L IV
^1) « Dieu a institué trois choses saintes pour purifier les hommes ; » la Baptême, la sainte Communion et la Pénitence, «c'est à dire la fuite du mal et la pratique des bonnes œuvres. » (Serm. Cath. apud W^clock, p. 180.)
(2) Bède, Vit. Cuth., c. ag, p. 2.5 1, c. 3a, p. a53; Hom. in p$aL, XXVI, tom. Vm, col. 558 ; Eddius, Vit Wi//, c. 18, p. 60 ; Wilk., Con., p. a5a, XVU} Leg. Sax., p. 167 , XXXV; Iheod. pœnit., p. 1 , c. 4* f
(3) Ed., VU.Wilf., c. ia, p. S7 ; Wilk., Con., p. 65, VI, *ti5, 1.
a3a ANTIQUITÉS
riage la bénédiction du prêtre et les prière* de l'église sanctifiaient son union conjugale, (i) VIL Mais le lit de mort était la scène où la religion des Anglo-Saxons se montrait dans toute sa beauté comme l'amie et la gardienne de l'homme, et accompagnée de toutes ses consolations. Dans cet instant où tous les biens temporels vont échapper à leur possesseur le ministre du Christ s'approchait du pécheur expirant, ranimait ses espérances en lui montrant la miséricorde infinie du Rédempteur , écoutait avec douceur l'aveu de ses prévarications, lui apprenait à déplorer ses égaremens passés , et l'absolvait de ses péchés au nom du Tout-Puissant. Lorsque le moment fatal approchait l'extrême Onction préparait son âme à lutter pour la dernière fois contre l'ennemi de son salut : alors on observait religieusement les instructions de S. Jacques ; on lisait au mourant la prière de la foi , et son corps était oint d'une huile consacrée. (2) Enfin pour ter* miner cette auguste cérémonie l'Eucharistie lui était administrée comme un viatique , ou une provision pour son voyage dans un monde plus heu-
(1) Ibid. p. 106, XC, 117, Vin. On croyait le lien de mariage indissoluble : l'adultère même ne pouvait en autoriser un second avant la mort de l'un des deux, époux. (Voyez le dixième canon du concii« d'Hertford, Bède, 1. IV, c. 5, anno 683.)
(a) Wilk., Con., p. la^, XV, 229, LXV, I/XV1.
de l'église anglo-saxonne. s33
reux. (i) Ranimé par de telles consolations il apprenait à se résigner à la volonté de son Créateur, et à attendre avec patience le moment de la dissolution.
II. Parmi les divers signes visibles du culte chrétien l'Eucharistie doit obtenir le premier rang. Toute société chrétienne d'une époque antérieure en a toujours reconnu la supériorité et l'efficacité , et dans les liturgi es des nati ons les plus éloignées on la retrouve constamment la même, sinon pour la forme , du moins pour la substance. Quant à l'ordre des cérémonies et à la
(i) Id., ibid., Bèdc, Hist., h IV, C i4, a3; Vit. Cuth., c. 39. U décrit ainsi la mort de S. Cuthbert :
Ecce aaeer reaideoa Autiste» ad altar Pocula degmiat vit» , Cbriatiqne tupioutn Saoguine munit iter, ntltuaque ad aidera et aimai Suitollit gaudens palmai, animamque aupernia Laudibua iuteoUm laMantibua indidit aatria.
{ Bède , Fit. Cuth., p. a86. )
Félix, qui écrivait peu après Bède, décrit la mort de S. Guthlakc à peu près dans les mêmes termes : Extendens manus ad ait arc , munivit se communione corporis et sanguinis Christi, atque elevatis oculis ad cœlum, extensi&que manibus, animant ad gandin perpétuât exsultationis emisit. (Félix, Vit. S. Guth.j in act. SS. Avril, tom. III, p. \$.) Pour le viatique ils avaient coutume de conserver l'Eucharistie et de la renouveler tous les quinze jours. (Bède, 1. IV, c. 24 > et l'accusation d'iEifric contre le clergé, Leg. Sax., p. i5t).) Quoique le malade ne communiât que sous la forme du pain cependant on l'appelait toujours «le viatique du corps et le sang de Jésus-Christ. » (Comparez deux passages dans Bède, ibid., p. 157, i58.) Le lieu où l'on conservait l'Eucharistie était unn boite ou tabernacle (^lfric, ibid.) qui paraît» avoir été fixé sur l'autel dans l'église , et omé en certaines occasions de fleurs ou de feuilles vertes.
Quant fronde coronanl , Pu m buiia claudunt pretio»« mimera vitr.
