TE IN PACE
Ancre droite r.i.^i^ *
en forme de flèche.
Colombe
* Paedag., 1. ni; Patr. gr., t. VIII, col. 681.
* Rom. aotty 1. 1, tav. VIII. Le symbolisme des poissons reste indépendant. » Voir pi. XI, 52.
* Bulletino, 1875, p. 63.
350 ^ CAPPELLA GRECA
paraît devoir se lire : « Agapète dans la paix de Jésus-Christ, » S. Pierre disant : Dieu anno7içant la paix par Jésm-Christ^ et la colombe qui désigne d'ordinaire le Christ *, servant ici de complément ou de doublure à Tanpre. Mais les crochets de l'ancre sont presque toujours étendus en forme de bras; et, soit que Fancresoit droite avec les bras en bas comme dans Tépitaphe de Pactumiaet de Flavianus, ou les bras en haut conmie dans celle de Livia Primitiva, soit qu'elle soit couchée, il en résulte une figure rappelant bien suffisamment le tau, le chi et la croix, et représentant ainsi le nom du Christ. L'épitaphe de sainte Philomène '
rrœ-. PÂX TECVM FILVIEM
Ancre couchée. Ancre couchée.
se lit donc naturellement : PAX [Christi) TECVM FILYMENA (Christi), Le rameau d'olivier, image de la paix, sert de pléonasme et d'illustration à PAX ; et, Filumma étant un nom propre fait d'un participe grec qui signifie bien-aimée, il semble vraiment qu'il y a un jeu d'esprit sur ce nom et qu'il faut interpréter cette antîcjùe, cette sainte, cette mystique épttaphe de cette manière : « La paix du Christ, avec « son rameau d'olivier, soit avec toi, Philomène (Bien-aimée) du « Christ. » Cette interprétation a dû venir à l'esprit de plus d'un de ces anciens chrétiens, aux pensées si profondes, si subtiles, si délicates ; et à coup sûr il est légitime, à la lecture de son épitaphe, de saluer ainsi la virginale Epouse du Christ et sa glorieuse martyre, aux abords de la cappella greca.
On a ensuite subtilisé tout naturellement sur* les deux traverses de l'ancre, celle jointe à l'anneau, celle portant les crochets, qui se trouvent ordinairement aux deux extrémités de l'haste. On a rattaché à l'une le nom de Jésus, à l'autre celui de Christ. Ainsi avonsnous lu ces deux noms, IHCOVC, XPEICTOC sur la traverse supérieure et sous l'inférieure de l'ancre droite gravée sur une gemme, deux poissons se jouant entre les deux en « Jésus-Christ. i» On a en-
» Act. X, 36.
« Tertullian., Adv. Valent. y III; Prudent., Cathemerinon^ III, v. 166; etc.
» Ici pi. XI, 43.
LA CAPPELLA 6BBGA 354
fin détaché la traverse qui était unie àFanneau^etla mettant au milieu plus ou moins de Vbaste de Tancre, on a obtenu cette ancre de fantaisie et purement graphique qu'on nommQ cruciforme et qu'on aurait pu nommer aussi bien chiforme. Elle accentue mieux à la fois le chi et la croix, ne différant du + ou X que par les extrémités de la figure *. Sur une gemme déjà citée, elle porte ces deux légendes I H, JésuSy et X B, Christ, Dieu, la première pouvant se rapporter plus spécialement à Tbaste faite en ], la seconde au X^ que la figure fait suffisamment reconnaître.
C'est ainsi que l'ancre n'est qu'une variation et une amplification du signe du Christ^ le chi, son monogramme dessinant sa croix. C'est en même temps une dissimulation mystérieuse de ce signe, naturellement inspirée après la persécution violente de Domitien, sous la persécution savante de Trajan, au commencement du second siècle. Dans le courant de ce siècle elle se répand de toutes parts; et bientôt nous lui trouvons adjointe — le sarcophage de Livia Primltivaen est la preuve — tme seconde variation du même signe qui ne sera pas moins célèbre, le poisson. Nous avons vu deux poissons, représentantles fidèles, accourir à l'ancre, qui représente le Christ. Voici maintenant le poisson représentant le Christ lui-même.
rv. Le poisson, symbole du Christ, procède du chi et de l'ancre à la fois.
