PRÉFACE. III
devoir religieux de consulter les originaux. Qui voudrait aller puiser dans un courant trouble quand il peut boire à la source?
On ne s'attendra pas sans doute à ce que je justifie la liberté que j'ai prise de faire remarquer dans l'occasion les erreurs où sont tombés mes devanciers : ce devoir est sans doute pénible à remplir , mais il n'est pas inutile. L'esprit du public se laisse ordinairement diriger en toutes choses par la sagesse ou les préjugés de ses écrivains favoris : leur réputation consacre leurs opinions , et le lecteur imprudent adopte leurs erreurs comme les oracles de la vérité.
Le silence en de pareilles conjonctures serait coupable, et ne servirait qu'à perpétuer la déception; la contradiction sans l'appui d'aucune preuve ferait naître le doute et non la conviction. Comme lavis de nos historiens les plus estimés n'a pas toujours été le mien j'ai pris soin, pour donner plus de poids à mes opinions , de remonter à toutes les sources où je pouvais puiser quelques lumières. Aucun écrivain, quel qu'il soit, ne doit s'attendre à être cru