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la citadelle et des murailles de Dieppe. Des mémoires témoignent (a) que la cavalerie de la Ligue parut le même jour au hameau de Janval, où le Roy, qui (selon Davila) (b) avoit tiré droit à Dieppe et s’estoit logé dans les fauxbourgs avec toute l’armée (à la réserve du régiment du seigneur Danville et de celuy du sieur de la Garde, de quatre enseignes Suisses et de soixante chevaux, qu'il avoit laissez dans Arques), avoit fait mettre le feu aussi bien qu'aux villages de Rouxmesnil et de Bouteilles, et aux hameaux de Vaudrüel, d’Epinay et de Caude-Coste, dont il fit en même temps couper les arbres à deux pieds de terre (c). Un de ces mémoires (d) dit encore que les habitans de Dieppe, appréhendans que l’ennemy ne jettât du poison dans la source de leurs fonteines, trouvèrent bon d’en faire rompre les canaux, et que l’on esleva devant la porte de la Barre un grand amas de fumiers en forme de boulevart, pour la couvrir et en deffendre l’entrée. Pour ce qui estoit du fauxbourg de eette porte, il estoit (selon le même Davila) (e) deffendu par les coups que l’on tiroit de la citadelle. L'armée de la Ligue, forte de vingt-cinq mille hommes (à ce que disent ces mêmes mémoires), s’estant approchée des murailles de Dieppe, le 26 jour de septembre, tirant vers la tramontane (c’est ainsi que parle Davila) et a costé de la citadelle, fit pointer sur le soir huit pièces de canon dont le lendemain matin elle commença de battre les maisons de la ville; mais le Roy fit faire des escarmouches de toutes parts pour empescher par ce moyen la batterie des ennemi:. Néantmoins (ainsi que Dupleix rapporte) (f), comme le jeu le plus dangereux se fit avec
(a) M, S., M. D. et le Journal du sieur Estancelin, -- (b) Davila, là môme, -- (e) Selon ces mémoires -- (d) M,S. -- (e) Davila, la même. -- {j) Le sieur Dupleix en son Hist, de France
le canon, celuy de Sa Maiesié, estant avantageusement assis, endommagea grandement les rebelles, Et c’est ce que l’autheur du Journal à entendu dire plus partieulièrement lorsqu'il a remarqué (a) que Sa Maiesté voulut avoir l’honneur de commencer l'attaque par deux coups de deux pièces de canon qui estoient sur le Mont-à- Caux, et qui furent tirées si À propos que le second tua le principal canonnier de l’armée ennemie et démonta une des six pièces de la batterie que le duc de Mayenne avoit dressée, le premier jour d'octobre, au dessus du hameau d’Epinay. Mais comme si les Ligueurs eussent esté extrêmement irritez à cause de ces disgrâces de la fortune, ils battirent ensuite la ville avec tant de furie qu’ils tirèrent jusqu’à cinquante quatre coups de canon en deux heures de temps, lesquels découvrirent plusieurs maisons et tuêrent au logis du Roy (c’est-à-dire en la maison qui fut au sieur Jean Ango) un de ses cuisiniers, et un enfant et une servante dans une des chambres de la grande maison qui est vis à vis de la fonteine du Puits-Salé(1). L'’autheur du Journal a fait aussi mention que les ennemis furent si incommodez par une pièce de batterie de la Tour-aux-Pigeons et par celles des fortifications et tranchées du Mont-à-Caux, qu’ils furent contraints de faire cesser leur batterie dez dix heures du matin et de conduire leur artillerie au village du Jardin à une lieue de Dieppe (2). De quoy les habitans de cette ville, aussi bien que l’autheur du Journal, furent fort surpris et sans doute bien aise, parce qu’il sembloit (dit-il)
(a) Le sieur Estancelin, en son Journal.
(t) Celle probablement que remplace aujourd'hui l'Hôtel de la Paix. (2) Aujourd'hui le hameau des Vertus, commune de Saint-Aubin sur-Scie.
que les ennemis devoient foudroyer et ruiner la ville dez le premier jour.