( KthHwold , dt SS. Li*4i$. r. XIV. p. 3 U . note L)
composition des prières plusieurs églises ont suivi des modèles différens ; mais au milieu de ces variations accidentelles on conserva avec une fidélité religieuse l'invocation , la consécration , la fraction de l'hostie et la communion, (i) Augustin et ses compagnons célébraient la messe à Cantorbéry suivant le rite romain. Dans leur voyage en Bretagne ils avaient observé les difierens rites gaulois , et ils eurent soin de consulter leur patron sur la cause de cette diversité. La réponse du pontife montre des vues élevées : quoiqu'il eût donné une attention toute particulière à la réforme de la liturgie romaine . il ne cherche point à faire valoir la supériorité de son travail , et ne condamne pas non plus les rituels des autres églises ; mais il conseille à ses disciples de consulter les usages des différentes nations , et de choisir dans chacune tout ce qui pourrait contribuer à l'honneur de la Divinité. Augustin par goût préférait la discipline à laquelle il avait été accoutumé ; aussi la liturgie romaine fut-elle établie dans les églises fondées par ses soins , et
(i) Les nombreuses erreurs des premiers écrivains sur cet important sujet ont été relevées par Renaudot dans sa collection des Liturgies orientales. Les principales différences se remarquent dans la partie préparatoire du sacrifice j mais dans le Canon , outre les particularités dont le texte fait mention, elles contiennent toutes la Préface, ou Action de grâces, la Commémoration des vivans et des morts, et l'Oraison dominicale. (Renaud. , vol. I, Dissert., p. ao. )
de l'église anglo-saxonne. 235
spontanément adoptée par les convertis des missionnaires écossais, (i)
On peut voir par les ouvrages des écrivains anglo-saxons avec quel respect on leur avait appris à révérer cette sainte institution. Toutes les fois qu'ils en font mention pour mieux peindre leurs sentimens ils emploient les expressions les plus pompeuses et les descriptions les plus brillantes. C'est « la célébration du plus sacré des mystères , le sacrifice céleste , Poblation de la victime libératrice, la rénovation de la passion et de la mort du Christ. » (2) Y assister tous les jours c'est selon eux « une pratique de piété louable \ » y être présent tous les dimanches et les jours de fêtes « est un devoir, disent-ils , de la plus stricte obligation. » (3) On
(1) Il semble que les églises du Nord ont adopté, avec le chant grégorien , toute la liturgie romaine. (Bède, 1. IV, c 18.) S'il se rencontrait quelque différence dans les liturgies des missionnaires italiens et écossais elle devait être peu importante , puisqu'on n'en fait point mention dans les discussions qui s'élevèrent entre les deux partis. Cuminius ( anno 657) et Adamnan, ( anno 680) abbés du monastère d'où l'on envoya les missionnaires écossais, s'expriment sur la messe de la même manière que les écrivains romains. Cuminius l'appelle sacripcale mysterium , sacra sancti sacrifie u mysteria; (Cuminius, édit. Pinkerton, p. 2Q, 3a.) et dans le langage d'Adamnan célébrer la messe c'est sacra consecrare mysteria, Christi corpus ex more confîcere. ( Adam., édit. Pink., p. ç)3, 172.) La conformité générale des anciens canons romain, gaulois, gothique, et généralement de tous les canons occidentaux, avec le canon actuel de l'église romaine, a été prouvée par Georgi. ( De Lit. Rom. pont, vol. III , p. 11.)
{1) Bed., L II, c. 5; 1. IV, i4, aa, a8; VU. Cuth., p. a^; VU. abhat. Wircm., p. 3oa ; Ep. Bug. ad Boni/., p. 45 j Sermo de Sac. apud WheL, p. /,74.
v3) « Le dimanche doit être employé le plus »u internent po :> bible...
affirme que de toutes les ressources que la religion offre pour apaiser la colère de Dieu « elle est la plus efficace. » Sa vertu n'est pas seulement utile aux vivans ; « elle délivre encore de leurs liens les âmes des morts. » (i) Pénétrés de ces sentimens tous étaient avides de participer à l'oblation du sacrifice, et ils n'épargnaient rien pour faire éclater au -dehors leur vénération intérieure.
La décoration de l'église, les voix d'un chœur nombreux, l'harmonie des instrumens de musique , (2) la lumière des lampes et des torches,
S'il arrive qu'un homme se trouve dans la nécessité de voyager, il peut aller à cheval ou en bateau , mais à condition qu'il entendra une messe. » (Wilk., Con., p. 273.)
(1) Bède, 1. IV, c. 22; Sermo de efjicacia sanctœ Missat, apud Whelock, p. 3 ig ; Sermo de Sacrif., p. 475.