Au nom nouveau du Rédempteur, Christ, s'unit à chaque instant dans les écrits apostoliques, son ancien nom Jésus, Pierre, apôtre de Jésus-Christ, écrit le Prince des apôtres en tête do la première encyclique des souverains Pontifes *. Les initiales grecques de ces deux noms, I et X, sont les deux lettres initiales d'IX^YS, Poisson, La troisième, 0, l'initiale de BetJ;, Dieu, devait se joindre facilement aux deux premières chez les fidèles, dont la proclamation du Christ comme Dieu était le grand acte de foi. « Le Christ, écrit 9. Paul aux « Romains, qui est Dieu par-dessus toutes choses, 6 Xpiatà;... ôwv éit\ « TcdfvTwv ôed<T *. > Nous vouons de voir sur une gemme, à côté du nom de Jésus, indiqué par ses deux initiales, ces deux lettres, X 0, si-
« Voir pi. XI, 46, 47, 52.
* I Pet., I, i.
« Rom., IX, 5, 6.
352 LA CAPPELLA GRECA
gniflant « le Christ Dieu. » Une inscription de nos Gaules, l'épitaphe d'une jeune Me, déposée au cimetière dit de la Chapelle-Saint-Eloi, sur le territoire d'Evreux, au IV' siècle environ, porte en tête, à la place ordinaire du D(iw) M{anibus) des païens et du monogramme du Christ des fidèles, ces trois lettres :
ixe
« Jésus-Christ^ Dieu *. » De là à TIXOTS, il n'y a que la distance du corps d'un mot à sa terminaison. On était poussé de deux côtés à franchir cette courte distance. Les deux dernières lettres donnent ces titres si évangéliques de « Fils de Dieu » et de Sauveur » à « Jésus- « Christ, Dieu ; » et le nouveau titre de « Poisson, » qui est le mot grec des cinq lettres unies ensemble, convient à merveille au Christ, qui a inauguré sa mission par le baptême de Teau et Ta couronnée par celui du sang, ce baptême de son sang, terme des ardeurs de sa charité, qui le faisait s'écrier : // est vn baptême dont j'ai à être baptisé^ et combien je me sens pressé jusqu'à ce qu'il s'accomplisse * / Double baptême qui est le fondement de notre salut!
D'autre part, l'ancre appelait le poisson. On les trouve ensemble sur les monuments païens %* et les monuments chrétiens témoignent de l'adoption empressée de cette parenté. Une gemme nous a montré un dauphin, le roi des mers, enroulé autour d'une ancre *, comme les monuments païens le montrent enroulé autour du trident, sceptre des mers, donné à Neptune "*. Une autre nous a présenté un simple poisson, collé à la hampe d'une ancre •. On lit autour des deux : € ixers, Poisson. »
Aussi, vers la Bn du second siècle, trouvons-nous le titre d'IX0TS, Poisson, donné expressément au Christ. « Nous les petits a poissons selon notre Poisson Jésus-Christ, secundum 'Ixôîîv nostrum « Jesum Christum, nous naissons dans l'eau et nous ne somçies sau- « vés qu'en demeurant dans l'eau, » écrit Tertullien dans son traité du
^ M. F. Lenormant, dans les Mélanges d'archéologie, t. IV, p. 120.
* Luc, XII, 50.
» BulUtino, 1870, tav. IV, 7.
* Ici pi. XI, 48.
* Bulletino, 1870, tav. IV, 7, 8.
* Dulletino, 1870, tav. VII, 2.
