‹ Les antiquitez [sic] et chroniques de la ville de Dieppe [microforme]Chapitre 32 sur 61 · T. AL · texte numérisé non relu

T. AL

dessus et le contraignit d'approcher de terre pour une plus grande seureté, ce qui n’empescha pas qu'il n’y eut plusieurs descharges de part et d’autre, tant de leur canon que de leur mousqueterie, Mais cependant, nostre capitaine françois, qui estoit digne de son employ, donna ordre à un autre petit vaisseau d’aller en diligence soutenir celuy qui estoit de son parti. De sorte que l’ennemy ayant fait de même, le combat se donna entre quatre vaisseaux d’une manière plus rude, assez proche du rivage.

L’escadre ennemie s’estant mise au-dessus du vent, vint bientost après à la charge et tira sa bordée de canon et sa mousqueterie sur les François, qui leur rendirent la pareille avec toute la vigueur et l’addresse possible. Ce combat, qui dura au moins quatre heures, fut d’autant plus obstiné que l'amiral de la flote ennemie faisoit paroitre qu’il estoit hien expérimenté ; mais l’amiral des François, qui avoit gagné le vent avec beaucoup de peine et d’addresse pendant la chaleur du combat, poursuivit et pressa tellement l’amiral des Othomans, qu’après l’avoir abordé, ses gens y sautèrent l’espée à la main et l’obligèrent de se rendre. Ainsi, le vaisseau du prince fut secouru et sauvé du péril d’estre pris ou coulé à fond par ses ennemis, lesquels eurent un de leurs vaisseaux brûlé, mais non pas tellement consumé qu'après que les matelots et les soldats qui estoient dessus eurent esté sauvez et favorablement accueillis par les vainqueurs, il n’en restât une partie que les vagues jettèrent sur le bord de la mer, où elle continua de brüler, comme si c’eût esté le feu de joye de cette victoire.

Les princes ayans esté satisfaits jusqu’à un tel point que l’on n’a pu nous l’exprimer, employérent le reste

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