(2) Les Anglo-Saxons aimaient passionnémeut la musique, et après leur conversion ce goût national se développa dans le culte public. On considérait comme un objet d'une haute importance la connaissance parfaite du chant grégorien : on s'empressa de choisir des maîtres parmi les disciples des missionnaires romains; et à cet eflfet on retint long-temps en Angleterre Jean, précenteur de Saint-Pierre à Rome, (fied., HisUf 1. II, c. 20; IV, c. 2, 18; V, 20.) Nous ignorons quels furent les progrès des Saxons; mais ce que nous savons avec certitude c'est que sur ce point ils avaient d'eux-mêmes une haute opinion, et que les chantres gallicans de cette époque avaient la même prétention, quoiqu'ils passassent pour ridicules aux yeux des chantres de l'Italie; quia bibuli gutturis barbara feritas , dum inflexionîhus et repercussionibus mitem nititur edere cantilenam, naturali quodam fragore, quasi plaustra per gradus confuse sonantia, rigidas voces jactat , sicque
animos, quos viulcere debuerat , exasperando magis ac obstrependo conturbat. (Joan. diac. vit. Greg., L. 11, c. 7.) Les orgues furent introduites de bonne heure dans l'Eglise saxonne : Platine présume que le premier qui en fit usage dans l'Occident tut Vitaliea,
de l'église anglo-saxonne. 237
les vêtemens du ministre qui officiait et de ses assistans, tout concourait à élever Pâme et à inspirer les sentimens de la plus fervente dévotion. On croyait qu'aux paroles de la consécra-
pontife romain (Plat., in Vital,) A l'en croire on pourrait supposer qu'elles furent introduites en Angleterre par Théodore et Adrien , que ce pape avait envoyés pour instruire nos ancêtres. Il est au moins certain que S. Aldhelm les connaissait déjà vers la fin du septième siècle. Dans son poème de Laudibus virginitatis il conseille à l'admirateur de musique qui dédaigne les humbles sons de la harpe de prêter l'oreille aux mille voix de l'orgue.
Maxima millenît auaeultans organa flabria Mulccat auditum ventoiii Collibua nu-, Quamtia auratia fulgeacant caetera capaia.
{Bib. Pat., tome vTIT, p. 3.)
(C'est M. Turncr qui a le premier découvert ce passage, vol. IV,
Environ soixante ans après Constantin, empereur de Byxauce, envoya à Pépin un orgue d'un travail magnifique, que l'on a cru mal à propos être le premier qui ait été introduit chez les Latins. Voici la description qu'on en fait : Quod doliis ex are conjlatis,foU libusque taurinis per fistulas an-cas mire perflantibus , rugitu quidem lonitrui boatum, garrulitatem vero lyrœ <vel cymbali dulcedine cocequahat. (Monac. Gallen., VU. Caroli Mag., c. 10.) Les artistes français imitèrent avec empressement ce modèle de l'art des Grecs, et leurs efforts eurent tant de succès qu'au neuvième siècle les meilleures oxgues se faisaient en France et en Allemagne. Jean VIII avoua leur supériorité dans sa lettre à Annon , évêque de Freisingen , auquel il demandait un orgue et un maître pour instruire les musiciens romains. Precamur ut optimum organum cum artifice, qui hoc moderari et facere ad omnem modulationis eflicaciam possit, ad instructionem musicœ disciplina, nobis aut déferas aut mittas. (Gt. Sandini, in Vit. Pont., vol. 1, p. 241.) Peu après elles devinrent communes en Angleterre, et furent fabriquées par des artistes anglais. Il parait qu'elles étaient d'une très grande dimension; les tuyaux étaient en cuivre, enclavés dans des boiseries le plus souvent dorées (Aldhelm, il. Gale, p. 266, 420.) Dans les poésies de Wolstan, moine de Winchester, on trouve une description très détaillée du grand orgue de cette cathédrale. Ou ne peut douter de son exactitude puisque le poème est dédié à S. Elphègc, qui avait fait lui-même construire l'orgue : on la verr.i dans la note I.
tion le Sauveur du genre humain descendait sur l'autel ; que les anges l'entouraient dans un silence respectueux ; (i) que Pagneau sans tache était immolé au Père éternel , et que le mystère de la rédemption de l'homme se renouvelait. (2) A la fin le sacrifice était consommé : le prêtre prenait une partie des élémens consacrés; le reste était distribué à ceux que la piété engageait à s'approcher de la table sainte.
L'Eglise fut souvent obligée de plier la discipline à la faiblesse de ses enfans. L'usage de communier toutes les fois qu'ils assistaient aux saints mystères s'était introduit par la ferveur des premiers chrétiens , et durant plusieurs siècles on en punit l'omission par une expulsion temporaire de la société des fidèles; (3) mais leur dévotion pour l'Eucharistie s'affaiblit insensiblement avec la sévérité de leur morale; la fréquentation de la communion fut laissée au choix de chaque individu , et on borna le précepte aux trois grandes fêtes de Noël , de Pâques et de la Pentecôte. (4)
(1) Leg. Ecc., Wilk., p. 3oo.
(2) « Chaque jour sa passion se renouvelle à la messe par le mystère du saint sacrement. » (Sermo de Sac. , apud Welock, p. 47 4v
Missarum solemnia célébrantes, corpus sacrosanctum , et pretiosum Agni sanguincm, quo a peccatis redempti sumus , denuo Deo in profectum nostrœ salutis ùnmolamus. (Bed., Hom. in Vig. Pas., t. VU, col. GiVU. S. Cuth., p. 943.)
(3) Can. Apost,, 1 o ; Con. Ant. can. a ; Bona, Rcrum litnrg., 1. 1, c. 1 3.