LA CAPPELLA 6RBCA 3S3
Baptême, avant Tan 200 \ L'inscription grecque d'Autun qui appelle le chrétien « race divine du Poisson céleste^ » en le faisant souvenir de son baptême, et en l'invitant à réchauffer son âme avec les eaux qui coulent en permanence de la Sagesse et à manger avec avidité la manne des saints, TEucharistie, « le Poisson » qu'on reçoit dans les mains, celte inscription a ses cinq premiers vers sur Tacrostiche de riXOTS *. Elle respire le temps de S. Irénée, et, à coup sur, eile est antérieure à la paix de TEglise. Mais voici des vers plus anciens, offrant non-seulement Tacrostiche de riXOVS, mais en tête de vingt-cinq vers toutes les lettres des cinq mots sacrés rattachés à
rixers : « msors xpeistos eeor nos suthp, Jésus Christ dece Dieu Fils Sauveur. » Ce sont les vers que Constantin citera dans son Discours à l'Assemblée des Saints, le jour anniversaire de la Passion du Christ, comme étant de la sibylle d'Erythrée et antérieurs à Jésus-Christ ^ Son erreur prouve évidemment leur antiquité relative. Us « datent, selon toute apparence, de Tan 170 ou 180 après « Jésus-Christ, » dit, après le docte éditeur Alexandre, M. Martigny *. M. Egger les faitremonter jusqu'au commencement dusecond siècle \ Oa en place la composition à Alexandrie. Qu'ils aient donné lieu au symbole du Poisson, représentant le Christ, et à son complexe et précieux arcane, ou qu'ils l'aient — ce qui me parait plus probable — pris en cours de circulation et propagé, toujours est-il que ce signe du Christ est pleinement adopté à la an du second siècle, et qu'à cette date son sens mystique même est parfaitement arrêté et expliqué.
Une gemme montrera le Bon Pasteur coiffé à la manière d'Orphée, rapportant sa brebis au bercail, arrivant sous l'ombrage qui semble se porter vers lui et fêté par son chien, avec un poisson ai|x pieds et I^
* De Bapiismo, I.
* Son E. le G*^ Pitra, Spicil, Solesm., t. I, pi. I, p. 554. — Pai résamé et discaté les divers travaux faits sur cette célèbre inscription dans le Monde des 14, 15, 28 mai, 20, 28, 30 juin 1873. Son Em. reprend la question dans le II* vol. des Analecta sciera qui est sous presse.
» Patrol. grœc, t. XX, coU 1288.
° Article sur les Oracula sihyllina de M. Alexandre, 2 vol. in-8<^, 1856, dans le Journal de l'Instruction publique du 10 mars 1858.
I3!$4 ^^ CA7PBUA GHBCA
l^gimde lX«ro&, àus lettres éparses dans le cban^ ^ Le Bon PdsMIr feBt doiïc le Poissùn^ c'est-à-dire Jémâ-C&rist Fils de Dieu, Sauveur. Mais unfe cornaline tarouvée de nos jWFrs et déposée au musée KîrthtT, que sa fine gravure ne permet pas de faire descendre au-dessous du second siècle nous présente déjà TIXOITS accompagné â'^n merveilleux commentaire md^umental, qui jette sur tout notre sujet du signe du Christ une complète et ravissante lumière '.
Sous ri, indiquant dans 'ixers le nom de Jénts, esttme ancre droite offrant aux extrémités de là hampe deux traverses et attx *c6tês deux pofèsons qui, montant et descendant, se jouen^t autour : ùnâre de F-êfne.,. pénétrant jusqu'à Fintérieur du voile (du ciel) ot/ JéBus est entré pour notts en précurseur*. Geiie ancre avec sa traverse supérieure, offre la figure du tau. k cAté, H tout semblable, est le tau même, la croix ou potence antique : on la voit droite sur le -dds d'un agneau debout, devant le<^6l est ttti X. Cet agneau, c'est le Christ; et une colombe^ ^perchée sur la croix et tenant le rameau d'olivier au bec, figure manifestement ITsprit Saint qui lui apporte lV)tiction et en partîculieîr cette onction i^prème de la résurrectioïi dont S. Pierre a dit aux Juifs, le jour de la Pentecôte : Ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l'a fait Seigneur et Christ *. Plus loin, à droite de la gemme, sur une petite éminence, est le Bon Pasteur portant sa brebis. Derrière lui on lit : te i^T, Fils de Dieu. » C'est le « Fils de Dieu, » remonté au ciel avec sa noble conquête. Devant luieét un poisson, traversé d'un obèle. Le poissoti, ny.ôu<r, est « Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur. » L'obèle, qu'on retrouve avec le poisson sur un monument du cimetière de Prîscille *, rappelle ce poisson totis sur des charbons et accompagné d'un pain, prunàs positàsi^t piscerh Superpositum et panem, que le Christ ressuscité servit miraculeusement à ses Apôtres, sur le rivage de la
* Novelle Jetiemrie. Wlrertze, 1775, p. 599. — Hieroglypta, p. 1.
