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de la journée à se promener sur la chaussée de la mer et à voir de près tous les vaisseaux qui venoient de se battre. Mais le vendredy au matin, ils firent leurs dévotions dans l’église de Saint-Remy, et l’après-midy ils allèrent à l'hôpital, dont ils visitèrent les religieuses et les pauvres, ét de là ils furent au fort du Pollet. Le samedy se passa en visites et en divertissemens; mais le dimanche ils furent voir le château d’Arques. .Le lundy, dernier jour de ce mois, après avoir esté régalez dans la ville, ils furent chez les Pères de l’Oratoire, à dessein d’y voir représenter la Mort du Grand Maurice, et Mons de Longueville partit de Dieppe pour aller à Rouen.
Les princes ne restèrent pas longtemps dans Dieppe après le départ de Son Altesse, car dez le lendemain ils en sortirent, accompagnez d’un grand nombre de gens de cheval, et retournèrent au Neuchâtel, après avoir esté régalez par Mons’ de Villers, lieutenant du château, dont il fit tirer toute l'artillerie, pour continuer avec autant d’esclat que de respect ses déférences et leur dire un s0lennel à Dieu.
Vers la fin du mois de may de l’année 1660, environ cinquante ministres de la religion Pret. Réf, vinrent de divers endroits à Dieppe, pour y tenir une assemblée synodale. Comme ce fut au temps que les catholiques se disposoient à célébrer à leur ordinaire la feste du Saint- Sacrement, on jugea que c’estoit à dessein de traverser cette sainte solennité. Mais ils en furent punis en ce qu’un de leurs valets, ayant souhaitté de contenter son infème passion, fut trompé par un garçon habillé en fille, et ensuite exposé à la risée de ceux de son logis, et bientost après à celle des habitans de la ville. Il semble qu’ils en furent encore punis à l’occasion d’un autre
accident, que quelqu’un a appellé une autre sorte de miracle. Des escolie:s avoient appris depuis peu qu’un des ministres ayant avancé dans quelqu'un de leurs presches des choses ridicules ou des propositions contraires au bon sens, avoit esté rendu muet dez aussitost qu'un gentilhomme eut prononcé les mot de Hust par dédain et par mépris, comme s’il eut voulu dire : Nous en tenons, ou bien : On nous en fuit bien à croire. Eten ayant informé leurs camarades, firent retentir par la ville ce mot de Hust de telle manière, que les artisans, aussi bien que ces escoliers, y prenoient plaisir et le reprochoient en toutes rencontres aux Religionnaires, et même l’écrivirent en gros caractères, tant aux portes de leurs presches qu’à celles de leurs maisons. Mais parce que le procédé de ces jeunes gens leur sembla fort mauvais et fort iniurieux, ils en furent fort affligez. Néantmoins, ce ne fut pas pendant un long temps, car peu de jours après, Mons" le Gouverneur, à qui ils en avoient fait des plaintes, interposa son authorité et fit défense d’user de ce terme, exhortant un chacun de vivre paisiblement, suivant les ordres du Roy. Il r’en fallut pas davantage pour appaiser les escoliers et calmer l’orage qu’ils avoient excité, si bien qu’il y avoit lieu de croire qu’il n’y avoit plus rien à craindre de ce cosié-là. Toutesfois, dez le lundy ensuivant, quelques-uns des escoliersayans esté, au sortir du collége, iniuriez par les Religionnaires et même menacez, en donnèrent avis à leurs camarades, lesquels en furent si fort irritez, qu’ils coururent au presche, au nombre d’environ deux cents, qui en rompirent les portes, les vitres, les bancs et les chaires. Il y en eut qui, n’estans pas satisfaits de tous ces désordres, allèrent en commettre d’autres dans le Consistoire, mais ils ne
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