(4) Synod. Agath., can. 18.
de l'église anglo-saxonne. 339
Néanmoins la dévotion spontanée des plus fervens conservait encore dans plusieurs églises quelques traces de l'ancienne discipline ; mais leur exemple ne faisait pas une grande impression sur la majorité des Anglo-Saxons , dont la piété se contentait d'observer avec exactitude le dernier règlement. Pour justifier leur retenue ils alléguaient la dignité sublime du sacrement. Ils ignoraient encore cette doctrine moderne « que l'Eucharistie n'est que la simple manducation des élémens matériels en commémoration de la passion du Messie. »(i) On leur avait appris à se défier du témoignage trompeur des sens , et à s'en rapporter au témoignage plus sûr des écrits inspirés. Selon leur foi le pain et le vin après la consécration cessaient d'être ce qu'annonçaient les apparences ; ils devenaient par une opération invisible la victime de la rédemption, le véritable corps et le sang du Christ, (a) Mais comment, de-
(l) Telle est la doctrine de l'église protestante anglicane touchant le sacrement de l'Eucharistie j cette réflexion ainsi jetée par l'auteur, après qu'il a établi par des preuves si complètes , si incontestables, les anciennes croyances de sa nation, est la satire la plus sanglante qu'il lui fût possible de faire de sa réforme prétendue; et le trait est d'autant plus vif et plut pénétrant qu'il a eu soin de s'exprimer avec la plus grande simplicité.
( Note de l'Editeur. )
(a) « A l'extérieur ils paraissent pain et vin par la forme et par le goùtj cependant après la consécration ils sont réellement par un saint mystère le corps et le sang du Christ, w {Sermo in die Pas., apud Whelock, p. 470 ; voyez la note M. )
mandaient-ils , Jie pécheur ose-t-il de son propre mouvement introduire son Rédempteur dans son sein? N'était-il pas moins téméraire et plus respectueux de s'en tenir éloigné en d'autres occasions, et de ne communier que le jour de ces fêtes seulement , où son obéissance pourrait faire excuser sa témérité ? Ce raisonnement toutefois ne satisfit pas le zèle du vénérable Bède : il condamnait une humilité qui privait l'âme du plus précieux des bienfaits J et se disait convaincu qu'un très grand nombre de ses compatriotes, de quelque condition qu'ils fussent, avaient droit, par leur éminente vertu, de participer aux mystères sacrés tous les dimanches et toutes les fêtes de l'année, (i) Les scntimens de ce moine pieux influèrent sur les évêques au concile de Cloveshoe , et chaque pasteur reçut ordre d'animer la dévotion de ses paroissiens, et d'exposer dans leur plus grand jour les avantages d'une fréquente communion. (2)
Outre la liturgie romaine l'Eglise anglosaxonne avait encore adopté le bréviaire romain. (3) La partie principale de ce recueil
(1) Cum sint innumeri innocentes... qui ahsque uUo scrupulo controversée , omni die Dominica, sive etiam in natalitiis sanctorum Apostolorum sive Martyrum, quomodo ipse in sancta Roman a et Apostolica Ecclesia fieri vidisti, mysteriis cœlestibus communie arc valeant. (Bed., Epis. ad. Egbert, p. 3n.)
(2) Syn. Clov. apud Wilk., p. 98 , XXIII ; anno 747-
'v3) Le Bréviaire romain avait été beaucoup modifié par Ie« soins de
de l'église anglo-saxonne. 241
avait été tirée des psaumes de David et des écrits des prophètes , qui abondent en sentimens les plus sublimes de religion ; mais on avait évité l'ennui de l'uniformité en intercalant un certain nombre de leçons extraites de l'Ecriture sainte , des ouvrages des anciens pères et des actes des martyrs les plus célèbres , et chaque partie de l'office était terminée par des prières , dont on a à juste titre admiré la noble et touchante simplicité. L'office de chaque jour se partageait en sept heures , à chacune desquelles le clergé devait se rendre à l'église pour chanter, à l'exemple du roi-prophète, les louanges du Créateur. (1) On exhortait le laïque à y assister ;
S. Grégoire : il fut introduit en Angleterre par les missionnaires , et le synode de Clovestioe en prescrivit l'usage dans toutes les églises ; (Wilk., Con.,p.66t i3, 97, i5, 16.) mais le décret de ce synode paraît n'avoir pas été observé dans le royaume de Northum*brie , du moins les moitiés de Lindisfarne suivaient dans certaines circonstances l'office composé par S. Benoît , et il fut conservé par le clergé qui leur succéda. (Sim. Dund, édit. Bedford, p. 4, semble l'attribuer à S. Aidan, ce qui est évidemment une erreur.) Lorsque S. Dunstan rétablit l'ordre monastique après les ravages des Danois il introduisit l'office l>énédictin avec quelques additions -, mais il en excepta spécialement la fête de Pâques avec son octave , pour laquelle il voulait que ses moines suivissent en l'honneur de S. Grégoire le même office que le clergé. Septem horœ canonicce a nionachis in EccUsia Dei more canonicorum . propter auctoritatem beati Gregoriicelebraidœ sunt. (Concor. Monach. apud Reyner, app., part. 111 , p. 89, 90. ) L'usage s'en conserva jusqu'à la conquête lorsque le Normand Lanfranc, qui avait probablement moins de vénération pour l'apotre des Saxons, ordonna qu'il fût aboli. {Cunst.it., Lanfranc, apud Wilk., t. I, p. 339.)