' Il crocifisso grdfilo'ih cttsa dei Cesari ed fl tfimbolUmo cristiano in una cor" niola dél secùfidJb ttcolo, rhoflumenti due deehxàrdti dal P. Raffaeîe Garueci délia Compagnia di Gmù. Articoli estratti dalla Cimltà eattolica, Roma, 1857, p. 21. ^ Ici pi. XI, 45. La copie a six fois la grandeur de rotiginal.
' Hebr., VI, 18, 19.
* Act., n, 36.
» Aringhi, t. II, p. 678.
LA CAVVWLA GRBCA ZS^
m&rûe Tibériado ^ : poisson en <|Qi les Pères (yort vu justement }e Xlhrist immolé — piscis assus, Christus estpasstis ■ — et <jui^ comme le pain, est le symbole de TEucharistie. Enfin, devant le Bon Pasteur, derrière TA-gneau portant sa croix et au-dessus du poisson, est au milieu de la gemme, une arche noétique, avec son gouvernail et ses rames, ayant comme mât un troisième km^ une troisième croix. Au-dessus est le sigma retourné, 3, selon le mouvement circulaire de rinscription. Il signifie « Sauveur. » C'est dans Tardie noétique, c'est-à-dire dans rEgUse, que le Christ, justement figuré par cette arche même, nous sauve, en nous plongeant après lui dans les eaux du Baptême. L'arche^ dit S. Pierre, dans laquelle peu d'âmes, à S€^ozr, huit, ont été sauvées au milieu de teau; est maintenant ie Baptême vous sauve semblablement ^.
Tout « le symbolisme chrétien » est condensé sur cette antique cornaline ; et Ton voit, pour ce qui nous concerne, que le poisson comme Tancre est une simple variante développée du signe du Christ, X. On le trouve ici devant la figure centrale, celle de l'Agneau debout comme immolé, objet principal de cette vision épique du tiiomphe de « Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur, » qu'on nomme l'Apocalypse *.
Le sarcophage de Livia Primitiva, voisin de k tombe de S. Pierre et datant presque des temps apostoliques, démontre encore ce fait '^. Bes deux côtés du Bon Pasteur qui court rapportant une brebis sur ses épaules et que deux brebis accompagnent sur le chemin du salut, sont une ancre renversée, rappelant le tau, et un poisson droit ayant la tête en haut. Ce sont évidemment deux synonymes symboliques du Christ et comme son double blason escortant l'image de sa personne. Le dirai-ge? Ume semble que dans cette triple image symbolique du Christ il y a une allusion à la Trinité divine. A quatre siècles de là, sur la tombe de Chaletricus, évéque de Chartres, et à la fin du septième sièdesur celle d'unnomméTrasemirus.nonloin
» Joan., XXL 9.
* Aphorisme du V. Bède, In cap. XXI Joan. d'après S. Augustin, Tract. CXXIII In Joan.
»IPet, 111,20,21.
* Apoc., V, 6. - XXII, lié •Ici pi. XI, 51.
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de Narbonne S on trouvera trois +, monogrammes du Christ et croix à la fois, avec cette allusion assez évidente. Le Christ annonce le Père, le Christ annonce le Fils, le Christ annonce TEsprit-Saint. L'Église, en allumant au commencement de la nuit pascale, les trois branches du cierge triangulaire, figure de la Trinité, s'écrie trois fois : « Lumen Christij la lumière du Christ I » la lumière du Christ ressuscité par qui la Trinité sainte nous est révélée. Et ne faisonsnous par sur nous, du front à la poitiine, d'une épaule à l'autre le signe du Christ, +< qui est le signe de la croix, • au nom du Père et « du Fils et du Saint-Esprit? » Avec son Bon Pasteur, son Ancre, son Poisson, son triple Christ, le sarcophage de LiviaPrimitiva, proclamait ainsi la Trinité, aux yeux pénétrants, au cœur pieusement divinateur des fidèles, dès le temps de Trajan ou des premiers Antonins.