Le Roy, n’estans pas entièrement satisfait d’avoir ainsi rendu inutile la batterie des Ligueurs, se donna le plaisir d’aller les affronter jusque dans leurs tranchées et de les gagner (1) cinq ou six fois pendant une heure. Sa Maiesté fit aussi des escarmouches tant à pied qu’à cheval, avec tant de courage et de bonheur que l’ennemy y fut toujours battu. Davila a remarqué (a) que ces escarmouches ne cessèrent de part et d’autre que jusqu’à ce que le combat fut interrompu par une chose (dit-il) extraordinaire, et qui ne causa pas un petit dommage aux ennemis ; car le Roy, ayant fait avancer jusqu’au milieu de la campagne, le lundy 2 d’octobre (à ce que dit le Journal), le baron de Biron avec une troupe de gens de cheval, et le duc de Mayenne, soit qu’il se fachât de ce que leur hardiesse les portoit si avant, soit qu’il crût qu’ils se fussent ainsi engagez sans y penser, ou bien que ce fut (comme porte le Journal) pour attirer sa cavalerie (qui estoit toujours en bataille derrière les fossez des Clos-Bouchart, d’où elle n’osoit sortir à cause du canon de la citadelle et des tranchées du Mont-à- Caux), ayant envoyé deux gros de cavalerie pour attaquer les gens de cheval du Roy à leur arrivée, ceux-Cy s’estans ouverts de deux costez avec une prompte addresse, deux couleuvrines, qui estoient au milieu d’eux, furent deschargez (six fois selon le Journal) sur les ennemis, et elles produisirent un si bon effet qu’elles tuèrent plusieurs des ennemis et mirent les autres en déroute,
(a) Davila, au lieu sus-allégué.
/ al (1) Gagner, aller vers, atleindre ; comme dans cette expression : gagner
la Campagne
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dont quelqu'un venoit d’heure à autre se rendre à Sa Maiesté. Cet autheur a témoigné (a) qu’à vray dire cet artifice estoit adroit, et qu’il ne semble pas une petite merveille à ceux qui virent escarmoucher de cette sorte avec deux grandes machines au milieu de la cavalerie ; il adioute que cette nouvelle manière de conduire agilement l'artillerie pesante estoit de l’invention de Charles Brise, canonnier Normand (pour ne dire Dieppois), lequel, après avoir navigé longtemps aux Isles occidentales dans des vaisseaux corsaires, pendant tout le temps des guerres civiles, rendit ce service et plusieurs autres à sa patrie, par le moyen desquels, aussi bien que par son esprit et sa longue expérience, il se mit dans une haute estime.
Tandis que l’on s’entretenoit ainsi par de furieuses escarmouches et que l’on entendoit de toutes parts le bruit de l’artillerie autour des murailles de Dieppe, le duc de Mayenne, croyans trouver moins de résistance à Arques par l'éloignement du Roy (b), s’avisa soudainement de le faire attaquer par le duc Danville (c) avec son arrière-garde, où il avoit mis pour cet effet le régiment de Walons, celuy des Lorrains et les lanskenets de Collate, par où il se promettoit de l'emporter, et, après sa conqueste, de tenir le Roy assiégé dens l’enclos de la ville de Dieppe ; mais on luy résista si vigoureusement, qu'après deux heures d’assaut redoublé, ses fantassins furent contraints de se retirer avec perte de deux capitaines et de plus de cent soldats. Les gens que M' Danville commandoit s’y trouvèrent encore assez maltraittez, et quoyque la place fut avantageuse par ses fortifications
(a) Davila, là même. -- (b) Dupleix, en son Hist. -- (ce) Davila, la même
et par son assiette, il y eut plus de soixante hommes et deux compagnies de Suisses qui furent tuez en cette occasion ; quant au colonel de la garde, il y fut fort blessé à la cuisse.