(1) On les appelait uht ou chant du matin, chant de prime, souschant, chant du midi, chant de noues, chant du soir et chant de la nuit. ("Wilk., p. 97, 252.)
mais l'ecclésiastique y était contraint par devoir. La raison de cette différence est claire : le clergé était le représentant du grand corps des chrétiens; il avait été dégagé de tout emploi séculier afin qu'il pût se livrer sans obstacles à ses fonctions spirituelles; on s'attendait donc à ce que l'absence de ses frères moins fervens fût compensée par son assiduité , et que par ses supplications journalières il détournât la colère du Dieu tout puissant , et fît descendre sur eux ses bienfaits.
La messe et le service canonique se célébraient en latin : on lisait l'épître et l'évangile pour l'instruction du peuple , et le sermon se faisait en langue vulgaire ; mais les ministres de la religion s'adressaient toujours à Dieu dans la langue romaine. Les missionnaires, qui, de quelque pays qu'ils vinssent, avaient été accoutumés à ce rite dès leur enfance, auraient cru avilir le sacrifice en le soumettant au caprice et aux variations d'un idiome barbare; et leurs diciples , peu avides d'innovation, étaient fiers de marcher sur les traces de leurs maîtres. Les théologiens réformés ont sévèrement condamné cette pratique; mais ce fut un bonheur pour le genre humain que les nations du nord se montrassent moins avisées que leurs critiques modernes. Si les missionnaires eussent adopté dans la liturgie le langage de leurs prosélytes la littérature
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de Rome aurait probablement péri avec l'empire : en conservant l'usage de la langue latine ils imposaient au clergé la nécessité de l'étude, entretenaient ainsi l'esprit d'amélidration , et transmettaient aux générations futures les écrits des classiques et les monumens de l'histoire profane et ecclésiastique.
III. Dans tout système du culte divin les moyens expiatoires doivent en former une partie essentielle : ceux qui les premiers professèrent l'évangile croyaient que le Messie avait par ses souffrances volontaires payé à la Justice divine la dette contractée par le crime de l'homme; mais ils enseignaient en même temps que l'application de ses mérites à l'âme était confiée au ministère de ceux à qui il avait communiqué le pouvoir de lier et de délier, de remettre ou de retenir les péchés. (1) Pour exercer avec prudence cette double juridiction il fallait connaître les désordres et la disposition du pénitent ; et de temps immémorial nous voyons le fidèle chrétien aux pieds d'un confesseur, avouant en public ou en particulier le nombre et le genre de ses transgressions. (2) Avec la doctrine de l'évangile la pratique de la confes-
(1) Joan,, XX, M, 23.
(a) Denis de Saint-Marthe, Traité de la Confession. Trois foi* Daillé fit de vains efforts pour combattre l'antiquité de cette pratique, comme on peut le voir dans Bingliain, vol. il , p. a 19.
sion fut introduite chez les Saxons par les missionnaires romains et écossais : (i) on les accoutumait à la considérer non pas seulement comme une observance pieuse qui dépendît de la ferveur de chaque fidèle, mais comme une obligation indispensable dont rien , excepté le cas d'impossibilité, ne pouvait exempter le pécheur. Cette obligation regardait toutes les classes des chrétiens , l'ecclésiastique le plus élevé comme le plus simple laïque. (2) Le pécheur
(1) Mais la confession auriculaire n'était-elle pas inconnue aux moines écossais et à leurs prosélytes? Henry (vol. 111, p. 208.) l'a très positivement affirmé; mais il s'est laissé entraîner par l'autorité d'Inett , trouvant souvent plus facile de copier ses erreurs que de consulter les écrivains originaux. Voici les expressions d'Inett : «Théodore s'efforça d'introduire la confession auriculaire, usage qui au rapport d'Egbert, archevêque d'Yorck au commencement du siècle suivant, était inconnu aux Anglais convertis, par les Eccossais et par les Bretons, m (ïnett., Jlist. de l'Eglise anglicane, vol. 1, p. 85.) Lecteur, si vous voulez consulter l'ouvrage d'Egbert sur ce fait vous le consulterez en vain ; il se tait sur l'introduction de la confession et sur les mœurs des Anglais convertis par les Ecossais et les Bretons ; mais il faut observer que dès le temps de Théodore les fidèles avaient été accoutumés pendant les douze jours avant Noël à se préparer à la communion par le jeûne, lr% confession et les aumônes; [Egb. de ins., Kccl.y "Wilk., p. 8G. ) et cette observation a été tournée par l'imagination d'Inett en cette assertion « qu'avant le temps de Théodore ils ignoraient la pratique de lu confession ; » toutefois il est évident que les moines écossais l'enseignèrent à leurs convertis par le zèle de S. Cuthbert, qui long-temps avant l'arrivée de Théodore passait des mois entiers à prêcher et à entendre les confessions du peuple. ( Bcd., Hi&t., L IV, c. 27; Vit. Cuth., c. 9, 16.) Qu'ils en aient introduit l'usage dans leur pays c'est ce que l'on peut prouver par la conduite de S. Colombe, fondateur de l'abbaye de Hii (Adomnan, vit. Colum., p. 71, 80, 83.) par le pénitentiel de Cuminius, cinquième de ses successeurs, (MaL., vit. Annal., p. 179. ) et par la confession du moine écossais rapportée par Bède. (1. IV, c. 20.)