Une gemme ' qui est conune un résumé de la cornaline du musée Kircher, donne une répétition du sarcophage de Livia Primitiva et nous montre bien que dans l'ancre est dissimulé le chi aussi bien que le tau. Le Bon Pasteur, ayant sur les épaules sa brebis égarée, rentre au bercail, marqué par deux brebis debout à ses pieds et par un arbuste qui est à sa gauche. A sa droite est une petite ancre droite ayant la simple forme d'une flèche, avec une traverse au milieu. C'est l'ancre, mais c'est aussi la croix carrée et le chi. L'identification est frappante ; et il serait étonnant qu'elle n'ait pas été voulue par le graveur. Sous le Bon Pasteur est un poisson. Ainsi le Bon Pasteur, c'est l'ancre, c'est le poisson et c'est le chi dans lequel la croix est transparente. C'est le Christ et lui crucifié '.
C'est ainsi que le chi avec la variante tau, l'ancre et le poisson sont les trois grands symboles du Christ, les trois grands sceaux du christianisme durant les trois premiers siècles, procédant l'un de l'autre et étant au fond identiques. Le chi est le point de départ au premier siècle où il nous e^t assez clairement révélé par les Ecritures eUes-mèmes ; Tancre apparaît et abonde au second sur des monuments matériels venus jusqu'à nous ; le poisson, apparu aussi
* Jnscrtpt. chréi. de la Gaule, pi. n<>» 139, 506. « Mamachi, t. m, p. 22, 10. — Ici pi. XI, 52. » I Ck)r., II, 2.
LA CAPPELLA GRECA 357
çà et là ^ et révélé en outre par des textes littéraires, est multiplié à Tinfini au troisième. Au second siècle le chi continue à régner avec l'ancre ; au troisième il règne avec Tancre et le poisson. Après Bosio, M. de Rossi, témoin oculaire, nous a signalé cette « grande « quantité » de X ou + qu'on trouve dans les cimetières de Rome « au second et au troisième siècle. >> C'est le signe primitif du Christ qui se perpétue parmi ses dérivés.
Au HP siècle et déjà au second, le chi, sous sa forme ordinaire X, ou sous celle de la croix carrée +, reçoit à ses pointes des crochets plus ou moins étendus. On a vu dans ces nouvelles figures des « croix dissimulées' ». Il serait plus exact peut-être d'y voir tout d'abord des cAi ornementés. Deux exemples fournis par le cimetière de Priscille montrent ces crochets appliqués l'un à un X visible, l'autre à un + en rapport visible avec ce X ^ La colombe portant au bec le rameau d'olivier, autrement le Christ, fait pendant au premier; le second se voit au cimetière de Cyriaque entre deux monogrammes du Christ *. On reconnaît facilement le chi dans divers exemples de « croix dissimulées » donnés par M. de Rossi \ Le mouvement général des deux lignes de la figure est vraiment celui du chi et non de la croix ; et elles ressemblent bien, les angles 'aigus à part, à la ligne courbe du chi carsif, y.. Des textes viennent enfin, ce me semble, décider la question. Il est bien difficile de ne pas voir le chi dans la croix carrée à crochets rectangulaires terminant ce vers :
Cum lumme claro
d'une épitaphe métrique de l'an 363, et de ne pas lire, enjoignant l'illustration au texte : « avec la lumière briUante du Christ ®. » Plus haut, le monogramme constantinien accompagne cette fin de vers :
Et opéra tanta
* Le poisson est au-dessous de l'ancre, à côté de Tépitaphe de Dionysodora gravée avec les très-anciens types propres au c'unetière d*Ostrien. Il Museo PiO' Lateranense, XX, 16.
* M. de Rossi, D^ /if. eaW^i., p. 532.
» BoIdetU, p. 352, 351. - Ici pi. XI, 53, 5i.
* Boldetti, p. 352.
» De til. carth., p. 522, 526, 532.
* Imeript. christ., t..I, p. 88.
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avee ce sens obvie : « de si grandes œuvres dans le Christ. >» Mais comment ne pas reconnaître le chi dans la croix à crochets gui suit m pace sur cette épitaphe du cimetière de Cyriaque ' :