filiæ? DVL- CIS6IMAE. Ce sont ici des Eiia ou des Aurélia. Une d’elle tient son surnom de Redempta, Rachetée, de la Rédemption chrétienne. En H 4, deux loculi rompus gardent sur des restes de briques : EVTICI...., et V..,., avec l’ancre oblique; un troisième, sur la chaux qui l’a clos : fellX. ROM... Le couloir h nous offre les plus précieux monuments. En I, sur trois briques, est peint, en très belles lettres rouges, du type de celles des programmes électoraux à Pompéi, ce nom de famille POMPONIVS ; dans le loculus au-dessus, sur deux briques, en lettres pareilles mais moins belles ; SABINAE BEATAE l’épithète de « bienheureuse, » que nous trouvons poui’ la troisième fois appliquée à une femme, indiquant seulement la confiance où l’on est quelle jouit de la vie éternelle, vu son innocence pareille à celle de l’enfant à qui l’exclamation : « Bienheureux ! est adressée dans l’artère voisine. En face, la paroi 2 contient, entre autres, quatre loculi, dont un, ouvert, a sur brique ce surnom èAIIIC [Espérance). Ce plus bas des trois autres a gravé sur marbre: FORTVNATA MATER PHOEBIANAE FILIAE ; et au-dessous, entre deux ancres droites gravées aussi, cette répétition, moitié grecque, moitié latine, faite au pinceau FVlBIAN'iT (Phœbianeti) FIAIE (filiæ) AOYAKICICIM (dulcissimæ). C’est la troisième Phœbe que nous rencontrons ; et l’on dirait que ce nom tient à s’associer en ce cimetière, comme dans l’Épitrc aux Romains, à ceux d’Aquila et de Prisca. Le loculus

* Rom. XVI, î5; Philem. 10.

* Bullet. 1881, tav. VII, 4.

B16 APPENDICE

supérii'ur fait lire, gravé en belles loUros, mais d’un petit module ; FELl- CISSIMA. HIC POSITA EST, Felicissima a été déposée ici.

Le troisième loculus, plus élevé encore, a gardé sur trois briques cette inscription peinte au minium :

ZOYCTI

Page 1