(») « L'obligation de ce devoir revient tous les ans: alors tout homme
de l'église anglo-saxonne. 245
qui désirait se réconcilier avec un Dieu offensé devait se prosterner aux pieds de son confesseur avec humilité et componction, et après avoir déclaré qu'il croyait aux principales vérités du christianisme il faisait l'aveu de tous les crimes dont il avait souillé sa conscience par paroles , par actions et par pensées. (1) Il terminait cette cérémonie humiliante en promettant de se corriger, et conjurait son confesseur de rendre témoignage au jour du jugement à la sincérité de son repentir. (2)
Dans le langage de la théologie catholique le prêtre est dit présider au tribunal de la pénitence comme un juge , dont le devoir est de prononcer sentence contre l'accusé selon ses
s'entretiendra avec son confesseur, et avouera à Dieu et à son confesseur tous les péchés qu'il a commis. » (Egb. peniten. apud Wilk., p. 1 4 »-)
(1) «Chaque homme avouera à son confesseur tous les péchés qu'il aura commis soit en paroles , soit eu actions , soit en pensées. » (Liber. Leg. ceci, apud Wilk., p. 276.)
(a) Wilk., p. a3i. Whclock veut absolument que la pratique des Saxons soit la même que celle de l'église anglicane, qui existe encore aujourd'hui. « Us conseillaient la confession, mais ne la commandaient pas.» (Whel., Hist. eccl., p. ai 5, 216, index, art. Confessio.) Les homélies mêmes qu'il publia auraient pu lui prouver le contraire ; j'en citerai deux passages : « L'Ecriture sainte nous enseigne souvent à avoir recours au remède d'une véritable confession de nos péchés parce que nous ne pouvons être guéris qu'en confessant avec douleur l'iniquité que nous avons commise par négligence : tout espoir de pardon est dans la confession ; la confessiou avec le sincère repentir est le remède angélique de nos péchés. » ( Wheiock, p. 34 1, 3^3.) « En vérité aucun, n'obtiendra de Dieu le pardon de ses péchés s'il ne se confesse à quelqu'un de ses ministres, et s'il ne fait pénitence d'après son jugement,. » (5ermo de pienit, apud Whel., p. /|23. )
délits; mais les degrés du crime parmi les hommes sont si multipliés , les nuances en sont si délicates , les circonstances qui aggravent ou atténuent son énormité sont si compliquées , que la difficulté d'appliquer une punition exactement proportionnée à l'offense confondra fréquemment l'habileté du casuiste le plus pénétrant et le plus impartial. Théodore cependant, soit qu'il se fiât à son talent supérieur , soit qu'il cédât à la nécessité de diriger ses frères moins éclairés, entreprit cette pénible tâche, et publia un pénitentiel ou code de lois pour l'imposition de la pénitence sacramentelle : il osa s écarter de la lettre des anciens canons , dont la sévérité rend témoignage à la ferveur du siècle où ils furent faits, et il adopta la discipline mitigée de l'église grecque , dans laquelle il avait puisé les principes de la science théologique. Le succès de ses efforts inspira à ses frères le désir de l'imiter, et les pénitentiaux d'Egbert, archevêque d'Yorck et de plusieurs autres prélats , occupent une place distinguée dans les annales ecclésiastiques de l'antiquité saxonne, (i) Le jeûne était la principale punition qu'ils infligeaient ; mais la gravité de l'offense en déterminait la nature et la durée. Les péchés plus excusables, dans lesquels on était
(i) On peut les voir dans Wilkins, \ol. I, p. i î/i, 2:1 5; vol. IV. p. 7JI, et dans le Codex Canonum et Constitution uni Mss. Jun. 121.