Tant de combats livrez et soutenus fatiguèrent doublement les troupes du Roy à cause qu’elles n’avoient point de vivres du pays qui estoit ruiné, à cause aussi qu’elles estoient toujours sous les armes, estans en petit nombre. Mais Sa Maiesté, dont les espérances consistoient au secours qu’elle attendoit de deux endroits différents, donna si bon ordre, qu’elles furent fortifiées, tant par un surcroist de mille Ecossois bien armez (1), lesquels arrivèrent à Dieppe le 4 d’octobre (a), que par les vivres et les soldats qui luy furent envoyez d'Angleterre et par les approches des troupes de M' le duc de Longueville et du mareschal d’Aumont, jointes ensemble (b). En sorte que le duc de Mayenne, qui en eut avis, perdant toute espérance de pouvoir faire quelque progrez et mêmes appréhendant d’estre investi et assiégé par deux armées, plia bagage et décampa, non pas le 28 d’octobre (comme l’imprimeur a fait dire à Davila), mais le 5 jour d’octobre (comme a dit Dupieix), ou le 6 (comme nostre Journal porte). Ce qui fut exécuté sous prétexte d’aller au devant de M' le duc de Longueville et du mareschal d’Aumont, afin que, les ayans défaits, il eut (ainsi qu’il disoit) meil-
(a) Le Journal du sieur Estancelin. -- (b) Dupleix, en son Hist, -- Davila, là même.
(1) Le duc d'Angoulême porte le nombre des Ecossais à onze cents hommes de pied et soixante chevaux « qui, ajoute-t-if, nous aprestèrent à « rire, à les veoir armez, et vestus comme les figures de l'antiquité repré- « sentées dans des vicilles tapisseries, avec iacques (jacquettes) de mailles « et casques de fer, couverts de drap noir, comme bonnets de prestre, se « servant de musettes et de haut-hbois, lorsqu'il vont au combat. »
leur marché du Navarrois, c’estoit à dire du Roy de Navarre. Néantmoins, au lieu d’aller à leur rencontre, il tira vers la frontière de Flandres, pour traitter avec le duc de Parme, alors gouverneur des Pays-Bas Espagnols, touchant le secours que le Roy d’Espagne offroit à la Ligue, moyennant certaines villes qu’elle luy bailleroit en ostage.
L’autheur du Journal a remarqué (a) que l’armée du duc de Mayenne commença, le 6 jour d'octobre, à quatre heures du matin, à mettre le feu à ses loges et aux maisons qui estoient restées au hameau de Janval et aux autres villages des environs ; et que, depuis cette heurelà jusqu’à dix, il y eut une escarmouche bien rude, d'autant que l’ennemy taschoit de garder autant qu’il pouvoit son poste de Janval, pour donner à son infanterie et à son bagage le temps d'avancer chemin. Mais après plusieurs coups de canon, qui furent tirez du Mont à Caux, les gens de pied qui estoient en garde vers le moulin qui estoit au delà, n’ayans pu s’empescher de donner sur l’ennemy, coururent jusques dans Janval, où ils forcèrent leurs barricades et se rendirent les maistres d’une partie du village, et bientost après du reste, qui fut beaucoup disputé. Les gens du Roy y trouvèrent un corps de garde qui estoit rempli d'armes, et un grand nombre de blessez et de morts, lesquels (sans doute) firent une partie des douze cents hommes tuez (ainsi que dit l’histoire) (b) en tous les combats et les escarmouches qui se firent à Arques et autour de Dieppe. Après tout, la perte des gens du Roy n’ayans pas esté de cinq cents hommes (c), les merveilleux
(a) Le sieur Estancelin, en son Journal. -- (b) Dupleix. en sou Hist. -- (c) Le mème
succez des armes de Sa Maiesté furent tenus pour un coup du ciel, qui étourdit les plus prudents, surprit les plus diligents, attiédit les plus eschauflez et les plus zélez, et étonna les plus assurez et les plus hardis de la Ligue.
Un jour après le départ du duc de Mayenne, le Roy laissa au mareschal de Biron la garde de Dieppe, et alla avec cinq cents chevaux et deux mille hommes de pied à la rencontre de M! le duc de Longueville et du mareschal d’Aumont, à dessein de joindre leurs forces aux siennes (a). Le 8 et le 9 jour d’octobre, 4500 AngJlois, bien vestus et bien armez, estans venus débarquer à Dieppe, Sa Maiesté, qui s’estoit avancée le 10 jour pour recevoir M' le comte de Soissons et quelques autres seigneurs, qui luy amenèrent dix mille hommes de pied et deux mille cinq cents chevaux, fit un corps de toutes ces troupes, et, après avoir fait reprendre le château de Gammaches, elle fut devant la ville d’Eu. Le sieur de Lannoy, qui en estoit gouverneur, voulut soutenir le siége; mais les habitans s’estans opposez à son dessein, se saisirent de sa personne, et le mirent avec eux et leur ville entre les mains de ce monarque qui retourna à Dieppe ensuite de cette glorieuse expédition, estant accompagné des princes et des seigneurs dont nous venons de parler.
