IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT
autres qui sont de ce costé là, il y en eut deux qui formoient un angle saillant. Mais pour faire ces derniers ouvrages et satisfaire au pressant besoin que l'on en avoit, il fallut, sans aller plus loing, couper tôus les beaux arbres du grand jardin de la ville, vulgairement appellé le Jardin-Honsieur, où l’on tira, l’an 1609, le grand prix, et où les bourgeois alloient autresfois se diverlir agréablement. Ce qui fit que l’on entreprit tous ces travaux avéc tant de chaleur, furent les avis que l’on eut que la flote des Estats se rendoit de jour en jour redoutable et se disposoit à se mettre en mer, et qu'un certain nommé La Tréaumont et ses complices avoient traitté avec les ennemis de l’Estat et promis de leur livrer des places en Normandie et même de la faire révolter. D'où vint que, pour l’exécution d’un si détestabie dessein, quelques-uns des séditieux affichèrent aux portes de Nostre-Dame de Rouen un placart, qui exhortoit les habitans de cette ville à se révolter, sous promesse d'aide et de liberté de conscience et de quelques autres prétendus avantages. D’où vint aussi que, pour le regard de Dieppe, il v en eut (selon les avis que la Cour en donna avec beaucoup de louanges à Mons’ de Montigny), lesquels, sous prétexte de venir luy rendre visite, devoient l’assassiner dans son château et se rendre ensuite les mäistres de la ville de Dieppe. Toutesfois, ce fut en vain, car l’on prévint les factieux, et Mons’ le marquis de Beuvron, alors gouverneur du Vieux-Palais et lieutenant du pays de Caux, estant venu à Dieppe, le 18 jour de may, pour y commander, en la place de Mons’ le duc de Roquelaure, qui en estoit parti pour assurer la basse Normandie par sa présence et sa valeur, non-seulemeit poussa à bout les travaux dont nous avons parlé, mais