de l'église anglo-saxonne. 247 tombé par fragilité ou par erreur, pouvaient s'expier par un jeûne peu rigoureux de dix, vingt ou trente jours; mais quand le crime était plus grave , lorsqu'il décelait une perversité profonde et préméditée, on exigeait un long cours de mortifications, et un, cinq, sept ans , ou même une vie entière de pénitence n'étaient qu'une compensation faible et aisée. Une perspective aussi effrayante aurait pu précipiter le pénitent dans le désespoir ou dans l'indifférence ; mais la religion venait de jour en jour ranimer sa ferveur par l'espérance et la crainte ; les indulgences étaient la suite et la récompense de sa fidélité passée, et plus il portait avec résignation le joug, plus on avait soin de l'alléger : après un certain temps on faisait au régime sévère du pain et de l'eau succéder une nourriture plus substantielle dont on excluait seulement la chair des quadrupèdes et de la volaille; et les jeûnes, qui dans l'origine avaient compris les six jours de la semaine, furent graduellement réduits à trois ou environ. (1)
A peine ces règlemens furent-ils mis en vigueur qu'ils trouvèrent une prompte obéissance dans la ferveur des prosélytes et dans le respect qu'inspirait la sainteté de leurs auteurs : mais la nature ne tardait point à se révolter ; la nécessité
(1) Wilkinf, passim.
l/fî ANTIQUITÉS
y fit donc apporter plusieurs adoucissemens, et les pénitens savaient habilement découvrir des expédiens pour en éluder ou mitiger la sévérité. Lorsque le pécheur avait différé sa conversion jusqu'au moment où les approches de la mort, venaient le troubler il eût été inutile de lui imposer plusieurs années de pénitence ; on lui conseillait plutôt, conformément aux saintes écritures, de racheter ses péchés par des œuvres de charité , et de commuer les jeûnes des canons en des donations à l'église et aux pauvres. Une idée si conforme aux maximes de la jurisprudence saxonne fut avidement saisie , et insensiblement réduite en un système parfait , qui déterminait avec précision , selon le rang et la fortune du pénitent, la somme par laquelle il pouvait légitimement racheter le jeûne d'un jour, d'un mois ou d'une année. Cette indulgence , qui dans le principe s'était bornée aux mourans , fut ensuite avec une égale apparence de justice réclamée pour le malade et l'infirme , et s'étendit enfin jusqu'à tous ceux dont le tempérament ou les emplois étaient incompatibles avec la rigueur d'un jeûne long et sévère, (i) Les riches l'acceptèrent avec reconnaissance ; mais elle n'était pour les pauvres qu'une faveur illusoire qui aggravait les peines de leur condition. Pour faire disparaître toute distinction odieuse on
(i) Wilk., Con., iol I, p. 337.
adopta une nouvelle espèce de commutation : l'archevêque Egbert , s'appuyant sur l'autorité de Théodore , laissait à la prudence du confesseur le choix d'infliger une pénitence équivalente en prières ou en argent lorsque le pénitant alléguait sa faiblesse ou son incapacité. Ainsi fut établi un nouveau système d'arithmétique canonique ; et le jeûne d'un jour fut taxé « à un sou d'argent pour le riche, ou à cinquante pater pour l'ignorant , et à cinquante psaumes pour le savant. » (1) Les évêques prévirent avec regret que ces compensations accéléreraient le déclin de la ferveur primitive , et les pères du concile de Cloveshoe firent un vigoureux mais inutile effort pour maintenir l'ancienne discipline. « Il convient, faisaient-ils observer au clergé saxon , que la jouissance des plaisirs illicites soit punie par la privation des plaisirs légitimes. Les aumônes et les prières sont d'une utilité incontestable , mais elles sont destinées à être l'auxiliaire du jeûne , et n'en peuvent dispenser. » (2) Cependant le torrent était irrésistible ; et les adoucissemens qu'ils condamnaient furent graduellement sanctionnés d'abord par le silence, ensuite par l'approbation de leurs successeurs.
Il y eut une autre innovation encore plus sin-
(1) Wilk., p. » i5, l4o, al;, (a) là., p. 98; anno 747.
