‹ Les antiquités chrétiennes rapportées à la Cappella GrecaChapitre 93 sur 129 · NOC · texte numérisé non relu

NOC

La troisième brique est brisée ; le fragment qui manque contenait probablement la palme ou l’ancre qui figurent sur les inscriptious de cette série. Faut-il lire : Map/.o; 'louaiivo;? « Ce serait une chose étrange dans les inscriptions de cette famille, écrivait en 1887 M. de Rossi, que le prénom joint au surnom sans le nom de famille ; et cette anomalie se rencontrerait encore dans l’épitaphe voisine où la sigle MM, précédant les lettres SIL VIN. FRT, se lirait duo Marci Siiüini ou Siloiniani fratres. Mais l’épitaphe dé Vericundus, appartenant au même lieu, nous enseigne manifestement que l’M isolé y a une valeur autre que celle de l’initiale du prénom... Il me semble qu’il faut appliquer également l’interprétation [martyr de l’M) à M ZOVCTINOC.. Je lis donc : Mâp-jp To'j^tîvoç. » Le 20 mars 1888, au cimetière de Priscille, devant les RR. Abbés de Solesmes, de Ligugé, de Marseille et moi-même, M. de Rossi n’hésitait pas à voir ici le grand apologiste et martyr du second siècle, de la fête duquel Léon Xlll a enrichi toute l’Église en 1882, S. Justin. Après avoir enduré à Rome le fouet, bien que citoyen romain, il fut décapité, vers l’an 167, avec ses disciples Evelpiste, lerax, Cariton, Caritana, Péon, Libérien. « Certains fidèles, enlevant secrètement leurs corps, les placèrent en lieu convenable *. » Ce lieu est couvert du secret dans les Actes du martyre, recueillis au lendemain même ; et aucun Martyrologe ou document quelconque n’indiquera plus tard en quel cimetière S. Justin a été déposé. Un martyr si célèbre ne jouira d’aucun autre culte que celui de son souvenir, à la paix de l’Église. C’est que sa tombe, placée ici au-dessus d’autres tombes, portant toutes ie cachet du temps où il a vécu, ne tardera pas à être cachée avec elles par les murs de renfort construits dans le cimetière. Si zélé pour orner les tombes des martyrs, S. Damase cherchera en vain celle de S. Justin. Et voilà que M. de Rossi, ayant eu, en 1880, l’heureuse inspiration de rompre ces murs, voit et nous fait voir ce que S. Damase n’a pas vu ! Ainsi s’explique ce fait si étrange à première vue, « que les dépouilles des martyrs, expressément reconnus comme tels sur les épitaphes de leurs tombeaux, aient été comme oubliées et négligées au cimetière de Priscille, quand, à l’époque de la paix et du triomphe de l’Église, l’amour qu’on portait aux confesseurs de la foi et le culte de leurs reliques vénérables transformèrent leurs pauvres locuLi primitifs et leurs étroits hypogées en nobles sanctuaires, très ornés et fréquentés par de pieux visiteurs de toute nation «

> Bullet. 1881, tav. VII, 3 ; 1886, p. 85. * Acta, Pair, græc., t. VI, col. 1572.

» Bullet,, 1886. p, 109.

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