‹ Les antiquités chrétiennes rapportées à la Cappella greca du cimetière apostolique de PriscilleChapitre 65 sur 99 · Une dernière question se présente ici · texte numérisé non relu

Une dernière question se présente ici

L'Orante féminine, avons-nous dit, est l'Orante ordinaire ; TOrante masculine, Texception. Comment cela, puisque le nombre des défunts est égal en somme à celui des défuntes ? Il n'y aucune difficulté si l'on voit dans TOrante, Susanne, c'est-à-dire l'Eglise, lïiaf quant de son image conmie le Bon-Pasteur, Noê, Jonaa, Daniel, lés trois Hébreux ou tout autre synibole du Christ ou de l'Église eile-^^ême, la tombe du fidèle, en proclamant son espérance et déjà son entrée dans la béatitude. C'est ainsi qu'on peut interpréter ces femmes Orantes sur des tombes d*hotames. Mais ne peut-on leur 'donner que cette interprétation? M. de Rossi a écrit en 1867 :

' c' Comme Pon a observé que les femmes en ptihte sont en beaucoap plus grand Qombre qtte les hommes et les enfants, je dois faire observer à mon tour que quelqtiefois la femme Orante fut employée oomme symbole de Tàme, sans distinction de sexe. C'est ainsi que dans le singulier médaillon retraçant le martyre de S.Laurent, nous voyons, au-dessus du corps du diacre étendu sur le gril, Vélèver vei^ le del rimage d'une jeuno ûlle en prière, dont la tète est couronnée par la main divine sortant d'un nuage *. 11 est clair qu'ici l'Orante personnifie l'âme d'un saint.

* M. de Rossi, Rom. soit., t. III, tav. I-II.

' Lupi, Opère postume, 1 1, p. 197 et suiv. — > Id, pi. XI, 39.

LA CAPPELLA GHECA Ç91

Et nous en avons une preuve parlante dai^s les Actes d^ martyre de sûnte CécUe, où nous lisons que, à peine Yalérien et Tiburce furent-ils décapités, le gardien Maximus vidit egredientes animas eorum de corporibt^ qttasi virgines de Ihalamo *.

Parlant de deux épitaphes trouvées sur les eonânsou &1iiilérieiir dci cimetière de Balbine, au nord de celui de âaint^Galizte, 4pU taphes qu'il croit antérieures à Tan 340, il ajoute, l*an^e suivante, relativement à cette théorie :

c Chacune des deux épitaphes en question semble avoir été décorée de lai^^tefi^ scàno symbolique, )a femme en prière entre dQux pUvievs, emblème djuj^urd^i céleste de la paix étemelle. Sur l'épitapbe d'Arission, il pe reste que la dme d'un de ces arbres ; celle de Césidius Faustinus conserve dans son intégrité la scène de Vorante voilée, entre les deux oliviers •. Or il importe d'observerici que l'épitaphe ne parle d*aucune femme ensevelie sous la pierre, mais du seul Césidius Faustinus» Voici le texte suppléé d*une manière conjectomle, mms ôpxkt la partie e$sep|ielle ei^t certaine : CAESIDIO FAVSTINO CYRIACa feeit AeNE ^|ERÇNTI .COÈllVQI ÇYM Qvovixit ann.XXVIll D...&0NAE ANimac in PACe ». Il 3'ensuit .donc jue 1^ femme en prière, qui symbolise Tàme accueillie au ciel, est, dans le cas présent, figurée sur la pierre sépulcrale d'un homme. Ceci vient à l'appui des raisons indî* quées dans le Bulletin de Tan passé, p. 85, lesquelles nous induisent à croire que quelquefois cette figure de if^mme est Vimage symbolique de llàme, sans digt|nc« tion de sexe: elle est ici la r^réa^ntation 4gurée de la fonaule 4crijte;S|]r .l'^pHftpbe : Bona.anima in pace ^.

On peut douter, non sans raison, que la femme Orante^ jju!pn,voit sur la tombe de Coesidius, soit son âme. Comn^e elle ressepç^ble eii'tce les d^ux arbres, à la S^san^e que noi^s avQns re(H)|iAue aiujsi ^t de fois au nûlieu des vieillards, et même, sans eu^, sur dei^fQuds d3 eoi^pe et sur, la cassette de.Brescia ^ ! Que ,c'e§t bien, les ^bre;s à part, rOrante du cycle biblique sur laquelle la coupe de Docléa nous a fait.Ure SVS^A * I II se pourçait jp'il ji'y a^t ici que Tiiip^age de

^ c Kaximus vit le^rs à,mes gui sortaient de leur corps cofXMne d^ viei^ fie «,|eur chambre à coucher. > — Bulktino, 1867, p. 85. ,

« Pulleiino, 1868, tav. II, 3. - Ici, pi. XVI, 15.

' c A Cœsidius Faustinus somépoux bien méritant Cyriaqne, a fiiit.^ESleavéca c aveciui'XXVHI ans . . . -jours. A une bonne âmel En^pak. » ^iBulZ««iio,il6C8„p.'^3.

»Pl.XV|,%3,4.

Page 1