gulière, qui provoqua également leur censure, et lui survécut de même. Au milieu d'une noblesse puissante et turbulente il n'était pas rare de trouver des hommes dont les offenses étaient si nombreuses que pour les expier à la lettre des canons il eût fallu un plus grand nombre d'années que la nature n'en accorde communément à chaque individu. On conseillait à ces sortes de pécheurs de se défier d'une ressource si précaire , d'implorer l'assistance de leurs amis afin que par leurs prières ils suppléassent à leur propre insolvabilité : conformément à cet avis ils se recommandaient aux prières de ceux qui se distinguaient par l'austérité et la sainteté de leur vie; s'efforçaient par de nombreux bienfaits d'acheter la reconnaissance des moines et du clergé , et en faisant inscrire leurs noms parmi les membres des monastères les plus célèbres ils se flattaient de l'espérance de partager le mérite des bonnes œuvres pratiquées par ces sociétés. Mais on ne tarda pas à enchérir encore sur un système qui offrait déjà tant de commodité à la faiblesse humaine , et les hommes se persuadèrent volontiers qu'ils pouvaient expier leurs crimes en substituant à leur place des pénitens mercenaires : (i) ce fut
(i) JSuper, disent les cvcqucs assemblés à Clovcshoc, quidam dives petens reconciliationem pro magno qu-odain facinure suo citius sibi dari, affirmavit idem nef as juxla aliorum promissa in tantum esse
de l'église anglo-saxonne. a5i
en vain que le concile de Cloveshoe lança contre les trangresseurs ses foudroyans anathèmes; le» riches appuyant cette nouvelle doctrine de leurs vœux et de leurs exemples on obtint enfin qu'elle serait tolérée, à condition que le pécheur subirait personnellement une partie au moins de sa pénitence. Le thane, qui se déterminait à employer cet expédient, avait ordre de déposer ses armes, et de se couvrir d'un vêtement de laine ou d'une haire , de marcher pieds nus , de porter à la main un bâton de pèlerin , de nourrir un certain nombre de pauvres , de veiller durant la nuit dans l'église et de dormir sur la terre. A son invitation ses amis et ses vassaux s'assemblaient dans son château : ils prenaient aussi tous les vêtemens de la pénitence ; leur nourriture se bornait au pain , aux herbes et à l'eau , et ces austérités continuaient jusqu'à ce que la somme totale de leurs jeûnes réunis eût atteint le nombre spécifié par les canons. Ainsi, à l'aide de cent vingt associés un pécheur opulent pouvait dans le court espace de trois jours accomplir la pénitence de toute une année ; mais on l'avertissait que c'était un moyen dangereux et peu
txpiatum, ut si deinceps mvere posseb trecentorum annorum numerum, pro eu plune his satisfactionum modis, per alîorum scilicet psalmodiant, et jejunium, et elecmosynam pcrsnlutum esset, (*xcepto illius jejunio , et quamvis ipse utcumque vel parum jejunniet. (Ibidem ,
sûr , et que s'il voulait apaiser la colère du Tout-Puissant il devait sanctifier son repentir par une véritable contrition de cœur, par des dons fréquens aux pauvres et par de ferventes prières, (i) J'ignore combien de temps on toléra cette pratique ; mais je n'en ai rencontré aucun exemple postérieur au règne d'Edgar.
Tandis que le pénitent s'efforçait d'expier son crime, il attendait avec anxiété le jour qui devait mettre fin à ses travaux et le rétablir dans les privilèges communs aux fidèles : à l'expiration de la pénitence, quelquefois avant, il allait de nouveau se jeter aux pieds de son confesseur et solliciter le bienfait de l'absolution ; mais auparavant on l'interrogeait sur ses dispositions présentes et sur la fidélité avec laquelle il avait observé les préceptes des canons ; si sa réponse était satisfaisante , si l'amendement de sa conduite prouvait la sincérité de ses aveux le prêtre applaudissait à son obéissance , l'exhortait à persévérer , et, étendant la main, prononçait sur lui la prière de l'absolution : « Que le Dieu tout puissant , qui créa « le ciel , la terre et toute* les créatures , ait pitié « de toi et te pardonne tous les péchés que tu « as commis depuis le temps de ton baptême « jusqu'à cette heure par Jésus-Christ notre Sei-
(i) Wi!k., p. *38.
de l'église anglo-saxonne. s53
« gneur. ( i) » La joie du pénitent était complète : pensant qu'il était alors rétabli dans la faveur du ciel il se levait , assistait au sacrifice de la messe et mettait le sceau à sa reconciliation en recevant le corps et le sang du Christ , sacrement du salut et gage d'une glorieuse immortalité.
(i) Les chrétiens «axons attachaient-ils beaucoup d'importance à ee rite de l'absolution ? Si nous pouvons en croire Carte ( Hist., vol. I , p. 24 1.) et Henry (Hist., vol. III, p. ao8. ) ils ne le pratiquaient pas ; tuais lorsqu'ils se soumettaient à la cérémonie de la confession leur Lut était «d'apprendre la décision du pénitentiel, et non pas d'obtenir l'absolution.» Alcuin cependant, qu'on peut supposer avoir connu la doctrine de ses compatriotes aussi exactement qu'aucun historien moderne, était d'une opinion diiférente : îl nous apprend que la confession était nécessaire parce que sans elle on ne pouvait obtenir l'absolution. Si peccata sacerdotibus non sun^ prodenda , quare in sacramentario réconciliation il orationes scriptœ sunt? Quomodo sacerdos réconciliât auem peccare non nwit? sacerdotes a Deo Christo euro sanctis Apostate ligan-di solvendique potestatem accepisse credimus. ( Aie, Ep. 7 1 , édit. Duchesne; Ant. Leg. Canisii, vol. II , p. 41 5.) « Le pécheur, dit l'auteur saxon des homélies , qui cache ses péchés meurt dans le tombeau ; mais s'il confesse ses péchés avec regret alors il se lève du tombeau comme Lazare à la voix du Christ, et son maître le délivrera de la punition éternelle, comme les apôtres délièrent le corps de Lazare. » (Whelock, p. ^o5 ; voyez la note o.)