Le Roy estant de retour à Dieppe pour s’y rafraichir, 1e sieur de Lannoy, lequel avoit esté auparavant envoyé prisonnier en cette ville, luy demanda sa liberté (b) ; les sieurs de Belin et de Tremblecourt en firent autant, quoyqu’ils eussent seulement la ville pour prison. Si je ne peux dire s'ils obtinrent cette grâce de Sa Maiesté,
(a) Davila, la même. -- Selon le Journal du sieur Estancelin, -- (b) Le même Journal
du moins je peux assurer qu’elle accorda aux habitans de Dieppe un don de trois mille trois cents (ou du moins un cent trente trois escus un tiers) à prendre pendant neuf années consécutives'sur les deniers provenans de la ferme de l’imposition foraine mise sur les denrées et les marchandises qui estoient apportées à Dieppe des pays étrangers, à condition que cette somme seroit employée aux réparations et aux fortifications de cette ville, suivant les patentes qui en furent données le 15 d’octobre de la présente année (a). Pour ce qui estoit du Pollet, il fut (selon que dit un mémoire) (b) affranchi de la taille. Selon d’autres lettres qui furent données en forme de charte dez le mois de septembre (c), Sa Maiesté accorda aux habitans de Dieppe une exemption et une descharge de payer aucune chose à cause de leurs fiefs, et il semble que ce fut en ce temps-là qu’elle récompensa, par des lettres de noblesse, les eschevins et les capitaines de cette ville lesquels n’estoient pas nobles. Pendant tout le temps que le Roy séiourna à Dieppe, les choses qui concernoient la religion y demeurèrent au même estat où il les avoit trouvées, tant pour le regard de la catholique que pour la prétendue Réformée. Ce qui surprit d'autant plus les Religionnaires, qu’ils s’estoient promis (ainsi que nous avons remarqué ailleurs) une liberté publique de leurs exercices et la possession de quelques églises. Ce qu’il y eut de nouveau fut que, le seizième jour de septembre (d), Sa Maiesté fit faire le presche dans son logis pendant quelques jours (il me semble que c’estoit en la grande maison du sieur Ango), et qu'après qu’elle eut appris que des catholiques en mur-
(a) Selon l'Invent, des Escrits de la Mais, de Ville. -- (b) M. S. -- (e) Selon le même Invent. des Escrits de la Mais. de Ville. -- {d) Selon le sieur Polic, Religionn.
muroient, elle le fit continuer au Jeu de Paulme du Pollet, où il y eut toutefois encore du bruit et des huces (à ce que dit le Policien) (a), mais qui furent appaisées par les Suisses et les soldats de la garde. Ce fut aussi que Madame Catherine de Bourbon, sa sœur, voulut toujours le faire continuer dans la belle maison du sieur Richard de Bures, où elle estoit logée; d’où les Religionnaires prirent occasion de recommencer leurs exercices, mais avec tant de hardiesse qu'après avoir commencé en secret, ils continuèrent de les faire en public, en des maisons de différents quartiers de la ville, en sorte que ceux d’un quartier faisoient le presche dans une maison et ceux d’un autre quartier dans une autre, et qu’ainsi il n’y eut aucune grande maison des Religionnaires, soit qu’ils en fussent les propriétaires ou qu'ils les tinssent à louage, où ils ne fissent le presche de fois à autre ; comme en la maison du sieur Robert Pigné; comme en celle de Jean de Montpellé et qui a depuis appartenu au sieur Jacques Mel ; comme en celle qui estoit appellée la maison des Avironniers ; comme en celle de Daniel Oulson, en la rue de Prison ; en celle de la Grande Cour, vers le Moulin-à-Vent ; en celle de M' d’Ancourt, en la rue du Haut-Pas ; en celle de Nicolas d’Espiné et. du Montier blanc, en la même rue; en celle de Jean Le Plu, qui a depuis appartenu à Jean Lardant; en celles de Guillaume Daval (1), de Pierre Le Gaigneur, de Jean Gosselin, de la rue d’Escosse; du sieur Chauvin, au Puits-Salé ; mais plus ordinairement qu’en toutes les autres, en celle du Monstier blanc, en la rue du Haut-
(a) Selon le Polic. Relig.
