PLANCHES VIII , IX , X , XI
Connue sous le nom de Tour des Yents, cette tour, de forme octogone et construite toute en marbre, est orientée de manière que quatre de ses côtes font face aux quatre points cardinaux. Dans sa partie supérieure elle est ornée de huit figures allégoriques d’une grande beauté, et représentant les différentes influences des vents. Au-dessous de chacune d’elles est tracé un cadran solaire. Sa couverture , d’un mode de constniction tout particulier, est terminée à son sommet par une girouette en bronze représentant un triton : il tient à la main une baguette dont il indique au-dessous de lui la figure correspondante à la direction du vent. Dans sa partie inférieure elle est décorée de deux portes : Tune a sa face nord -est, l’autre a sa face nordouest, et toutes deux précédées d’un petit porche à deux colonnes.
A l’intérieur on a retrouvé sur le pavé des cavités et des canaux dont on explique assez difficilement l’usage. Cependant cet édifice , que Varron appelle l’horloge de Cyrrhestes, paraissant n’avoir en effet d’autres destinations que celles d’indiquer les heures , la direction des vents et les différentes saisons , on présume que ces
canaux sont les restes d’une clepsydre ou horloge d’eau , qui remplaçait le cadran solaire pendant la nuit et le s temps couverts.
Cet édifice , assez complet , a été scrupuleusement mesuré et restauré d’après le fragment encore debout et ceux retrouvés dans les fouilles. Le triton seul et le cône qui le supporte sont empruntés à une description de Yitruve.
Planche vin.
Fig. i . Plan de la Tour des Vents. Les deux portes sont placées sous les figures de Caecias et de Sciron. La tour circulaire A, ajoutée au-dessous de la figure de Notos, avait avec l’intérieur de la tour une petite porte de communication pratiquée dans le côté sud de l’enceinte; le sol intérieur de la tour est plus bas d’une marche que le seuil de la porte ; il est à remarquer que la plinthe où reposent les colonnes , ainsi que l’entablement qu’elles supportent , sont circulaires.
Pour plus de clarté on a exprimé dans le plan les différentes épaisseurs de mur à plusieurs hauteurs , et par de simples lignes les saillies de corniches. Ainsi de a en c on a indiqué le nu du mur jusqu’à la hauteur de la deuxième corniche ; de b en c la saillie de la première corniche , et la manière dont elle se termine vers la porte ; de c en d le nu du mur au-dessus de la deuxième corniche en saillie de deux pouces sur la par-
tie inférieure ; enfin de d en a la plinthe circulaire et deux des colonnes qu’elle supporte.
Fig. 2. Coupe de la Tour des Vents. Des ossemens humains , trouvés dans les terres qui encombraient l’intérieur de cet édifice, font supposer qu’il a servi d’église aux chrétiens grecs.
• Planche ix.
Elévation de la Tour des Vents. Nous ferons observer que , les colonnes étant toutes brisées dans leurs parties supérieures , les chapiteaux, retrouvés dans les fouilles, pourraient n’avoir jamais appartenu à ce monument. Cependant , ce qui tend à faire croire qu’ils en dépendaient, c’est que le chapiteau qui supportait le triton , et dont on a retrouvé un fragment considérable , est en tous points semblable à ceux des colonnes.
Planche x.
Chapiteau et entablement d’un des portiques de la Tour des Vents.
Planche xi.
Fig. i. Profil de la corniche extérieure de la toui . La tête de lion qui décore la cymaise est percée et sert de gouttière pour l’écoulement des eaux pluviales.
Fig. 2 . Quart du toit de la tour. La cavité qu’on remarque au centre A était probablement destinée à recevoir le chapiteau ou fleuron servant de support au triton .
Fig. 3. Coupe de la moitié du toit La ligne ponctuée en prolongement du toit jusqu’à la rencontre du chapiteau indique de quelle quantité ce dernier se trouvait engagé avant que cette portion ne fût détruite.
MONUMENT CHORAGIQUE DE LYSICRATES,
Vulgairement appelé lanterne de Démosthène.