(4) Ne serait-ce pas celle du Policien ou de quelqu'un de sa famille ?
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Pas, et en celle du sieur Guillaume Crucifix, en la rue de Nostre-Dame, parce qu’elles estoient plus grandes et plus commodes. Le sieur Policien a encore remarqué (a) que les ministres preschoient deux fois chaque jour auquel ils faisoient leurs exercices, et trois et quatre fois extraordinairement ; et que c’estoit sous la faveur de M. de Chaste, qui les avertissoit (dit-il) quelquefois, selon les occurences, de s’abstenir du chant des psaumes, ou bien de n’en chanter que quelques versets, et même de n’apporter leurs siéges et leurs chaises en monstre par les rues, de peur de bruit et de faire émouvoir les catholiques, lesquels (à ce que dit le sieur Policien) M' de Chaste ne pouvoit tenir en bride aussi bien qu’il eut souhaitté. D’où il arrivoit (dit-il encore) qu’il se contentoit quelquefois d’avertir les Religionnaires de se tenir sur leurs gardes, en sorte que chacun d’eux barricadoit ses portes pendant la nuit, et même, s’il estoit voisin d’un ou de plusieurs autres Religionnaires, qu’il perçoit les parois de sa maison afin de s’entre secourir au besoin. Après cela n’y a-t-il pas lieu de s’étonner que le sieur Policien, ayant ainsi voulu blamer les catholiques et justifier les prétendus réformez, a tasché de renouveller l’ancienne coutume des hérétiques de déclamer et d'inventer des impostures et des perfidies contre la fidélité des catholiques envers les Roys. Encor bien que ces calomnies eussent été réfutées en cent occasions. Mais laissons cet homme en sa mauvaise humeur, et disons que le Roy, se-croïant assez fort pour prendre sa marche etse faire voir aux Parisiens en un autre équipage qu’ils ne l’avoient attendu (b), partit de Dieppe, le 21 jour d'octobre,
(a) Le mème, -- (b) L'Invent. de l'Hist. de Norm. au chap. 8.
à onze heures du matin (a), ayans sous ses enseignes vingt mille hommes de pied, trois mille chevaux et quatorze pièces d'artillerie (b), et qu’il marcha à petites journées. En effet (selon le Journal) (c), il fut coucher au bourg d’Auffay et il y demeura jusques au dimanche.
Cependant, mille Escossois, qui estoient restez à Dieppe et avoient esté destinez par l’ordre de Sa Maiesté pour garder le fort du Pollet, firent beaucoup de mal au pays circonvoisin ; et un air corrompu par les ordures et les saletez des rues de la ville y produisit plus de mouches que l’on y en avoit jamais veu, et causa tant et de si violentes maladies que plus de mille personnes y moururent pendant un mois. Ce qui a fait dire à l’autheur de ce Journal que, si les troupes du Roy ne se fussent retirées ailleurs, Dieppe eut esté affligée de peste.
Deux jours après le départ du Roy, c’est-à-dire le 23 d'octobre (d), les députez des Estats de Holande arrivèrent à Dieppe avec soixante mille escus qu’il prestoient à Sa Maiesté, qui en estoit sortie pour aller se présenter (selon un autheur anonyme) (e) devant les portes de Paris, et faire les progrez dont les histoires ont fait mention et dont, pour cette considération, je tairay les avantages, pour dire et faire observer que le bon succez que Sa Maiesté remporta contre ses ennemis au camp de Dieppe et en la journée d’Arques fut la première ressource de ses affaires, et qu’il sembla touiours depuis que la terre de Normandie porta un bonheur fatal à ses desseins, jusqu’à la conqueste entière de la France et la paisible possession de sa couronne (f). C’est ce que
(a) Le Journal du sieur Estancelin -- (b) Davila au lieu sus-allégué, -- (e) Le même Journal. -- (d) Le même Journal. -- (e) L'autheur de l'Invent. de l'Hist, de Norm., au chap. 8. -- (f\ Le même autheur de l'Invent, de l'Hist, de Norm., au chap. 8.